Lib Pontif., II, 126. .Iaffé, n
3. Voir les lettres au duc Cicorgcs, Jaffb, 2627 ; aa roi Charles le Chaave, .Iaffé, 2625 ; à l'évêque de Uavtane, Jaffé, 2628.
LE SAINT ElkfPIRE ROMAIW 391 ^
de 82 i nVtait pas observée. Le Pape empêcha l'e-xéciition de la condamnation capitale, mais ne retira rien de ses légitimes prétentions au droit de rendre la justice sur l'Etat pontifical : « 11 faut que vous sachiez, écrivit-il à l'empereur Louis le Ger- Fermeté di manique, que nous ne laissons opprimer nos sujets par personne, mais, si la nécessité se présente, nous tirons vengeance immédiatement des outrages qui leur sont faits, parce que nous devons être en tout les défenseurs du troupeau confié k nos soins '. »
C'était en 853. Deux ans plus tard un nouvel incident ranimait le conflit.
Bien qu'à peu près impuissants à maintenir l'ordre dans Affaire de }* l'Italie dite byzantine, bien qu'abandonnés de la plupart de cunspiraiion leurs vassaux ou alliés, dont la dépendance était devenue ^° 'aveur de» purement nominale, les empereurs byzantins voyaient, par une autre voie, se renouer leurs liens avec la péninsule italique. « S'il faut admettre de récents calculs, dit M. Bayet, cinquante mille prêtres, moines ou laïques, émigrés d'Orient pendant la querelle iconoclaste, étaient venus fortifier en Italie l'élément grec. En Calabre seulement, deux cents mo- Influence nastères basiliens environ dateraient de cette époque. L'em- ^'^Yialie.* pereur rattachait au patriarche de Constantinople les évêchés de ce pays, et les couvents, devenus des centres de culture littéraire, propageaient autour d'eux la civilisation byzantine '. » L'influence grecque se propageait plus encore en Italie par les grandes cités commerçantes, telles que Naples, Amalfi, Gaëte et Venise, qui, parles comptoirs qu'elles possédaient en Orient, étaient des clientes de l'empire. Venise fournissait à l'empereur des troupes auxiliaires et même des flottes pour l'aider à lutter contre les Sarrasins. La bonne entente avec la cour de Constantinople n'était donc pas à négliger. Nous avons tu qu'elle avait été gravement compromise en 851 par les fiançailles de Louis II avec Engelberge, célébrées au mépris d'une parole donnée à la fille de l'empereur Michel m. Sur ces entrefaites, le bruit se répand qu'un des grands dignitaires de la cour romaine conspire en faveur des Grecs contre l'empire. Le gouverneur du palais pontifical,
^. P. L., CXV, 669. Cf. ihid.. col 657.