De exortUis et iyicfcuiantisi rerum eccUsiasticarum
moment donné du î^mps, à savoii au jour même de l'Incarnalioii ',
Deux évêques esoaproîs, lilipand de Tolède et Félix d'Urgel, entreprir. ut cl. réfuter catt*^ hérésie trinitaire, en distinguant la liliation éternelle du Verbe de la filiation temporelle du Christ. Mais ils ne surent pas se prémunir eux-mêmes contre une en ^ur christologique non moins funeste.
Elipooi, ^n pi,r£ÎJ.a%oi; été surtout un dialecticien, mais un ÉiipanddeTodialecticien ù vre logi:^ae étroite et rigide, distingue les deux filiations en ceci, que la première doit être dite naturelle, puisque le Verbe, coububstantiel à son Père, possède la même nature, tandis que la seconde ne peut être appelée qu'ac?o/)^iue, puisque le Christ est homme, et que Dieu n'a pu qu'élever à lui, qn assumer, qu'a(yo/)^er l'humanité. Finalement, il admettait deux Fils de Dieu, l'un par nature et l'autre par adoption ; oubliant qu'il ne peut y avoir dans le Verbe incarné qu'un seul centre d'attribution, comme parle l'École, qu'une seule Personne, et que celle Persjnne est celle du Verbe.
Ce qu'Elipand de; Tolède prétendait prouver en logicien, Félix d'Urgel le défendait en critique. Le soin de la correction des manuscrits commençait à développer en Espagne, comme en France, le goût de la critique textuelle. Félix d'Ur- ^^jj^ d-urgei gel faisait d'abord remarquer que le qualificatif d'advocatus est plusieurs fois attribué à Jésus-Christ. Or, ce mot, disait-il, est synonyme d'ussumptus, d'adoplatus, et il s'efforçait d'en apporter des preuves par l'étude des textes '. Il invoquait aussi des passages de l'Ecriture Sainte, qu'il donnait comme décisifs contre la théorie de la filiation naturelle appliquée au Christ. Il est inadmissible, prétendait-il, que celui qui est Fils de Dieu par nature ait eu les ignorances du Christ. Car le Christ, en tant que tel, a ignoré le jour du jugement, n'a pas su de quoi s'entretenaient les disciples d'Emmaûs, ni où avait été déposé le corps de Lazare, ni s'il était aimé de Pierre plus que des autres, etc. ^ La critique de Félix était aussi étroite que la dialectique d Elipand. Car il s'agissait de savoir si cette ignorance du Christ en tant qu'homme, ignorance dont l'existeûce»
i. Lettre d'Élipand à Migétius. P. L., XGVI, 8S9.