‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 192 sur 284 · LALtzE, i, Z'aZii; CuiiiiiiL-3, I · texte numérisé non relu

LALtzE, i, Z'aZii; CuiiiiiiL-3, I

6« Tie «uetère. austérités tiennent du prodige. Elles nous ont été racontées par son fidèle disciple et successeur, Smaragde, qui a tracé un vivant portrait de cette mâle figure, digne d'être placée entre celle de saint Benoît de Nursie et celle de saint Bernard. Nous nous contenterons de traduire quelques passages de ce récit. « Il y avait alors, dit le biographe, un saint religieux, nommé Vidmare, qui était privé de la lumière du jour, mais qui resplendissait de celle du cœur. Benoît lui confia son secret et reçut de lui des conseils salutaires. Il se mit en voyage avec

an 'monastère ^^^ S^^^^ comme s'il voulait retourner à Aix-la-Chapelle,

deSaiut-Seine. mais arrivé au monastère de Saint-Seine, il congédia sa suite et entra dans le cloître pour y servir Jésus-Christ. On lui coupa les cheveux et on le revêtit de l'habit monastique. Alors, pendant deux ans et demi, le nouveau moine se mit à macérer son corps par des jeûnes effroyables. Il luttait contre sa chair comme contre une bête féroce... Il dormait sur un grabat. Parfois, épuisé, il s'étendait sur la terre nue, repos qui devait le fatiguer davantage... Pendant que ses frères dormaient, il allait tout doucement nettoyer leurs chaussures et les remettait à leur place... Ses longs jeûnes l'avaient rendu pâle et maigre ; sa peau touchait à ses os ou pendait ridée comme le fanon des bœufs... Il était doux et bon envers tous ; il avait le don des larmes ; il s'empressait auprès des voyageurs, des enfants et des pauvres. L'abbé du monastère

Ilfoûde remo- étant mort, les moines élurent Benoît à l'unanimité. Mais lui, d'ADiaoe. redoutant cet honneur, regagna son pays, et là, dans ses biens, sur les bords du ruisseau d'Aniane, se construisit une demeure étroite avec Vidmare, le saint aveugle.

« Or, voici que l'on accourut autour de lui, pour partager sa vie sainte. De nouveau, l'humble moine s'elîrava. Il voulut encore fuir, mais Vidmare l'en détourna en le grondant. Le nombre de ses disciples augmenta. La vallée devint trop petite ; on fut obligé de bâtir un monastère non loin de là. Lui-même y travaillait avec ses frères ; d'autres fois il préparait leur manger. Entre temps, il écrivait des livres. Faute de boeufs, les moines furent souvent obligés de portor sur leurs épaules du bois de construction. Des serfs se présentaient pour se joindre aux travailleurs, mais le saint abbé refusait de les prendre à son service et ordonnait qu'on les mît en

liberté. Cependant, les novices affluaient, et la vie des frères était un perpétuel amour '. »

On ne pourrait qu'alTaiblir par des commentaires les fortes teintes et les grâces naïves de ce tableau. Bientôt Benoît, le

saint abbé d'Aniane, devint célèbre. Le bruit de sa renom- Saint Benoît k

mée arriva aux oreilles de i empereur, qui le lit venir auprès l'empereur.

de sa personne, profita de ses sages conseils et l'envoya, en 799, combattre en Espagne l'hérésie de l'adoptianisme. Plusieurs évêques, également touchés de sa réputation de sain- Laréformemoteté, lui demandèrent des moines pour servir d'exemple dans gaint Beuolt leurs monastères. 11 en envoya vingt à Leidrade, archevêque d'Aaiaue. de Lyon, pour réformer le monastère de l'Ile-Barbe. Théodulphe, évêque d'Orléans, obtint de lui quatre moines, qui rendirent à l'abbaye de Saint-Mesmin son ancienne renommée. Alcuin, qui s'était lié d'amitié avec saint Benoît d'Aniane, fonda, avec vingt de ses disciples, l'abbaye de Cormery, en Touraine. Pour assurer les fruits de son œuvre, Benoît rédigea le Codex Begularum, ou Concordaniia regularum ', recueil Le Codex Rtconiposé de la règle primitive de saint Benoît et des diverses ^"'«'■"»«règles données aux monastères depuis les origines de la vie monastique. La Concordantia regularum devint plus tard aussi célèbre que la règle première de saint Benoît. Louis le Débonnaire appela saint Benoît d'Aniane au concile d'Aix-la-Chapelle et le chargea de visiter tous les monastères de son empire. Son œuvre s'étendit ainsi à la plupart des abbayes d'Occident. «uillaume

Une des plus illustres colonies d'Aniane fut le monastère de .^'A^".'"^'',"® Gellonne ou de Saint-Guillaume du Désert, fondé par le fa- de Gellonna. meux Guillaume d'Aquitaine, le vainqueur des Sarrasins, l'ami et, dit-on, le parent de Gharlemagne. Quand le vaillant capitaine, touché de la grâce, annonça à son souverain qu'il allait lui-même (inir ses jours dans la paix du cloître, l'empereur tf jeta à son cou en fondant en larmes. Mais le duo resta fidèle à l'appel divin, et se retira à Gellonne, où il édifia tous les moines par son esprit de pauvreté et d'humilité '. La

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