Liber Pontif., I, 43, note 110. Yiitkvk, V
l'Église, dans la mission qu'il s'était proposée, de la défendre au dehors contre ses ennemis et de la protéger au dedans dans sa hiérarchie, dans son culte et dans son dogme. Plus grand que Constantin, Charlemagne, dans sa vie publique, peut être regardé comme le type de l'empereur chrétien. L'admiration populaire est allée plus loin ; elle l'a canonisé : le décret d'un anti-pape a confirmé cette canonisation '. Mais l'Eglise n'a jamais proposé son culte aux fidèles, et l'histoire impartiale doit se contenter de considérer Charlemagne comme im des plus grands bienfaiteurs de l'Eglise et de la civilisation.
4. L'anti-pape Gûibert qui prit le nom de Pascal III. Depuis, l'Église a toléré le culte de Charlemagne à Aix la-Chapelle et dans un certain nombre de diocèses. Mais Pie IX a prohibé son extension. V. Lettre de Pie IX an Cardinal de Geissel, archevêque de Cologne, en 1850 (Kettebeb, Karl der Grosse und die Kirche, p. 256). Benoît XIV, dans son traité De servorum Dei beatif., I, 9, 4, pense que cette tolérance assure à Charlemagne le titre de Bienheureux. En tout cas, elle u'engage pas l'infaillibilité de 1 Église. Le plus grave reproche fait à Charlemagne est celui qui concerne ses mœurs privées. Charlemagne a eu neuf femmes (Égirh., Vita Karo/i, c. xvui, P. L., XGVIU, 257). Lors même qu'on admettrait que celles qu'Eginhard appelle ses concubines étaient des épouses morganatiques, il serait difficile d'expliquer tant de veuvages. Il est plus naturel de supposer des répudiations, lesquelles d'ailleurs ont pu être laites avec une certaine bonne foi, tant les principes sur les empêchements de mariage étaient flottants à cette époque parmi les barbares. C'est un fait que nul contemporain n'a blâmé les mœurs de Charlemagne Le premier qui les attaque est Walafrid Strabon. au milieu du ix^ siècle. Voir dans l'Ami du ^CUrgé, du 22 septembre 1904, une longue discussion sur la « sainteté » de Charlemagne. — Voir surtout dans le Dictionnaire d'Archéologie chrétienne , les deux articles de Dom Cabrol sur :!• le culte de Charlemagne, et 2* Charle* magne et la liturgie.