‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 224 sur 284 · Mahsi, XIV. y97 et · texte numérisé non relu

Mahsi, XIV. y97 et

S. Maibi, XIV, 929 et g.

les usuriers (art. 21). Le laïque coupable d'usure sera excommunié ; l'ecclésiastique sera déchu de ses fonctions.

Cependant la santé du Pontife était épuisée par tant de tra- Cabales de .... ^ , . /-'il ' l'impératrice

vaux ; on pouvait prévoir sa nn prochaine. L, est alors qu une Engelberge.

idée paraît avoir germé dans le génie fécond en ressources de l'ambitieuse Engelberge : pousser à la Papauté un candidat favorable à l'empire.

Parmi les fonctionn;iires de la cour pontificale, où l'ingérence abusive du frère de Serge II avait introduit plus d'un homme capable de jouer le rôle indigne dont l'empereur avait besoin, se trouvait un prélat aussi peu ecclésiastique de mœurs qu'il était possible, aussi correct de tenue extérieure qu'il était nécessaire pour désarmer ses détracteurs. Il s'appe- L'apocnsiaiM lait Arsène et appartenait à l'une des plus grandes familles de Arsène, l'aristocratie romaine. Evêque d'Orta, chargé des fonctions de missus^ il était depuis longtemps l'agent de Louis II à Rome. On créa pour lui la charge d'apocrisiaire du Saint-Siège, qui son habileté «t mit entre ses mains toutes les affaires de l'Etat. Hincmar de *®* ''''^■• Reims, dont la perspicacité avait pénétré le fond de cette âme vile, a parlé avec indignation de sa ruse et de sa cupidité '. Arsène avait deux fils, que nous allons voir jouer un Les deur fila rôle très important sous les pontificats de Benoît III, de Ni- Anastaseèt colas I" et d'Hadrien II. L'im, Éleuthère, resta dans le siècle. Eleuthère. L'autre, Anastase, destiné à l'état ecclésiastique, reçut une éducation des plus soignées, grâce à laquelle il devint un des hommes les plus instruits de son temps. II avait déjà été promu aux premiers ordres sacrés quand Léon IV fut élevé au Souverain Pontificat. Le nouveau Pape l'ordonna prêtre en 8i8 et lui confia l'église de Saint-Marcel. Anastase était par là même prêtre cardinal, et par suite, suivant les canons de l'Eglise, candidat éventuel à la papauté. Il est fort possible Anaitase ean-

que sa famille ait eu dès lors des vues ambitieuses sur lui. <^'4** i^ontuel w • . . . , à !• Papauté.

Mais son histoire offre, à partir de son ordination, jusqu'à la

1. Ann. de Saint- Berlin, ann. 8fi7, 8fi8 ; Edit. Dehaisnes, p. 170 et 8. Jean Diacre et aaint Nicolaa l" donnent le même témoignage. P. L., LXXV, 207; CXIX, 11i8. Lti Annales de Saint- /iertin sont une des sources les plus sûres de rhifltoire du u« siècle et complètent heureusement le Liber Pontif. et les Hegetta des Papes. Elles ont eu trois rédacteurs : de 830 à 835, un personnago inconnu ; de 835 à 861, saint Prudence, évêque deTroyes ; de 861 à 899, Hincmar, arch. de Reims. La meilleure édition est celle de l'abbé Dehaisnes, dans te .,

Coll. d« la Société de l'Hist. de France.

3S4 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGUSE

mort de Léon IV, un mystère encore inexpliqué. A peine en possession de son titre, Anastase quitte Rome et se réfugie dans les États de Louis IL Le Pape multiplie les instances pour le faire revenir à Rome. Rien n'y fait. Loxiis II, requis de le livrer, se dérobe par des délais et de mauvaises raisons. caUonT'ADàs- ^^posé, anathématisé, excommunié par plusieurs conciles, tase. Anastase est introuvable. Est-il occupé à ourdir des intrigues? On le suppose sans doute à Rome, car un anathème est porté contre quiconque oserait aider Anastase à s'emparer du Souverain Pontificat '. Pour donner plus de solennité à ses sentences, et sans doute pour prémunir le clergé et les fidèles contre toute campagne électorale d'Anastase, Léon IV fait afficher, au-dessus de la porte principale de Saint-Pierre de Rome, autour d'une grande image du Christ et de la Vierge, les sentences successivement prononcées contre le prêtre insoumis et déserteur.

Mort de saint Le 15 juillet 855, après huit années d'un pontificat doulou- (15 juill«i855). reux, mais fécond^ saint Léon IV fut rapj)elé à Dieu.

VU

Si Ton en croit le Liber Pontificalis, la voix unanime des électeurs aurait, après la mort de Léon IV, appelé à la Papauté le prêtre Benoît, titulaire de Sainte-Cécile. Il est vraisemblable cependant que les partisans d'Anastase aient fait quelque manifestation en faveur de leur candidat, n'aurait-ce Intrignea d'Ar- été que pour tâter l'opinion. Quoi qu'il en soit, deux députés, élire son fils Nicolas évêque d'Anagni, et Mercure, maître de la milice, se

Aaastaee.

mettent en route pour notifier à l'empereur la nouvelle élection. Ils rencontrent en chemin l'évêque Arsène, qui essaye de les gagner à la cause de son fils Anastase. Après tout, Benoît n'est pas encore sacré ; il est temps de revenir à un meilleur choix. Les députés sont ébranlés. L'empereur décide qu'il donnera sa réponse par une ambassade spéciale. Cette ambassade, parvenue à quarante milles de Rome, rencontre à son tour Arsène, entouré de quelques partisans, gens d'église

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