‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 208 sur 284 · Gapit de 805, art. ICi. Baluzk, I · texte numérisé non relu

Gapit de 805, art. ICi. Baluzk, I

5. César avait déjà dit des Gaulois : « Chacun se donna à l'un dee 'grandi pour ne pas être h la merci do tous les grands ».

j^lier, de discipliner les forces dispersées de celte féodalité bouillonnante et tourmentée. C'est dans le libre jeu de ces forces anarchiques avec les idées morales du christianisme, que devait s'élaborer la société nouvelle, se former la puissante structure du régime médiéval. Mais les transformations sociales les plus bienfaisantes s'opèrent rarement sans de douloureuses con^Tdsions.

De ces crises la Papauté devait être elle-même la victime dans des épreuves que nous aurons bientôt à raconter. Mais ces épreuves se comprendraient difficilement, si l'on n'ajoutait au sommaire tableau que nous venons de tracer, un rapide aperçu des événements politiques de cette époque.

Gharlemagne était mort en 814, après avoir, suivant la cou- Partage 4««

tume germanique, fait le partage de ses États entre ses fils, ^^uLll^*'^ Louis, Pépin et Charles. Pépin et Charles étant morts, il avait fait un second partage entre le fils de Pépin, Bernard, à qui échut l'Italie, et Louis, qui eut le reste, avec future succession à l'empire. « Si des contestations s'élèvent, disait le testament, on les tranchera par l'épreuve de la croix ' et non par la guerre. On se gardera bien de tuer mes petits-fils ou de les mutiler ou de les tonsurer par violence ». L'esprit pacifique du grand empereur se révélait jusque dans ses dernières volontés.

Les désordres prévus ne tardèrent pas à se manifester. En lqu!» I« 0^ prenant possession du trône de son père, Louis, dit le Pieux booMire. ou le Débonnaire, se trouva en présence d'une noblesse turbulente, jalouse et divisée. Pieux, sobre, modeste, généreux, irréprochable dans ses mœurs, Louis cachait, sous les dehors d'une fermeté apparente, une âme faible et mobile. Il n'était pas de taille à soutenir l'œuvre de Charlemagne, au moment où cette œuvre était menacée de tous côtés,

1. Eist des Gaules, V, T73, T74. Nou3 avons va qao Charlemagne avait tonjourâ mairilîna les épreuves ju liciaires par le jujcmenl de Dieu. L'éureuve de la i-roix consislait à leair les bras éleaJus le p!us longtemps po:idiuic pi.-udaul ie service divin.

372 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

Une réforme, bien intentionnée, mais maladroite, du palais impérial provoqua Tirritation de la noblesse ' La disgrâce et l'exil des principaux conseillers de Gharlemagne, entre autres de Wala et d'Adalard, l'exaspérèrent*. La révolte et la mort tragique de Bernard, roi d'Italie, portèrent le désordre à son comble. La pénitence publique de l'empereur au concile d'Attignj eut surtout pour elTet de discréditer l'autorité impériale. Son mariage avec Judith de Bavière, les intrigues de la nouvelle impératrice, en faveur de qui Louis brisa la constitu- 'jf* fi'i^°3**'* *^^^ de 817 pour doter son fils Charles, amenèrent trois ré- Louis le Dé- voltes successives de ses autres fils. Louis le Débonnaire mourut le 20 juin 840, au cours d'une campagne contre son fils Louis le Germanique, en disant : « Je pardonne à mon fils Louis, mais qu'il sache qu'il est l'auteur de ma mort. »

Ce fut alors une lutte sans merci entre les trois frères. Lothaire, roi d'Italie, associé à l'empire par l'acte de 817, non content du titre d'empereur qui lui revient après la mort de son père, veut s'emparer des Etats de Louis le Germanique et de

La bataille de Charles le Chauve. Ceux-ci, lisrués contre leur frère, lui livrent, Fontaaet . . .

(841). le 25 juin 841, la sanglante bataille de Fontanet, près

d'Auxerre. C'est la première fois que des Francs se battent

contre des Francs dans une grande guerre. Lothaire est vaincu.

Le traité de Deux ans plus tard, en 843, est siffné à Verdun le traité qui Verdun i843^ ^ , ' .

rend définitif démembre définitivement l'empire de Charlemagne. Charles ment de l'em- le Chauve obtient la partie occidentale, qui sera la France ; ^"^' Louis a la partie orientale, qui deviendra l'Allemagne ; Lothaire a î'italie, et, en plus, une bande de territoire, réservée entre les possessions de ses deux frères, qu'on nommera de son nom la Lotharingie ou Lorraine.

Impression QqI événement, heureux à certain point de vue, parce qu'il profonde pro- . . ' . ^ ^ ^ .

dulte par cet permettait à trois races différentes de se développer désormais

suivant des lois plus appropriées à leur génie et dans des

limites qui semblaient indiquées par la géographie physique,

mettait fin à un état de choses sur lequel les contemporains

avaient bâti de grands rêves. Aussi ne faut-il pas s'étonner de

trouver dans les chroniques du temps, de la part des lettrés,

que hante encore la vieille idée impOriale, des cris de désespoir

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