Édit de Clotaire, en 614. M. G. II, 'e.g<-s, I
Aux causes d'affaiblissement qui venaient des traditions Les mœuride» politiques, s'ajoutèrent les éléments de dissolution qui se jndTviîkmlistrouvaient dans le fond même du caractère des races srerma- tes», dounea:
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niques. A l'encontre du Romain, toujours prêt à sacrifier sa ▼• "<» « «ee
personne à l'Etat souverain, le Germain était habitué à faire «olatiou.
passer avant tout son indépendance personnelle. De là, dans
la perception des impôts et dans l'appel des milices, des
difficultés, des révoltes, des menaces perpétuelles d'anarchie.
Les misères du temps aggravèrent la situation. « Au-dessus La miser*
des esclaves, des colons, des tenanciers, des prolétaires, dit rfa'^imv^ m-
Fustel de Coulancres, s'élevaient ces pauvres qui n'étaient ^'^^^ '^^^ **
... . . gueui».
autres que les petits propriétaires d'alleux. C'étaient eux qui
souffraient le plus. Ils n'avaient pas la sécurité du serf, que son puissant maître protégeait. Ils étaient quotidiennement menacés dans leur liberté et dans leurs biens. L'autorité publique aurait dû les défendre ; mais c'étaient au contraire les dépositaires de l'autorité qui les opprimaient... Vinrent les Les incursIoM incursions des Normands... La royauté qui n avait m armées piécipiient m permanentes, ni forteresses qui fussent à elle, ni rien encore "^o^i^eioent. de ce qui protège un grand corps social, fut incapable de défendre les populations. On ne lui obéissait plus. Alors tous les regards et toutes les espérances se portèrent sur les seigneurs. On était sûr de les trouver au moment du danger ; on n'avait pas à attendre qu'ils vinssent de loin ; ils habitaient la province ou le canton menacé. Entre le comte et la population du comté, le lien des intérêts était visible. Le seigneur était bien armé ; il veillait sur tous. Fort ou faible, il était le seul défenseur et le seul espoir des hommes. C'est à cette époque que l'on éleva des châteaux forts. Six siècles plus Le ch&tean tard, les hommes furent saisis d'ime immense haine contre ^'^'^^'^'V.'"'*** ces forteresses seigneuriales ; au moment où elles se construi- contré*, sirent, ils ne sentirent qu'amour et reconnaissance. Chaque château fort était le salut d'un canton *. »
C'était la naissance de la féodalité. L'Eglise favorisa le L'Égliw e». mouvement de toutes ses forces : elle y voyait le salut de ceux '^féodSiMb qu'elle aimait entre tous, des pauvres, des faibles, des opprimés. Elle y entra elle-même dès le début, et pour une grande
1. PosTiL Bi ConLAnau, Les origines du régime féodal, Rev. des Deux- Mondet, 1" août 1874, p. 575-578
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part. C'est à elle que les pauvres se recommandaient * de préférence. « Il faisait bon vivre sous la crosse. » C'est aux évoques et aux abbés que les rois avaient accordé le plus d'immunités. Les plus grands seigneurs féodaux furent d'abord des prélats. On a pu dire que l'Église « a contribué à faire la féodalité plutôt qu'elle ne l'a subie toute faite ». Le Kcigneur Pourtant les ori<?ines du mouvement féodal n'eurent pas tou-
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f..irt uu usur- jours ce caractère bienfaisant. Saint Grégoire de Tours parle
oppresseur, de ce Cautinus « qui mettait la main sur toutes les terres qui touchaient aux siennes ^ » et de ce Pélagius « qui ne cessait de voler, d'envahir les propriétés et de tuer ceux qui lui résistaient * ». Charlemagne dut, par plusieurs capitulaires, interdire aux puissants, potentiores, « d'opprimer les hommes libres qui sont pauvres, au mépris de toute justice, de manière à les forcer à vendre ou à céder leurs propriétés * ». A côté du seigneur protecteur était le seigneur spoliateur ; et souvent la recommandation faite à un seul grand personnage fut le moyen d'échapper à l'oppression des autres '.
La formation de tous ces petits groupes autonomes, résidtat de l'impuissance de l'empire, devint à son tour une cause de désagrégation ; et, l'empire une fois désagrégé, les ambitions, les convoitises, les rivalités de ces petits Etats, déchaînèrent L'Église réagit l'anarchie. L'Eglise essaya alors de sauver l'ordre social menacé, abus. Par l'unité des croyances qu'elle prêchait, par la hiérarchie fortement disciplinée qu'elle maintenait parmi ses membres, elle contrebalança les influences dissolvantes de ce mouvement spontané ; par sa prédication, par les idées de justice et d'équité qu'elle répandait dans les âmes, elle s'efforça de
1. On a conservé des formules de recommandation. Elles étaient conçue» ordinairement en celte forme : « Le village paiera au vicomte cinq sols à titre de commendai ion, et moyennant cette somme le vicomte s'engage à sauver partout et toujours les hommes du village », ou sons celte autre forme : « Je vous reçois, disait le guerrier, en mon sauvetnent et défense, vous et vos biens ». Et le laboureur déclarait « qu'il se reconnaissait être BOUS la protection et garde du seigneur ». Dans tel village, le seigneur stipule qu'il lui sera donné « sur chaque maison ayant charrue un setier d'avoiue ». Fcstbl de Coulabobs, Jiev. des Deux-Mondes, l"' août 18T4, p. 578-579.