Annales de Saint Berlin, an. 863. Ed. Dehaisncs, p
LE SAIM EMPinE ROMAIN 395
et gens de guerre, ^roitié par terreur, moitié par persuasion, Arsène gagne tout à fait à la cause de son fils les ambassadeurs impériaux. Un peu plus loin, c'est Anastase lui-même qui vient se joindre à eux. La troupe s'accroît en chemin de tous les partisans du régime impérial, de tous les mécontents, qu'Arsène et les siens ont séduits. Des envoyés de Benoît, qu'on rencontre, sont maltraités. Bref, c'est an milieu d'un
cortège de partisans qu'Anastase arrive devant Rome. Son Anastase et 9« , • 11-1 -n .1 i o • 1 troupe eava-
entree est triomphale et insolente. En passant devant samt- h>^eiit la b«-
Pierre, Anastase saisit une hache et la lance violemment "''"^"r^," contre l'image de la Vierge, autour de laquelle sont affichées les sentences d'excommunications portées contre lui. On envahit la basilique du Latran où se trouve le Pape élu. On s'empare de lui, on le dépouille de ses ornements et on le confie.à la garde de deux prêtres, Jean et Hadrien, jadis déposés par le pape Léon IV.
C'était le samedi. Le lendemain, dimanche, on convoque les évoques, le clergé et le peuple dans la basilique Emilienne. Les légats de l'empereur s'y rendent. On les voit prendre intervenHoTi place dans l'abside, puis parcourir les rangs des électeurs, gau*d«^"em^ l'épée levée, criant : « Rendez-vous, et prenez Anastase j)our peretr. Pape. » En présence d'une telle violence, le clergé et le peuple se ressaisissent et donnent l'exemple d'une fermeté admirable. Sous les épées menaçantes, ime foule immense s'écrie : « Anastase est un prêtre excommunié, Anastase est inéligible )).T)es évéques protestent qu'ils préfèrent être mis en pièces, plutôt que de violer les lois de l'Église. On vit alors, dit le biographe de Benoît Jll, les gens de l'empereur échanger quelques mots en langue tudesque, et se retirer.
Trois jours après Benoît était réélu. Le dimanche suivant, genolt ni l*' septembre 855, il était sacré à Saint-Pierre sous les yeux (865 858). des légats impériaux. Benoît III devait régner deux ans et demi. C'était un pontife doux et pieux. La foule qui lui avait caractère dn apporté la nouvelle de son élection l'avait trouvé en prière. nouTe»u Poa» Ses vertus privées devaient être louées par ses ennemis aussi bien que par ses amis. Il n'eut point l'admirable énergie de s( n prédécesseur, et les débuts de son pontificat semblent avîïar gardé l'impression des scènes de terreur qui avaient marqué son élection. Il conserva à l'évêque d'Orta sa charge d«
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missus e^i^'apocrisiaire. Il fit renouveler par un synode la condamnation d'Anastase, mais il l'admit à la commuuion laïque et le pourvut de l'abbaye de Sainte-Marie au Transté- 'rère. Après trois ans passés dans les exercices de la vie religieuse et les études, Anastase devait réapparaître sur la
.' \ scène politique, où, sans espoir désormais de conquérir la
r tiare, il tenterait du moins de gouverner la Papauté.
'. ^ ' Parmi les premiers actes du court pontificat de Benoît III,
on doit citer l'approbation conditionnelle qu'il donna aux décisions du concile de Soissons, célébré en 853 sous la présidence d'Hincmar de Reims *. Quelques expressions de ce concile semblaient reconnaître au métropolitain des pouvoirs sans appel, indépendants de l'autorité du Souverain Pontife. Saint Léon IV avait refusé de l'approuver, saint Nicolas I* devait le condamner sévèrement. Benoît III jugea à propos de le confirmer en réservant les droits de Saint-Siège '. Secondé par D'autres actes, où l'on a eu lieu de voir l'influence de son
floias. il gou- fidèle collaborateur, le diacre Nicolas, sont l'expression d'ime
V/ecf fermeté" Politique plus ferme. Il mande devant lui un frère de la reine •t MgeM«. Teutberge, qui avait envahi les monastères de Saint-Maurice et de Luxeuil * ; il proteste contre les laïques de la Grande- Bretagne, qid avaient chassé des évêques de leurs sièges * ; il ordonne au patriarche Ignace de Constantinople de lui communiquer les pièces d'un procès intenté à l'archevêque de Syracuse • ; il invite tous les princes chrétiens à contraindre Ingeltrude, femme du comte Boson, à réintégrer le domicile conjugal '.
Mort de Be- Benoît III mourut le 17 août 858. Il put prévoir, avant de
Ci7 ««ùi'fiôS) "^o^rir? l'orage qui se préparait pour l'Église du côté de l'Orient, où les manœuvres de l'empereur Michel l'Ivrogne et de son oncle, l'indigne Bardas, venaient de faire monter sur le siège patriarcal de Constantinople cet imposteur de génie qui s'appelait Photius.
L'empereur d'Occident, de son côté, put croire que le
i. Mahbi. XIV, 977 et ■.