BALazE, I, 585 ; Borbti'.b, i
3. BocTARic, De la connaissance des auteurs d$ l'antiquité pendant tê Mot/en Age, Rev. des Quest. hist., XVII, 20 et s.
Alcuin n'est pas, à proprement parler, un littérateur, nî un philosophe, ni un savant, ni, à aucun point de vue, un esprit original. C'est un pédagogue, mais un pédagogue qui sait admirablement s'adapter à son époque et à ses élèves, dont le premier est Charlemagne lui-même. Comme on l'a dit fort justement, « il devance en toutes choses son époque, sans jamais s'en séparer * ». Sa méthode consiste à donner à ces esprits curieux, mais peu familiarisés avec le travail intellectuel, une foule d'idées, de faits, d'aperçus, et de les expliquer d'une manière claire, brève, facile à retenir, dût-on pour y réussir employer une forme paradoxale, énigmatique ou pédantesque. On a donné à ce mouvement le nom de Renaissance. C'est Caractère de surtout une Renaissance grammaticale. Les esprits sont encore carolinsi peu préparés aux spéculations philosophiques ! D'ailleurs gie"Qe. aurait-on le moyen de les faire ? Il est probable qu'Alcuin ne savait pas le grec ou ne le savait que très peu. On ne connaissait Aristote que par la traduction de Boèce et il n'est pas sûr que Boèce ait connu tout Aristote. En tout cas on ne paraît pas s'être assimilé sa philosophie. Mais on se passionne pour saint Augustin. C'est par l'étude de ce grand docteur que la réflexion métaphysique s'éveillera. L'histoire est un genre plus accessible; Eginhard, ancien élève de l'abbaye de Fulda, s'y distinguera par sa Vie de Charlemagne.
Mais pour Alcuin, comme pour Charlemagne, l'école ne Les églisM. doit être que le vestibule de l'église. C'est dans les églises, c'est par les sermons qu'on y entendra, c'est par les cérémonies liturgiques qui s'y accompliront, par les peintures et les sculptures qu'on y contemplera, que se fera l'éducation complète des esprits et des cœurs. Charlemagne construit, répare, orne, relève de leurs ruines un grand nombre d'églises. L'architecture religieuse n'a pas de style propre qui la carac- l amhitectare térise à cette époque. L'église carolingienne marque la transi- J*^''*f'eQ»o à lion entre l'antique basilique, soit romaine, soit byzantine, et liugieaue. l'église romane. Sur un plan rectangulaire ou en forme de croix, rarement circulaire ou polygonal, on élève un édifice à fenêtres cintrées, qu'on embellira souvent d'ornements byzantins. On conserve et on développe la tour-lanterne de l'époqua
1. Ginr.OT. HUt. de la civil, en France, 3» édit., t. II, p. 180.
Disposition
des églises
pureme::t
commëmora-
tives.
mérovingienne, et on y suspend les cloches, dont l'usage est emprunté à l'Italie. Les fenêtres restent béantes, ou fermées par des claires-voies de pierre ou de bois, comme à l'église Saint-Germain-des-Prés de Paris. Les vitraux mettront bientôt un ornement nouveau et original à ces ouvertures*. A l'intérieur, le maître-autel s'avance jusqu'au milieu du chœur et s'entoure d'autres autels adossés aux pilastres.
On ne conçoit plus une église sans relique. Un concile tenu en 816 ordonne de déposer dans les églises, à défaut de reliques, une hostie consacrée *. La fusion est désormais opérée entre l'église cémétériale des premiers siècles, bâtie sur le tombeau d'un martyr pour l'honorer, et l'église Heu de culte, construite pour les besoins des fidèles. On a pris l'habitude de faire dans les églises cémétériales des assemblées régulières, et de ne plus consacrer d'église pour les besoins du culte sans y déposer un souvenir quelconque d'un martyr ou de Notre- Seigneur, fût-ce un fragment d'évangile ou la sainte Eucharistie.
Origines du
coslume ecclé
BÏAatique.
Dans ces églises, où une foule respectueuse et familière va et vient, s'installe pour prier ou pour causer, et parfois, malgré les canons, pour vendre ses marchandises, officient et prêchent des clercs, dont le costume journalier se dislingue maintenant tout à fait de celui des laïques. On ne peut plus dire, comme au temps de saint Jérôme, que devenir prêtre c'est changer de mœurs et non d'habits '. La tunique et la toge romaine, portées avec modestie, pouvaient convenir à la gravité des clercs des premiers siècles. Il n'eu était plus ainsi du costume des Francs, qui consistait en un justaucorps de laine ou de fourrure, une culotte d'étoile ou de
1. On trouve la première mention de vitres peintes dans la notice sur saint Léon III au l.iber PontificalLs : Fenestras de absida {basiliox Salvatorin ex vitro aiverais coloribus decoravil atque conclusit [Lib. f-otit , II, 25) Mais ou a «les verres peints qui paraissent lemouter au iv"^ siècle. D. Lbclbbgo. Manuel d'Arch., H, 499. La mise en plmnb des verres ne se rencontre qu'au X e siècle.