‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 227 sur 284 · A1NT N1G0LA3 I · texte numérisé non relu

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fi-jint Ni«*. Le nouveau Pape, que l'empereur traitait en ami ', était le fils d'un magistrat et se trouvait allié à la haute aristocratie

8uu poriiait. romaine. « Il avait, dit son plus ancien biographe, le port noble, les traits pleins de distinction, la parole docte et l'air modeste. Dur à lui-même, il aimait à vivre dans la prière et les jeûnes ; il était généreux envers les pauvres, et les intérêts du peuple trouvaient toujours en lui un ardent défenseur *. » En lui faisant cortège, de Saint-Pierre au Latran et du Latran à Saint-Pierre, au milieu d'acclamations enthousiastes, le peuple comprit qu'il avait obtenu de la Providence le chef énergique, le père bienfaisant, le saint, dont le monde chrétien avait besoin à cette heure.

U»i uiiiit) p^rii Au péril impérial, toujours menaçant, au péril féodal, sans

ciuèwouté! cesse grandissant, était venu se joindre en elîet, depuis l'élévation de Photius sur le siège de Constantinople, un péril byzantin d'une gravité toute nouvelle.

Nicolas P' devait faire face à ces trois dangers.

i. Lo Li')e>' Pontificalis raconte que l'empereur, après la cérémonie de la on-'v-iMtioa, mangea avec lui, et qu'ils s'embrassèreut avec une grande oilii ;:(;:i, l. 11, p. 152.

t. Li>K Pontif., n, 168.

LE SAI.NT EMPIRE ROMAIN 3âd

Après tant de n(5gociations, couronnées par plusieurs pactes Situatioaa ressolennels, les situations respectives de la Papauté et de l'em- papauté et de pire restaient en fait mal déterminées et prêtaient à des inter- l'empire, prétations équivoques. Quand l'empereur tenait si ardemment à confirmer l'élection du Pape, quand le Pape réclamait si vivement le privilège de sacrer l'empereur, ce qui était en q^uestioQ, en définitive, c'était de savoir qui des deux était le vassal de l'autre ; et il semblait bien, sous les derniers Papes, alors que les fonctions de légat et d'apocrisiaire du Saint" Siège étaient exercées par une créatm'e de l'empereur, que le Tôle de souverain appartînt à celui-ci.

Dès les premiers jours de son pontificat, Nicolas P"", par sa SiiniNico'as seule manière d'agir, sans rien briser, en ménageant toutes * pi^^ierV*^* les formes diplomatiques, prend une attitude indépendante, J°"'*> ^!^" '"' qui écarte toute idée de vassalité de sa part.

« 11 semble, dit son dernier historien, que le passé ait laissé une vive impression sur son âme, et qu'en montant sur le trône pontifical, il aut juré d'en finir réellement avec l'équivoque dans laquelle on avait vécu jusqu'alors... L'empereur est à Rome... c'est son influence qui a décidé de réleclioa. Mais le Liber Pontificalis relève l'attitude supérieure et indépendante prise aussitôt par le Pape. La ville se couronne de tleurs. Le nouveau Pape admet l'empereur dans son intimité, l'invite à dîner, le comble de marques d'affection et l'embrasse comme un fils bien-aimé. Tout le passé semble oublié ; il n'y A plus rien dans cette scène qui rappelle les relations de vassal à suzerain.

« Ou plutôt, s^ y a un vassal, c'est l'empereur. Non seulement d va au-devant du Pape, mais il tient son cheval par la bride, la distance d'un trait d'arc, au moment de son arrivée comme à celui de son départ. C'est la première fois depuis Hadrien l®', cju'un Pape reçoit d'un empereur paroil honneur : toute la noblesse de Rome est présente et elle sait comprendre que ce Pape « beau de figure, grand de taille, de mœurs se-

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vères et d'habitudes généreuses » vient de prendre le rang qu'il veut occuper dans le monde entier '. »

Ce n'est là pourtant que le geste initial, pour ainsi dire, d'une politique qui aboutira bientôt à des actes plus efficaces.

L'affaire du Lothaire, roi de Lorraine, fils de l'empereur Lothaire I" et divo^e de Lo- ^^^ conséquent neveu de l'empereur Louis le Germanique, avait répudié sa femme Teutberge, fille de Boson, pour épouser Waldrade. Il prétendit, pour justifier sa conduite, que som premier mariage était frappé de nullité par suite de relations incestueuses de Teutberge avec un de ses frères. Rien n'était moins prouvé que cette accusation. Le roi voulait pourtant la L'empereur faire triompher à tout prix. Lothaire gagne à sa cause une CMiM^une par- P^^t^® *^^ ^^ noblesse franque. Un tribunal composé des grands tie de la no- j^ royaume condamne, en 859, la reine Teutberge à l'épreuve

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l'épiscopat. de l'eau bouillante. Mais cette épreuve lui est lavorable *. Lothaire parvient alors à séduire par des promesses deux

' évêques, Gunther de Cologne et Tietgand de Trêves, qui

corrompent à leur tour plusieurs de leurs collègues. En 860,

i une assemblée éoiscopale, réunie à Aix-la-Chapelle, arrache à

la malheureuse reine l'aveu de son prétendu crime et la condamne à la r^Kîlusion dans un monastère. Mais bientôt Teutberge réus'iit à s'échapper, rétracte son aveu, dénonce les manœuvres de pression qu'on a exercées sur elle et en appelle au Pape. Un bon nombre d'évêques indépendants s'honore en blâmant les procédés d'intimidation abusivement employés Couragense at- contre la reine. Hincmar de Reims, dont on connaît l'atta-

titude d'HiDc- chement à la dynastie nationale, a le courage de porter la mar de Reims. "^ ...

question devant l'opinion publique par la publication de son

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