‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 17 sur 284 · niai 1, II, ch. Tiii · texte numérisé non relu

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lui, la pureté de l'esprit religieux, dans un monastère, dépendait beaucoup de rinfluence particulière d'un saint abbé. La règle bénédictine sera si ferme et si souple, quelle soutiendra par ellemême la vie relisrieuse et reliera comme dans une âme commune tous les monastères de l'Occident. Mais surtout elle pénétrera la syntbèse des règles anciennes d'un esprit évangélique si pur, qu'on sentira comme un souffle de vie et de rajeunissement passer dans tous les monastères où elle sera introduite, îklodèle acbevé de discrétion, de mesure et de clarté, elle apparaîtra, aux yeux des moins suspects, comme un des plus parfaits chefs-d'œuvre de la sagesse romaine inspirée par l'esprit chrétien.

Dès les premières lignes de son prologue, on se sent respirer un air pur, lumineux, comme celui qui souffle sur la libre montagne de Montecassino.

a Ecoute, ô mon fils, dit le saint patriarche, prête-moi l'oreille de ton cœur, et reçois joyeusement les recommandations de ton bon père, pour les mettre en pratique avec fidélité... Si tu t'es égaré sur le chemin facile de la paresse et du caprice, reviens à Dieu par la voie laborieuse delà sainte obéissance... Allons, debout, mon fils, ouvrons nos yeux tout grands à la lumière de Dieu et nos oreilles toutes grandes à sa voix qui nous crie : a Si, en ce jour, vous entendez la parole de Dieu, de grâce, n'y fermez pas vos cœiirs » *.

Tel est le début de cette règle fameuse, dont Bossuet a pu dire qu'elle est « un précis du christianisme, un docte et mystérieux abrégé de toute la doctrine de l'Evangile, de toutes les institutions des saints Pères, de tous les conseils de perfection. Là paraissent avec éminence la prudence et la simplicité, l'humilité et le courage, la sévérité et la douceur, la liberté et la dépendance ; là, la correction a toute sa fermeté, la condescendance tout son attrait, le commandement sa vigueur et la sujétion son repos, le silence sa gravité et la parole sa grâce, \a force son exercice et la faiblesse son soutien » *.

D'après cette Règle, l'Abbé, se souvenant de son titre (Abbas, père), doit exercer une autorité toute paternelle (eh. n). Il ne doit jamais rien entreprendre d'important sans prendre conseil

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