‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 169 sur 284 · llist. à€s Gaules, V · texte numérisé non relu

llist. à€s Gaules, V

LE SAINT E-.iriRE ROMAIN 297

Les deux récits ne sont pas nécessairement contradictoires. On conçoit qu'il y ait eu des prostrations de part et d'autre, et que, suivant leur nationalité, les chroniqueurs aient plus ou moins insisté sur celles du roi ou sur celles du Pape.

Les cérémonies achevées, le Pape formula ses revendica- ReTeodications. Il supplia le roi des Francs de prendre en main la dé- ''"^* " *^** fense de la cause de saint Pierre et de la République des Romains * ; mais il lui demanda aussi de faire restituer l'exarchat de Ravenne à son légitime possesseur*. Ce fut l'acte suprême de la condescendance du Souverain Pontife à l'égard de Constantinople.

Pépin accéda volontiers à ces demandes, et, pour se conformer à l'avis d'Etienne, à qui répugnait, dit son biographe, l'elVusion du sang, essaya de résoudre la question par la voie diplomatique. Trois ambassades successives, l'offre généreuse N-^cxintions de 12.000 sous d'or à Astolphe ne purent décider celui-ci à ||^''^ 'j^^'^^j^^'^'^ abandonner ses prétentions. Le rusé Lombard essaya même d'exploiter contre Pépin et contre le Pape des conflits de famille et le prestige qui s'attachait à l'ancien duc d'Austrasie, Carloman, devenu moine du Mont-Cassin. Il obtint de l'abbé de ce monastère, sujet du royaume lombard, que le princemoine sortirait de son couvent pour défendre contre Pépin et Etienne ses droits prétendus. Ce fut un étonnement et même loiervention un scandale que de voir reparaître sur la scène politique, en naaljieureuse conflit avec le Pape, le prince qui avait voulu ensevelir sa vie dans l'obscurité d'un monastère. L'étonnement et le scandale durèrent peu. Carloman fut prié et peut-être forcé de reprendre la vie religieuse, mais cette fois hors des frontières lombardes- Il dut s'enfermer dans un monastère de Vienne en Dauphiné, où il mourut l'année suivante '.

Une action militaire devenait urgente. Elle fut décidée, malgré UneasMmblé» quelques oppositions, dans une assemblée nationale tenue au "«t'oaaie des mois de mars 754 aux environs de Soissons*. Une seconde as- à Kier'iy, dé-

1. Ut eausam Beati Pétri et reipubîicce Romanorum ditponeret. Lib, Pontif.. I. 448

2. Ut un placitum fuerit exarchatum Ravennae et reipublicas Jura te n loca reddere Lih Pontif., I, 448.

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