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P. L., CIV

362 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

la nature et la cause ont du reste besoin d'être déterminées, ne peut pas se concilier avec l'unité d'une Personne divine, centre d'attribution de toutes les qualités et actions de Jésus-Christ.

L'erreur espagnole^ comme on l'appela, souleva les protestations d'Alcuin, qui écrivit sept livres contre Félix d'Urgel, et celles d'Agobard, archevêque de Lyon, qxii composa un savant traité sur la question.

Réfutation de Rien n'est plus intéressant que de constater la position prise, Mr^AlcuTo?^ ^^ premier coup, par le bon sens et l'instinct catholique d'Alcuin. « Et quoi ! écrit-il à Charlemagne à la première nouvelle de l'hérésie, le Christ, fils de la Vierge, ne serait pas le propre Fils de Dieu ! quelle témérité dans cette assertion * » ! Jamais, en discutant pied à pied avec son adversaire, il ne perdra de vue l'économie générale de la religion ; il y ramènera toutes les conclusions de ses raisonnements. Il termine ainsi une longue controverse avec Félix d'Urgel : « Voici, en définitive, ce que je voudrais savoir de toi : oui ou non, consens-tu à adorer comme Dieu Celui qui a été crucifié, qui est mort et qui est ressuscité • ? »

Le concile de Au concile de Francfort, tenu en 794, l'hérésie adoptienne 794* coSafne ^"-^ l'objet d'un examen approfondi, à la suite duquel les l'adoptia- évêques d'Italie rédigèrent un exposé des preuves fournies par la Bible contre les théories d'Elipand et de Félix '. Les évêques de Germanie, des Gaules et d'Aquitaine, discutèrent, dans une lettre synodale, les textes patristiques invoqués par les novateurs et établirent nettement la thèse catholique *. Le Concile, dans le premier de ses canons, déclara hérétique la théorie adoptienne, et Charlemagne envoya une lettre à Elipandetaux autres évêques d'Espagne, où, après leur avoir proposé une

i, P. L., C, 168 et 9.

2. Le sens catholique d'Alcuin évita ainsi l'écueil si justement signalé par un critique de nos jours. « Ne dirait-on pas que toutes les hérénes sont née» de déductions poursuivies dans un sens unique, en partant d'un principe uo tradition ou de science, isolé de tout le texte, érigé en vérité absolue et auquel on a rattaché, par voie de raisonnement, des conclusions incompatibles avec l'harmonie générale de la religion et de l'enseignement traditionnel. » fAlfred Loist, L'Evangile et l'Eglise, l" édit., p. i43). Puisse l'auteur de ces lignes, séparé aujourd'hui de l'Église catholique pour avoir oublié ce principe, se ressouvenir que rien ne peut être vrai ri'^ <■;> ( li r?t - ini-oni|iatible ave« l'harmonie générale de la reliz on il de icuïciguciiieut U'adiliuauci 1 »

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