‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 24 sur 284 · La vie do saint Beuoil forme le livre II des Dialogues · texte numérisé non relu

La vie do saint Beuoil forme le livre II des Dialogues

moi

l'église dans son centre 57

mettre en doute aucunement la sincérité du pieux narrateur, lui reproche une crédulité trop candide. Les vieux moines, cpii racontaient à leurs jeunes frères tout ce qu'ils avaient vu ou entendu dire de leur bienheureux Père, se plaisaient sans doute à accumuler les récits les plus merveilleux sans en contrôler toujours la source. Mais, comme dans les Floretti des disciples de saint François d'Assise, ce qui reste de ces récits, beaucoup d'entre eux fussent-ils légendaires, c'est surtout l'âme de piété, de douceur, de sagesse sereine qui en émane et dont saint Benoît fut bien l'inspirateur ; c'est l'impression d'une vie toute mêlée au surnaturel et aux miracles, et dont quelques embellissements, brodés par la piété filiale, ne peuvent faire suspecter l'historique réalité.

Quoi de plus gracieux que l'histoire de « saint Maur mar- Episode» des chant sur les eaux », où Bossuet voyait une si grande leçon ? ^^'iloyue* : « Un jour, raconte saint Grégoire, le vénérable Benoît était dans sa cellule, et le petit Placide, que le saint homme s'était attaché, sortit pour aller au lac puiser de l'eau ; mais, en y plongeant sans précaution le vase qu'il tenait, il y tomba luimêîre et fut entraîné par l'eau si rapidement, qu'il fut bientôt éijigné du bord, presque à la portée d'une flèche. L'homme de Dieu, renfermé dans sa cellule, connut aussitôt l'accident et se hâta d'appeler Maur, en lui disant : « Frère Maur, cours vite, gaint Maur car l'enfant qui était allé puiser de l'eau est tombé dans le lac, ^Y^''""' ""' et l'eau l'a entraîné déjà bien loin. » Chose étonnante et qui ne s'était pas vue depuis l'apôtre saint Pierre ! après avoir demandé et reçu la bénédiction de son abbé, Maur courut exécuter son ordre et parvint jusqu'à l'endroit où l'eau avait entraîné l'enfant ; s'imaginant toujours marcher sur la terre, il le prit par les cheveux et le ramena rapidement au bord. A peine y fut-il arrivé que, regardant derrière lui, il s'aperçut qu'il venait de courir sur l'eau, ce qu'il n'aurait jamais pensé pouvoir faire, 11 fut tout saisi du miracle accompli et retourna le raconter à l'abbé. Le vénérable Benoît ne l'attribua pas à ses mérites, mais bien à l'obéissance de son disciple. Maur, au contraire, soutenait qu'il n'avait fait qu'exécuter ses ordres, et qu'il n était pour rien dans une chose qu'il avait faite sans y penser. L'enfant sauvé fut l'arbitre de ce touchant conflit dhumilité entre le maître et le disciple : « Moi, dit-il, quand j'ai

été tiré de l'eau, j'ai aperçu au-dessus de ma tête le vêtement de peau du père Abbé, et je voyais bien que c'était lui qui me tirait de l'eau » '.

« A quoi attribuerai-je un si grand miracle ? s'écrie Bossuet. Grande question. Disons, pour la décider, que l'obéissance porte grâce pour accomplir l'elTet du commandement, que le commandement porte grâce pour donner effet à l'obéissance » ^

C'est encore une leçon morale, une leçon de travail^ qtd se dégage du chapitre intitulé : « D'un fer d'instrument qui revint à son manche du fond de l'eau ».

La itnciUa du « Une autre fois, un Goth, assez simple d'esprit, voulut se consacrer à Dieu, et l'homme de Dieu le reçut avec bonté. Un jour, il lui fît donner une sorte de petite faux pour couper les ronces d'un endroit où on devait faire un jardin. Le lieu que le Goth avait à nettoyer était sur les bords du lac, et comme il frappait de toutes ses forces sur d'épais buissons, le fer qmtta le manche et tomba dans le lac, qui était là si profond, qu'il n'y avait aucun espoir de retrouver l'instrument. Le pauvre Goth, voyant son fer perdu, s'en alla tout tremblant annoncer au moine Maur le dommage qu'il avait fait et recevoir la péni tence de sa faute. Maur eut soin d'en avertir aussitôt le serviteur de Dieu Benoît, qui, à cette nouvelle, vint au lac, prit le manche des mains du Goth, le mit dans l'eau, et au même instant le fer remonta du fond et s'adapta de lui-même au manche. Benoît rendit au Goth son instrument en lui discuit : « Voilà, travaille maintenant et ne sois plus triste ! » '.

C'est vers ce premier temps de la vie monastique de saint

Grégoire que se rapporte la touchante anecdote que Paul Diacre,

Jean Diacre et le vénérable Bède racontent en des termes à peu

eoDiresurleFo- P^^s identiques. Grégoire traversait le Forum. 11 y aperçoit de

rum de jeuues jeunes esclaves qu'on met en vente. Leur tendre et pure beauté

esclaves , . .

Angirt-smona. l'attendrit. Il demande d'où ils viennent. Ce sont des Angles, lui dit-on. — Des Angles ? reprend-il, dites des anges. Et il

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