Morales sur Job, Prol., c. 1. P. L., LXXV
6. Le Pi'çistre de S. Grégoire, IV, 2, porte les mot*» vrbanam prœturam gerens. Mdnae expression dans Jean I)i>cr8. I, 3. Mais la préture urbaino n'existait plus aa t» siècle. Peut-être sagis8ai'.-il de la préture du peuple, prxturam plebis, instituée par la Njrclle Xlll du 16 septembre 535, ou du vicariat de la ville de Rome, car Cussiodore parle d'un vicarius urbis Rotnoe existant èi cette époque {Yarif, VI). Il est plus probable qu'il s'agissait de la prélecture de Rome, et qu'il faut préférer la leçon qui se trouve en un ma- Dusorit, prœfeoturam, au lieu de prœturam.
l'église dans son cektae 55
tion militaire, attribuée sous le Bas Empire au dux et auxautres officiers de Xexercitus romanusK
Nous savons que, malgré l'accroissemont donné aux pou- Les attribnvoirs du chet de l'armée impériale, leprœfectus urbis avait su- fgctu$ urUs'. rement eacore au Yiu" siècle, sous Hadrien I*"", une juridiction criminelle. Le .Liber Pontificalis * la mentionne. Au vi" siècle, le Préfet ds la Ville était donc sans contredit le premier fonctionnaire de Rome et ses attributions étaient très étendues.
Nous manquons de renseignements sur l'administration de Grégoire. Mais nous pouvons conjecturer que mêlé à toutes les affaires importantes de la cité, chargé de veiller sur toutes les œuvres de bienfaisance que réclamaient les malheurs de cette époque, il trouva dans ses fonctions une initiation providentielle au difficile pontificat que Dieu lui réservait. On aime à se le figurer parcourant la ville sous ce costume garni d'or et de pierreries dont nous parle son contemporain Grégoire de Tours % et conservant néanmoins jalousement dans son cœur ce trésor de la vie intérieure qui déjà était tout pour son âme ; et peut-être y a-t-il réminiscence de cette époque de sa vie dans im passage de ses Morales sur Job *. Or, un jour, sui- Grégoire
vant le récit de Grégoire de Tours, on vit le Préfet de Rome *^''*^'* •* ^'«
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abandonner ses riches vêtements et les échanger pour ces habits grossiers des gens de la campagne que les fils de saint Benoît avaient adoptés. Grégoire transforma son palais du Mont Cœlius en un monastère, qu'il plaça sous le vocable de saint André. 11 fonda six monastères en Sicile dans les propriétés de sa famille, les dota de ses propres revenus et donna le reste de sa fortune aux œuvres charitables.
De pareilles vocations n'étaient pas inouïes dans la ville de Rome à cette époque. On se souvenait encore d'avoir vu, sur l'Aventin, les descendants des plus grandes familles romaines réunis par saint Jérôme pour y mener une vie de prière et de