R. P. Upôtu, L'Iiurope et le Snint-Siége. 210 2il
3il2 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
iri^uffiBance ^F^^d il décernait à Pépin le Bref et à ses fils le titre de patrice
di) « pairiciat» (Jes Romains. Mais le rôle de patrice était trop mal défini pour (le l'eijiu pour ,. . . ^ . ^ ^
u}.ttis^T les S imposer à une aristocratie arrogante et jalouse de son autonomie, pour réprimer les convoitises d'un népotisme avide et intrigant. Ici encore la restauration de l'empire devait apparaître, tôt ou tard, comme l'institution libératrice du domaine pontifical, comme le complément nécessaire de la donation de Pépin le Bref. Peut-être qu'ime telle institution n'eût pas été comprise tout d'abord et acceptée par le peuple de Rome. Les événements allaient en prouver l'impérieuse nécessité, en ■ /»^ montrant aux Romains qu'ils ne pouvaient, dans la période de
, trouble qu'ils traversaient, ni se fier à leurs propres institu-
tions sans s'exposer à l'anarchie, ni accepter la protection d'un prince voisin sans se livrer à tous les arbitraires du ■■^ césarisme.
li IV
Notice biogra- Le successeur et frère d'Etienne II, Paul I*, qui fut élu le
phiq.e BUT 22 mai 757, avait été élevé avec son frère dans le palais même taittt Paul !•'. ' ...
du Latran. « C'était, dit le Liber Pontificalis, tm homme doux
et charitable. Plusieurs témoins ont attesté qu'il aimait à se rendre, dans le silence delà nuit, accompagné de ses domestiques, dans les maisons des pauvres, principalement des malades qui ne pouvaient sortir, et qu'il leur donnait abondamment la nourriture et tous les autres secours dont ils avaient besoin. C'était aussi un très énergique défenseur de la foi catholique '. » Paul P' comprit, dès le début de son pontificat, les périls que pouvaient faire courir au Saint-Siège les rance donnée prétentions de la noblesse, et donna, dans l'administration de l'administra- l*État romain, une prépondérance marquée au clergé. Malheu- ^'^DouUficio!''' reusement, le parti clérical avait alors à sa tête un habile intrigant, un de ces clercs non ordonnés, livrés à toutes les impulsions de l'intérêt et de l'ambition . qui commençaient à être la plaie de l'Eglise. C'était le primicicr Christophe. 11 avait joué tu rôle important sous Etienne II, qu'il avait accompagné
1. Fortissimu» «nim erat orthodoxx fidei defentor, Lib, Pontif.f tf ^.i-s 463-464.
dans son voyasre en France. On le retrouve dans la plupart L« primicitr des négociations de ce râpe avec le roi Uidier et la cour de Constintinople. A l'avènement de Paul I", il tenait en main les alTaires les plus graves. Se passer de lui était presque impossible. Christophe abusa de sa haute situation. 11 fut dur et
méprisant pour ses rivaux. Une hostilité sourde se propaerea Mécontente-
^ ^ . ., . M- • r r o ment de 1 ani-
dans les rangs de 1 aristocratie militaire contre le gouverne- tocratie mili-
ment de Paul 1**", qu'on disait être dirigé par l'ambitieux primicier. En 767, le Souverain Pontife étant tombé gravement malade, l'opposition se manifesta au grand jour. L'âme du parti était un certain duc Toto (Théodore), associé à ses trois frères. La révolte éclata à la mort de Paul P', en juin 767. Les conjurés, recrutés surtout parmi la noblesse des campagnes et des petites villes, envahissent le palais du Latran. « Maintenant que le Pape est souverain de tout le duché de Rome, s'écrient^ ils, il est juste que tous ses sujets prennent part à l'élection » ; et, faisant comme s'ils représentaient à eux seuls tout le Conjuration peuple, ils élisent sur le champ le frère amé de loto, un militaire qui n'est pas même clerc, Constantin. On force un évêque présent, l'évêque de Préneste, à tonsurer le nouvel élu. Le lendemain et le surlendemain, Constantin est ordonné Élection de sous-diacre, diacre et prêtre, enfin sacré évêque de Rome le S juillet '. Un des premiers actes du prétendu Pape fut de faire enfermer le primicier Christophe dans un monastère.
Un pareil coup de force était de nature à provoquer une réaction, et méritait une répression énergique. Sous l'impulsion de Christophe, la répression fut malheureusement excessive et la réaction insolente. L'astucieux primicier parvient à s'échapper du monastère qui lui sert de prison. 11 se rend auprès de Didier, roi des Lombards, et réclame son appui. Celui-ci, à la tête de son armée, et grâce à la trahison de quelques partisans de Constantin, entre dans Rome. Le duc Toto est frappé par RôpreBsion derrière dans la mêlée ; le faux pape Constantin est trouvé avec i'illde du blotti dans un oratoire ; on l'en arrache. Après lui avoir fait subir dans les rues de la ville une cavalcade ridicule, on It dégrade ; on lui crève les yeux ; on proclame la nullité de ton élection et on décide de lui donner un successeur \