‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 245 sur 284 · P. L., CXXIX · texte numérisé non relu

P. L., CXXIX

LE Si^INT EMPIRE ROMAIN 433

ment appelé siècle de fer, pour sa grossièreté et sa stëri- Apprédaiion lité en toute sorte de bien ; siècle de plomb, pour Tabomina- Barouiu». tion du mal qui l'inonde ; siècle de ténèbres, pour le manque d'écrivains. Que les âmes pusillanimes ne se scandalisent point toutefois de voir l'abomination de la désolation envahir le sanctuaire ; qu'elles admirent plutôt la puissance de Dieu, qui n'a pas permis, comme autrefois, que l'abomination du temple fût suivie de sa destruction, mais qui l'a conservé par Jésus-Cbrist. Des princes temporels, des tyrans mêmes, s'emparant du Siège apostolique, y ont introduit des monstres hideux '. »

Impossible de décrire avec plus de vivacité et de franchise les maux dont l'Eglise a souliert à cette époque. Nous verrons toutefois que la description de Baronius est exagérée. « Baronius, dit le savant Iléfélé, a commis une erreur qui fait

le plus grand honneur à sa sincérité. Quoique ultramon- Valeur des

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tam décidé, et toujours prêt a rompre une lance en laveur ,ique8 dec«ite

du Saint-Siège, non seulement il a recueilli avec une scrupu- «l'oque, leuse exactitude tous les méchants propos sur les Papes, qu'il a trouvés dans les sources, mais, poussant la crédulité à l'excès, il a mieux aimé sacrifier l'un ou l'autre Pape que d'appliquer le scalpel de la critique à des sources suspectes ^. » Des historiens venus après Baronius ont fait cette critique des sources, et le résultat des travaux des Mabillon, des Mœhler, des Héfélé et des Ilergenrother a été, non pas de noircir le tableau, mais d'en dissiper plusieurs ombres et de réhabihter, au moins partiellement, plusieurs des Papes calomniés par deux annalistes passionnés, de Crémone et de Rathier

pour le pouvoir impérial et la partialité contre les Papes ne doard de font plus de doute. Les historiens les plus impartiaux et les critiques les plus sévères reconnaissent aujourd'hui que Luitprand « satisfait des rancunes * », qu'il « émaille d'erreurs de chronologie son Antapodosis sur les Papes de la première moitié du x® siècle * », et que Rathier, « esprit bourru, re-

1. Visu horrida intrusa tunt monstra. Babo:»ic8, Annales. Introduction au x« sieole.

2. IlirÉLB, Beitrilge zur Kirchengeschichte, 1864, tome I, p. 227 et s.

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