‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 231 sur 284 · P. tf., Cil, eul · texte numérisé non relu

P. tf., Cil, eul

tion est savamment ourdie. S'il est impossible de circonvenir le Pape, on saura bien, pense-t-on, gagner ses deux représentants.

Pm^ente ré- L'avisé Pontife, on le voit bien dans sa réponse, ne sait pas e>- !« saint , • j ' «i ^•^ j • i.

iN-.ci>iu8. encore, du premier coup, démêler ce qu il y a de vrai et ce

qu'il y a de faux dans ces lettres habilement imprécises. Il loue Photius de son orthodoxie, mais il lui reproche d'avoir violé les canons, et il envoie à Constantinople deux évêques spécialement chargés de s'informer de l'affaire d'Ignace, dont il se réserve la solution *.

La grande affaire pour Photius était maintenant de corrompre les légats, Rodoald de Porto et Zacharie d'Anagni. Il y parvint, mais non sans peine. Présents, ruses, menaces, tout ComipHon des fut mis en œuvre ; les deux évêques résistaient à tout. L'hypo- •«tja »• crisie et les sophismes eurent enfin raison de leur fermeté. Au printemps de 861 ils étaient passés au camp de l'usurpateur. Les présents de l'empereur et du César Bardas couronnèrent Fiilaification leur défection. Ces lâches serviteurs du Saint-Siège allèrent ' ' PuL/e.'^^ ^^ jusqu'à permettre la falsification de la lettre du Pape dont ils étaient porteurs. Photius se hâte alors de réxmir un concile de trois cent dix-huit évêques, qu'il induit en erreur en leur faisant donner lecture des lettres falsifiées de Nicolas. Celui-ci est censé Un pseudo- approuver la déposition d'Ignace et l'élection de Photius. Dans dttm'e *ia^dé- c® concile, que l'empereur comparera au premier concile de chéauce Nicée, Photius est déclaré patriarche léj^itime, et le-nace est con-

d IgUttCO» ' ^ , ^ .

damné comme ayant violé les canons de l'Eglise. Des mesures sévères y sont édictées contre les moines, qui sont restés les plus fidèles soutiens du légitime patriarche. En même temps qu'il tente ainsi de paralyser l'activité de ses plus redoutables adversaires en Orient, l'astucieux Photius cherche à nouer des relations avec les évêques d'Occident censurés par Mf.nrpnvres ea le Pape NicoIas, Quelques moines de Sicile, gagnés à sa cause, Ëurai>«. parcourent l'Europe. Un écrit injurieux pour le Souverain Pontife circule à Rome en 865. C'est comme un sièp:e en règle contre la Papauté, habilement mené par l'inépuisable et malfaisant génie de Photius.

1. Saint Nicolas appelle ces évèqnes des légats a îatere. C'est la premiers fois qne cette expression s^c rpncnntre. On appelle encore anjoiirdhui léfiat <i I^jtere un légal choisi dans i\:uti)iirfi;:ft '';i "ipe, a Iatere t'.i^ii/ici'', un léiiak caidlnal.Le '■urdiual Giiprara. en ISOl, lut légat a iatere. J*wb, 2ù:3l, 2ù62, 2û6j.

Mais le grand Pape, averti de ce qui s'est passé au prétendu

concile de 861, a déjà saisi l'empereur, le faux patriarche et

l'épiscopat d'Orient de sa protestation indignée. Dans unepre- ProlMlatlom

mière lettre, adressée en 862 à tous les évêques et métropo- Poatif*.

ites d'Orient, Nicolas 1"" rétablit la vérité des faits, condamne

la déposition d'Ignace et l'intrusion de Photius '. Dans une

lettre à Photius, il se plaint de la falsification de ses écrits et

maintient les droits de sa primauté '.Dans une troisième lettre,

adressée à l'empereur, il déclare refuser toute confirmation de

ce qui s'est fait en Orient, jusqu'à ce que la vérité ait pu s€

faire jour '.

La tactique de ruse, de fourberie et de faux avait échoué. ïDJare» et ▼io- '^ . . . lenccB de lam-

Restait la violence et l'injure. On y eut recours. Michel pereur.

l'Ivrogne écrit au Pape une lettre insolente dans laquelle, tantôt railleur, il accuse l'évêque de Rome de parler un langage « barbare et scythique », et tantôt menacanti il jure de raser jusqu'au sol la Ville Eternelle.

Pas plus que la perfidie, la violence ne peut faire fléchir l'intrépide Pontife. La réponse de saint Nicolas I^ à l'empereur Michel l'Ivrogne est un chef-d'œuvre *. Dans une pre- Noble rénonse mière partie, le Pape se prononce avec fermeté sur l'afTaire la». pendante : il déclare que le jugement de l'empereur est absolument incompétent en ce qui concerne les affaires intérieures de l'Eglise. Qu'on lui expédie à Rome les pièces du dossier, qu'on les soumette à ime procédure régulière, et un tribunal indépendant se prononcera. Puis sa pensée s'élève à des considérations de la plus grave éloquence : « Ne vous étendez pas en menaces contre nous, ô empereur, dit-il, car, avec l'aide de Dieu, nous ne les craignons pas... Considérez plutôt ce que vous avez à l'aire. Pensez aux temps passés, songez à l'élernité. Examinez ce que sont devenus les empereurs qui ^^ devoirs ont persécuté l'Église de Dieu et surtout l'Église romaine, envers l'R- Voyez Néron, Dioclétien; Combien leurs noms sont exécrables ^ "'^" parmi les chrétiens ! Voyez au contraire Constantin, Théodose le Grand, Valentinieu. Avec quel respect leur souvenir es^

Page 1