Hist. générale, de LavisM! et IUmbaud, I
Hornnnf\on ca- Gratieii, aurait dit : « Les Francs ne sont bons à rien. Pour-
•(••'!' wntrc'ïe," quoi ne pas appeler les Grecs, et, avec leur aide, chasser les
ffouverneuieut planes et leur roi?» Louis II arrive brusquement à Rome,
tiflcal. furieux et menaçant, sans avoir prévenu de son arrivée ni le
Arrivée de Pape, ni l'aristocratie romaine '. Sans s'émouvoir, Léon IV
Rouie. demande et obtient l'introduction d'une enquête judiciaire,
qui est faite suivant les règles de la procédure romaine.
C'était son droit, d'après la Constitution de 824, A la suite de
cette enquête, le dénonciateur de Gratien, un certain Daniel,
maître de la milice, est convaincu de faux témoignage. Par
déférence pour l'empereur, qva intercède en faveur du cou-
Aitifnrte ferme pable, le Pontife lui accorde sa grâce. Mais c'était l'échec com-
du P»p«. pjg^ jg l'intrigue. La faveur que Daniel obtint depuis auprès
de l'empereur et de l'impératrice peut faire supposer que le
couple impérial n'avait pas été étranger à cette machination,
digne du génie malfaisant d'Engelberge.
Zèlu de Mint Ces graves affaires ne détournèrent jamais le saint Pontife
'«^'^reiiouv«u"!! ^e sa préoccupation dominante : préserver la sainte Eglise de
uieut de la vie 1^ corruption du siècle, pénétrer de plus en plus le corps chrétienne. . ^ , . ,^ . \
épiscopal et sacerdotal de l'esprit de 1 Evangile. Nous en trouvons les vestiges précieux dans deux conciles, l'iui tenu à
Le concile de Pavie en 850, lautre à Rome en 853. Le concile de Rome se
Rome (853). contente à peu près de reproduire les trente-huit canons du
concile romain de 826 '. Il y ajoute seulement quatre nou-
Le concile de "v^^''^^^ canons visant des désordres accidentels. Le concile de Pavie (850). Pavie ^, tenu en présence de l'empereur Louis, règle les devoirs et les droits respectifs des évêques, des archiprêtres, des doyens, des prêtres de la ville et de la campagne. On y voit que plusieurs évêques, trop mondains, se permettaient de donner des repas somptueux, accompagnés de spectacles, où apparaissaient des bouffons et des fous. Le concile rappelle que la place de l'évêque est au milieu des pauvres et des humbles, quand il n'est pas dans son église pour y prier ou dans sa chambre pour y travailler et s'y entretenir avec ses prêtres (art. 2). On y porte aussi des anathèmes terribles contre
1. fiine litteris ad romanum directis pontifioem et senatum, dit 1© Lib. Pontif. (II, 134). Cette mention da lénat indique ici U place prise dani Rome par l'aristocratie.