Gaio. Bi Toimi, lit
2. Voir une description de la flotta danolto da roi Canut dans Cnutoni* régis gesia, I, o. it ; II, o. ir.
3. J. Di HtMHiB, Mines de VOrient. Vienne, 1809, t. I, p. 372 et b.
Mthomet.
fonder Napoléon '. La grandeur de cet empire, la force redoutée de ses armes, le prosélytisme firouche de sa relij^ion, le prebùge captieux de sa philosophie, devaient constituer le plus grand péril extérieur de l'Eglise pendant tout le Moyen Age.
Une nareille institution politico-religieuse était l'œuvre d'un homme u-at la psychologie obscure et complexe ne semble pas encore avoir été complètement pénétrée.
Mohammed ou Mahomet naquit à la Mecque le 20 avril 571. Sei» origines. L'Arabie était alors en proie à un polythéisme grossier. Vers l'âge Je quarante .uas, en 611, à la suite d'une prétendue apparition de l'ange Jabnel, Mahomet rêve de rendre son pays à la pureté du monothéisme primitif. Tel semble avoir été d'abord son but. Il recueille dans l'Ancien et le Nouveau Tes- Formation da tament des maximes élevées, qu'il mêle aux traditions de son ^^ d.. ume. pays et à ses rêves personnels. 11 en fait une doctrine, dont, l'application morale se résume dans l'Islam, c'est-à-dire dans l'abandon, dans la soumission à un Dieu tout puissant, très haut placé au-dessus du monde. Au début, le caractère du nouveau prophète paraît doux et calme. Cependant des phé- ■ nomènes étranges, des crises de convulsions se manifestent souvent chez lui. Son exaltation augmente. Sa doctrine perd de sa simplicité primitive. Dans ses sourates, ou maximes,; dont l'ensemble formera ce livre inégal et disparate qu'on appellera le Coran (la lecture], il enseigne l'unité et la toute-r Le Coraa. puissance de Dieu, permet la pluralité des femmes et offre pour récompense aux fidèles de l'Islam les joies éternelles du paradis, où, loin de tout péché, sous l'ombre rafraîchissante des arbres, ils boiront dans des coupes d'argent des boissons savoureuses et se nourriront de fruits exquis. Il prescrit des prières, des jeûnes, des ablutions, des pèlerinages à la Mecque, avec tournées processionnelles autour de la Kaaba. Il recommande l'union et la solidarité entre les croyants de l'Islam.
1. Au miliea dn nn» siècle, l'ernpire arabe avait atteint les limites de sa rapide expansion. ■ Aa nord, il attuigaait le Caucase, qu'il déboriait même ; à lest, il englobait le moyen !ndu3 et la meilleure partit; do la pliiiud touranienne ; à l'ouest, il entourait l'Asie Mineure, se développait sur touLo la loQtçueur de rAfrirjue du nord, jusqu'au Sahara et jusquà l'Océan, et occupait la totalié de la péninsule ibérique ». M. Wahl, HUtoit-e générale dg Latibsb r IUmbaoo, I, 478.
iiiBl. géo. de r£^liM. ;:'0
HISrOIÎiK GÉNÉRALE DE l''^''tLISE
« 0 croyants, s'écrie-t-il, faites l'aumône des meilleures choses que vous avez acquises, des fruits que vous avez lait sortir pour vous delà terre... vous n'atteindrez à la piété parfaite que lorsque vous aurez fait l'au^nône de ce que vous chérissez le plus. » Quant aux non croyants, sa doctrine varie. Il conseille parfois la tolérance. « N'écoule ni les infidèles, ni les hypocrites, dit-il ; ne leur fais cependant pas de mal. » Mais le plus sotïvent il prescrit la guerre à outrance. « Faites la gnerre à ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, dit-il... Lorsque vous rencontrez des infidèles, tuez-les, au point d'en faire un grand carnage, et serrez fort les entraves. » Il est probable que les sourates qui recommandent la tolérance et la douceur datent des premiers temps de la prédication de Mahomet. Mais son caractère a changé. Obligé, par suite des oppositions violentes de ses compatriotes, de fuir de la Mecque, il se retire à Yatreb, qui devient Médine, la ville par excellence. Il y arrive le 24 septembre 622. Cette date marque le commencement de l'ère musulmane, qui a pour point de départ l'hégire, c'est-à-dire la fuite de Mahomet.
Exaspéré, le prophète oublie alors tout à fait ses leçons de patience et de résignation. Il n'aura plus désormais que des paroles de guerre. Tennble, sanguinaire, impitoyable, il s'écrie : « Tuez les infidèles partout où vous les trouverez, mettez-vous en embuscade contre eux ! » De ses fidèles il forme une armée. Il promet le paradis à tous ceux de ses soldats qui succomberont sur le champ de bataille frappés d'une La conquête blessure reçue en face. De gré ou de force, l'Arabie tout entière se rallie au fougueux prophète. La force elle-même devient pour beaucoup un argument de vérité. L'Islam est fort, disent-ils : c'est que l'Islam tient sa force du Tout-Puissant. Tout, d'ailleurs, dans cette doctrine de l'Islam, ses erreurs comme ses vérités, semble favoriser sa propagation. Par son dogme fondamental de l'unité de Dieu, par le respect qu'il inspire envers la Divinité, l'Islam répond aux aspirations religieuses profondément enracinées dans la race arabe. Par l'absence de tout mystère et de tout élément proprement surnaturel dans son dogme, par sa morale facile et admirablement adaptée aux mœurs du pays et de l'époque, il ménage l'orgueil, la sensualité, les instincts guerriers et
L'hégira.
La guerre ■aiate.
d« riskm.
LE SAINT EMFIllE ROMAIN 307
conquérants du peuple auquel il s'adresse. Les progrès de rislam sont rapides. Le prophète meurt au mois de mars .?^*"'* •*• de l'an 632. Mais il a dit à ses disciples : « Après moi, (632). vous ferez la conquête de la Syrie et de la Perse ». Son successeur Abou-Bekr réalise sa prédiction. 11 attaque à la fois les deux voisins de l'empire arabe : l'empire perse et l'empire byzantin. Mahomet, en qui les calculs du fin politique s'unissaient à l'enthousiasme religieux, connaissait la faiblesse de ces deux empires et n'avait pas eu besoin d'une révélation pour présager leur ruine prochaine. La Perse, depuis Chosroës, était livrée à l'anarchie politique. L'anarchie religieuse, résultat des nombreuses sectes issues de l'hérésie monophysite, avait affaibli les rouages de l'empire d'Orient. La Syrie, l'Egypte, la Perse, tombent successivement sous les^^ç,,^ ^^.^^^ ^^
coups de l'armée arabe, qu'une forte discipline dirifije et que. '^ Syrie, de 1 j ^.- uxTjx-j l'Ej,TPte et de
le souvenir du prophète anime aux combats. La dynastie des la Ferse.
Omméiades, ou Ommiades, qui succède en 680 à la dynastie des Oramia-
(Jes Alides, poursuit les conquêtes de l'Islam. Elle envahit (-Qnc'^^lte de
l'Afrique et l'Espaprne, où le peuple visip:oth n'a plus de vi-l'Ai'rique et de
taBté '^'''^'-
Après la chute des Ommiades, supplantés au milieu du Les Abassiddi.
VHi* siècle par les Abassides, l'empire arabe subit, il est vrai,
en Afrique et en Asie, une crise politique et religieuse qu'on a
pu comparer à la crise de l'empire carolingien après la mort
de Charlemagne ; mais les fanatiques musulmans essayent de
se dédommager en pillant les côtes européennes; et, malgré
tout, les califats de Bagdad et de Cordoue jettent un grand Les califaU.
éclat *. Une civilisation brillante, qui s'est enrichie au contact
de l'hellénisme et de la Perse, va bientôt fasciner l'Europe. Il
est temps que les nations chrétiennes, affaiblies par la crise de
formation qu'elles traversent en ce moment, s'unissent et
trouvent un chef.
i. Le califat de Bagdad fnt fondé par Abou Br;kr en 632, et le califat <^.<^ Cordoue établi par Ab(li':rain en 'l'.iH. Le caliîat du Caire fut élaL'ii plus liad par les F^ilimitori Rn 9f»9. — Sur la vie de Mahomet, voir H. Lammejis, S. .)., Fûlima et Ivx fiilcs de Mahomet, notes critiqnea pour l'étiide de la Sira. t vcl. In-H, Rome, 191 i.
Chtrlemagoe . Ce chef, la Providence vient de le révéler au monde. C esl le fils et successeur de Pépin le Bref, Charlemagne.
Ijb*rt^*'.* ^^ L^ poésie et l'art, qui aiment à transporter aux qualités * physiques des grands hommes le caractère de leurs œuvres, ont représenté Gharlemagne comme im géant à la barbe splendide, à la voix de tonnerre et au regard terrible que les mécréants ne peuvent afl'ronter. Tout autre est le portrait que nous donne Eginhard. « Charles, dit-il, était gros, robuste et d'ime taille élevée, mais qui ne dépassait pas sept fois la longueur de son pied. 11 avait le cou gros et court, le ventre proéminent ; mais la juste proportion du reste de ses membres cachait ces défauts. Sa voix, quoique perçante, paraissait trop grêle pour son corps. Il marchait d'un pas ferme et tous ses mouvements avaient quelque chose de mâle '. » De son œuvre elle-même, l'art et la poésie ne nous ont guère montré que le côté extérieur et brillant : ils ont vu surtout en lui le guerrier
Caractère de et le conquérant. L'étude impartiale des documents historiques
Cbarlemagua . ,, ,.. ^. , ..
amène a une conclusion tout autre. Charlemagne est avant
tout un civilisateur et un pacificateur *. Quand il prend les
armes, c'est presque toujours pour réprimer des éléments de
perturbation sociale ou pour ouvrir la voie à la prédication de
l'Evangile. Si l'on met de côté l'exécution terrible de Verden,
qui est la tache de sa vie publique, on le voit constamment se
B Mt aTaut préoccuper de rendre les batailles moins sanglantes *. Sa tac-
iMr et orf^a- tique ordinaire est de terrifier ses adversaires par un énorme
^^' déploiement de forces militaires. La plupart du temps, cette
1. ÉoiRiABB, Vita Earoli, o. au. Bût. de* Gaules, ▼. 98. P. !.. XCVn, 46 et s.
2. « Examinei le règne de Gharlemagne sons ses divers aspects ; vous Terrez que son idée dominante a été le dessein de civiliser ses peuples. Prenons ses guerres. Il est continuellement en campagne du midi au nord- est, de lT,bre à l'Elbe on an Wéser. Croyez vous qne ce soient là des evppiiitions arbitraires, un pnr désir de conquêtes T Nullement . C'est à une f.vnn^<^ nécessité, au désir de réprimer la barbarie qu'U obéit ». Gcizor, Vii.vt. de la civil, en Kurope, p. 91.
3. Eginhard et le moine de Saint-Gall reviennent souvent sur cette idée. Cf. EoiBHARD. Vita Karoli, o. 8. 9. 11, 13. Mm. S«gal., H, 17.
tactique lui réussit : Charles n'a qu'à se montrer pour tout faire fléchir devant lui. Il n'est donc pas téméraire d'attribuer à ce grand homme, que les études de son école palatine entretenaient dans le souvenir des empereurs romains et qui avait même son^é, vers la fin du \iii* siècle, à épouser l'impératrice d'Orient, l'idée de devenir un jour, dans \m but de pacification européenne bien plus encore que dans un esprit d'ambition personnelle, l'héritier des Césars. Il venait de grouper sous sa domination des peuples de races diverses, d'intérêts souvent opposés. Imposer à leurs querelles son arbitrage souverain, pouvait être chose difficile tant qu'il ne leur parlerait que comme roi des Francs. Mais s'il pouvait invoquer devant eux le titre auguste et redouté d'empereur, de successeur dea Césars de Rome, sacré par l'Eglise à la manière des souverains d'Orient, quel prestige pour lui, dans la mission civilisa* trice qu'il voulait accomplir I
L'idée vague d'ime restauration de l'empire ne hantait-elle l^a oioMiqa* pas en même temps l'esprit des Papes à la fin du vin* siècle, ridée de l'einquand saint Léon III faisait orner la grande salle du palais dm ^^'*' Latran d'une mosaïque représentant d'un côté le Pape saint Sylvestre à côté de l'empereur Constantin et de l'autre Léon III lui-même à côté de Charlemagne ' ?
Il faut bien le reconnaître, on ne trouve la trace précise d'aacune de ces conceptions dans la suite des événements qui amenèrent la restauration de l'empire. En apparence, et pour qw ne considérerait que les faits bruts, sans tenir compte des co«rants d'opinion qui leur donnent leur sig^fîcation et Idttr portée, ce fut ime simple querelle de palais, accompagnée d'vne émeute sanglante et d'un procès retentissant, qui détermina oe grand événement historique.