‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 175 sur 284 · Lit. Pontif., n · texte numérisé non relu

Lit. Pontif., n

810 HIsTOUili GfcxNEliALE DE L EGLISE

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L'acte de donation de Pépin avait assuré à la « République de saint Pierre » la sécurité contre les ennemis du dehors. Le Saint Paul l»"^ sticcesseur d'Etienne, son frère, Paul !•', dont on avait déjà (757-767). p^ apprécier les qualités d'énergie et de prudence dans les diverses missions diplomatiques qu'il avait eues à remplir, profita de la situation pour développer les institutions religieuses Orgnnisaiiou et politiques de la ville de Rome. Autour du Pape, les vingt- Rome, ciiiq prêtres cardinaux, attachés à autant d'églises presbjtérales, formaient son grand conseil officiel. L'influence des sept diacres, préposés à l'administration des sept régions ecclésiastiques, était peut-être plus efficace. Leur chef, l'archidiacre, tenait en main toutle personnel ecclésiastique. Parmi les autres fonctionnaires importants, que nous verrons bientôt jouer Les princi- leur rôle dans l'histoire, étaient le vidame ou gouverneur du naire8*^du *pa- psdais pontifical, le vestiaire ou gardien du trésor, le sacellaire lai8 pontifical, q^ payeur général, et les notaires, dont le principal, appelé primicier, figurait, avec l'archidiacre et l'archiprêtre, dans le triumvirat chargé de gouverner l'Église à la mort du Pape, en attendant l'élection de son successeur. Le clergé se recrutait

., soit par la sc^o^a can^ornm, sorte de séminaire ou d'orphelinat,

La sehola ean- ^ ir* i i

torum. comme on l'appellait quelquefois, où étaient élevés les enfants

La chancelle- du peuple ; soit parle cnj&icuZum sacrum, où se concentraient les rie pontificale, services de la chancellerie et de l'administration et où se ren- Le cleriré contraient surtout les fils de l'aristocratie romaine. Autour de ce • non ordon- clergé ordonné, composé de prêtres, de diacres, de sous-diacres et de minoré s, qui observaient la continence dès leur entrée dans les ordres supérieurs, se trouvait tout un monde, parfois remuant et intrigant, de clercs non ordonnés, que la simple tonsure distinguait des laïques. Ils étaient généralement engagés dans les liens du mariage et remplissaient des fonctions administratives. C'est de ces clercs que devaient venir à l'Eglise ses plus dures épreuves.

Des tribulations pénibles lui étaient réservées encore de la part de l'aristocratie laïque et m-litaire. Comme chef de la Bespublica Bomanorum, le Pape avait sou? ses o'dres l'armée,

LE SADiT EMPIRE ROMAIN 3 H

répartie en douie scholx ou groupes régionaux. Les paysans des l es milieM^j^j, colonies agricoles ou domus cullse de l'Etat de l'Eglise avaient " colei.*^'^" à leur tour formé des milices, qui reconnaissaient pour chef suprême le Pontife romain. Il n'était désormais plus question de duc en chef de l'armée ', pas plus que d'exarque, ou de tout autre fonctionnaire relevant d'une autorité étrangère. Mais le péiil renaissait sous une autre forme. Ainsi que le remarque justement le P. Lapôtre, « il y avait dans la Rome de cette époque des éléments de discorde que le développement du pouvoir temporel n'avait point calmés, qu'il avait même à certains égards avivés. De l'extérieur, le péril passait à l'intérieur. Du moment --^s compéiioù le Pape tenait entre ses mains toutes les grandes dignités de rieures. l'Etat comme celles de l'Eglise, qu'il était devenu en quelque sorte l'unique distributeur de la fortune et de la puissance, l'aristocratie laïque sentait le besoin de se mêler plus activement à l'élection pontificale ' ». Nous avons \'U déjà cette aristocratie Ptiippaorç d^ maîtresse de l'armée, dont elle détenait les plus hauts grades, laïqua. s'organiser en une sorte de caste priviligiée, en rivalité avec l'ordre clérical. Désormais le conflit sera plus aigu. « Malheur an Pape, continue l'historien que nous venons de citer, s'il ose choisir en dehors de ce milieu aristocratique les principaux collaborateurs de son gouvernement ! Malheur surtout, si, né lui-même dans ime condition plus humble, il entre au patriar» chium escorté de parents pauvres et avides de se fournir à leuT tour... Le pouvoir politique du Saint-Siège était à peine fondé que déjà commence le triste rôle de certaines familles pontificales, de ce népotisme dont la Papauté a parfois tant souffert *. »

Il était nécessaire de décrire avec quelques détails cet état du personnel de l'entourage du Saint-Siège. Cet exposé nous fera mieux comprendre à quelles difficultés devait se heurter le gouvernement des Papes dans les tristes événements que nous aurons bientôt à raconter.

Sans doute Etienne II avait prévu ces douloureux conHils f'I

1. On reB«onlre «ne^c de» dur<« dans ivtat pontifical. Mai» c'est nn titra tont nouveau que prpnncnt le!» seigneurs

2. K. P. Lapôtrk, s. J. L Europe et le Saint Siège à l'époque carolinm giennt, p 2(i9--^10.

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