‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 243 sur 284 · Hiacuàr, Df. poleslate regia el ponli/icia. cuy. l · texte numérisé non relu

Hiacuàr, Df. poleslate regia el ponli/icia. cuy. l

LE SAINT EMPIRE nOMAI?f 429

Ihade de Soissons, d'F.bbon de Reims ou d'IIincmar le Jeune do Laon, en auraient suggéré l'idée. Mais les travaux récents de M. Paul Fournier semblent avoir éliminé ces deux suppositions. Il y a entre les Fausses Décrélales et certaines pièces apocryphes certainement composées au Mans vers le milieu du ix* siècle, des rapports si étroits, que le savant auteur n'hésile pas à les attribuer au même faussaire. Quel est ce faussaire? On a écrit, mais avec hési- ;

tation, le nom d'un diacre Léobald. « Il est possible, dit Mœhler, que cet homme si puissant ait vécu inconnu et solitaire... Il fut à ;

coup sûr un homme de grand savoir, le plus savant peut-être de ses contemporains, un esprit pénétrant, s-'»gace et initié à un degré rare à l'esprit et aux besoins de son temps ', » Sauvegarder l'indé- Butdel'anteur pendance des évêques contre les empiétements de la puissance ''j^? ^.?Y*^' temporelle, soustraire aux tribunaux laïques la connaissance des causes ecclésiastiques, réagir contre les droits exorbitants que s'attribuaient certains métropolitains, augmenter la force et la cohésion intérieure des églises, éliminer les chorévêques, dont la juridiction vague, indéterminée, contestée, était une source de troubles, empêcher surtout la spoliation des évêques, dont la destitution, obtenue par une procédure arbitraire, était le prélude, et, pour assurer tous ces résultats, grouper fortement toute la hiérarchie autour du Pape : tel fut le but poursuivi par le grand érudit, le clairvoyant politique que fut l'auteur des Fausses Décrélales. Il ne fabriqua point les matériaux qu'il mit en œuvre : il les emprunta à des documents authentiques. Il crut seulement que la raison d'État, ou, si l'on peut dire, la raison d'Église, lui conférait b droit de rehausser l'autorité de ces documents en leur donnant une antiquité qu'ils n'avaient pas. 11 les fit remonter aux Papes des premiers siècles, comme on faisait alors remonter aux premiers siècles l'origine de tel ou tel monument, de telle ou telle légende, quand on voulait rendre plus vénérables les traditions d'une église. Est-il besoin de dire que la conscience chrétienne, tout en faisant la part des mœurs barbares de cette époque, ne saurait approuver de pareils procédés ?

Ils n'étaient d'ailleurs pas nécessaires. La crilitiue place la corn- ,

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position des Fausses Décrétales à une époque antérieure au ponti- Décr^iHUn ei ficat de saint Nicolas. Or, le grand Pape n'a jamais eu besoin de la* l»'^"* s'appuyer sur la collection nouvelle pour faire prévaloir ses droits. « Jamais, dit le P. de Smedt, Nicolas I'"'ne s'est avisé de recommander la collection pseudo-isidorienne ou de lui emprunter la

1. ^ToPHLi», Histoire de l'Eglise,' publiée la P. Liains, trad. 'élet, t. Il» p. 1 jO, IJ7.

moindre citation. Bien plus, écrivant h Hincmar en 863, il mentionne lea Papes dont les constitutions doivent servir de règle dans les jugements des évêques. Or, le plus ancien dans cette liste est saint Sirice, dont les lettres sont parfaitement authentiques. V^oici qui peut sembler plus remarquable encore. Dans bon nombre de lettres écrites postérieurement à la restitution de Rothade, et par conséquent lorsqu'il devait avoir certainement entre les mains le recueil complet du faux Isidore, Nicolae I®"" cite des phrases qui se lisent à peu près textuellement dans ce recueil, mais toujours en les attribuant à leurs véritables auteurs et non aux Papes beaucoup plus anciens sous le nom desquels les avait publiées le faussaire *... Pourquoi, dira-t-on, se contenter de ce silence, fort significatif sans doute, mais complètement inefficace pour empêcher le succès de l'imposture ? Pourquoi ne pas faire un pas de plus, en protestant solennellement contre l'abus fait des noms vénérables des premiers Papes et en livrant le faussaire au mépris du monde chrétien? Ce n'est pas un érudit sérieux qui fera cette question. La réponse est d'ailleurs bien simple. Nicolas P"" vivait dans la seconde moitié du IX* siècle, et il ne pouvait venir à l'idée d'un homme de ce temps d'entreprendre, à propos d'une publication telle que celle des Fausses Décrétales, le travail auquel on ne manquerait pas de se livrer à l'époque actuelle et qui eut eu pour résultat la constatation irrécusable de la fraude. On aurait mauvaise grâce à reprocher à saint Nicolas et à ses successeurs de n'avoir pas fait ce à quoi n'ont pas même songé Hincmar et Gerbert, qui avaient sans contredit tout autrement de ressources et de loisirs pour cette œuvre critique. » (P. de Smedt, Les Fausse Décrétales, Vépiscopat franc et la Cour de Rome, 1870). En résumé, suivant M. Paul Fournier, le recueil du Pseudo-Isidore a pu aider chez les Francs le mouvement de concentration autour du siège de Rome ^ ; il n'a pas été un élément utilisé par Nicolas 1*'^ pour l'accélérer, moins encore pour le justifier. L'influence littérale des Fausses Décrétales sur Nicolas P' est incontestable : mais il n'est pas prouvé qu'elles aient exercé une influence sur ses idées. Jusqu'au xi* siècle, les Papes, quoiqu'ils n'aient pas répudié l'œuvre d'Isidore, ont observé à

1. Les Fauiaes Décrétales ont pourtant fonro! à «a!nt Nicolas des expreBsions. des métaphores, qu'on trouve dans sa correspondance. M. Fournier en cite des exemples. Rev. d'Hist écoles., 1907, p. 24-25.

2. Si l'influence des Fausses Décrétales à Rome n'est pas démontrée, leur influence dans le monde franc est incontestable. Les textes du Pseudo- Isidore ■ont cités par Hincmar de Reims, Hincmar de Laon. les Conciles de Kiersy, Cologne, Mayenee, Metz, etc. Cf.A.ViuiBw, Dict. de Théologie, au mot tausteê Décrétales.

l'égard de la célèbre compilation une réserve extrême. Ce n'est qu'à partir de la fin du xi* siècle, que celle-ci, répandue dans toute l'Europe, devient un véhicule commode pour plusieurs des idées maîtresses sur lesquelles est fondée l'œuvre entreprise à cette époque par la Papauté {Elude sur les Fausses Décrélales, Bévue d'hist. ecclésiastique, 15 janvier 1907, p. 5G). M. Ferdinand Lot, dans la Revue /ji's^orzyue, de juillet-août 1907, croit que les Fausses Décrétales sont d'origine rémoise et pourraient avoir pour auteur Wulfrad, le plus savant des clercs déposés par Ilincmar. M. A. "Villien, dans le Dictionnaire de Théologie catholique deVacani, au mot Fausses Décrétales, pense « que le débat paraît bien circonscrit entre la province de Reims et celle de Tours, et qu'il est impossible actuellement de faire, en faveur de l'une des deux opinions, une démouâtratioa (^\n exclue toute probabilité pour l'autre ••

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