Lib.Pontif
qui éUiit le plus capable de la défendre au milieu des périls. Sa consécration fut cependant retardée. Demanderait-on une confirmation, préalable à l'empereur? Le souvenir des vives réclamations de celui-ci à l'occasion de l'élection du Pape SeDge et des dévastations de son armée sous les murs de Rome, en faisait pencher plus d'un vers ime solution affirmative, qui révoltait la conscience chrétienne des autres. Tandis qu'on héoi.taiL, le bruit courut de nouveau que les Sarrasins approchaient. Ce fut la cause ou le prétexte d'un. sacr€ qui. fut. tout aussi précipité que- l'élection et quL eut Heu le: 10. avril, jour de Pâques. L'empereur, cette fois, ne protesta, pas.
Ces paniques populaires n'étaient pas sans motifs. Par les proffrè-» des embouchures des cinq, grands fleuves, Tibre, Rhône, Loire, "^û'e^et^tr- Seine et l\hin, les Sarrasins et les Normands, encouragés par le rasiae. désordre intérieur de l'empire, envahissaient l'Europe. En 846, des pirates normands s'étaient rendus maîtres de la Frise, presque entière *. D'autces portaient leurs ravages le long de la Seine et s'avançaient vers Paris'. Par la Loire, d'autres étaient parvenus jusqu'à Tours, refoulant Las populations aiïolées vers Le Midi. En même temps, des troupes, danoises, contournant l'Espagne, pénétraient dans l'embouchure du Rhône et faisaient de la Camargue leur quartier général *. C'est de là qu'ils devaient partir, en 860, associés aux Sarrasins, pour piller la ville de Pise et dévaster le littoral italien.
Plus menaçantes encore étaient les bandes sarrasines, qui, dès 842, avaient remonté le Rhône jusqu'à Arles, le Tibre jusqu'à Rome, s'étaient établies à demeure en 840, sur le territoire de l'Apulie, à Bari *, et rayonnaient de là, répandant partout l'épouvante.
L'anarcliie féodale ne faisait qu'augmenter. La forte main de ^'anarchie fé»- Charlemagne eût seule pu maintenir un peu d'ordre dans ce *al«. chaob. En 843, le duc de Provence et comte d'Arles, Solocrat, et tous les seigneurs de la région s'étaient détachés de l'em-
t. Annaln de Saint Bertin, a. 841. Niteabd, IV, 2. Hist. des Gaules, Vil, 64, iry2, 164. 380