‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 258 sur 284 · Jaffé · texte numérisé non relu

Jaffé

t. UucuaôiBM, Hùt. de VÉglite, iU, 22L

itiennn Tl.

d'agir, et, sauf les intérêts essentiels de l'Église que la Providence sauvegarda contre toutes les attaques, il fut un instrument aux mains d'Agiltrude,

C'est à cette femme qu'il faut faire remonter la responsabilité de l'attentat sacrilège dont se chargea le Pape Etienne VI contre le Pape Formose.

Attentat con- ^® cadavre du vi^ux Pontife fut déterré, puis, revêtu de ses

tre le cadavre ornements pontificaux, placé sur une espèce de chaire. On lui (iô Formose. . .

fit alors un simulacre de procès, l'interpellant, lui donnant un

avocat pour répondre. A la suite de cette lugubre parodie,

Formose fut déclaré Pape illégitime ; les décrets qu'il avait

rendus, les ordres qu'il avait conférés furent déclarés nuls.

On coupa au cadavre les trois doigts avec lesquels il avait

coutume de bénir. Enfin on le dégiada, le dépouillant de ses

ornements et de ses insignes. On s'arrêta au cilice, qu'on

trouva incrusté dans sa chair '. La populace, qu'il est bien

difficile de contenir quand une fois on a excité ses passions

mauvaises, exigea plus encore. Elle réclama le cadavre,

qu'elle traîna jusqu'au Tibre et qu'elle jeta dans le fleuve '.

Triste mort ^^^ ^® temps après, Etienne VI, victime d'un complot,

d'Etienne VI. était arrêté, dégradé vivant, comme il avait fait pour Formose mort, incarcéré, puis étranglé dans sa prison pendant l'été de 897.

Romalu (897) Tant de forfaits semblent avoir produit une légère réaction et porté au pouvoir, le 17 septembre 897, le pape Romain, qui cassa tout ce qu'avait fait Etienne contre Formose, mais fut obligé de reconnaître Lambert comme empereur. Il disparut au bout de quatre mois, le 8 février 898. Son successeur,

1 hi'odore II THÉODORE II, ne gouverna que vingt joxirs. Flodoard vante sa (898). piété et son courage. Sous son court pontificat, l'ombre da

1. Corporeo siquidetn suco hxs«rat busto, unde non tam faciU dûoemi poterat. Vulqàbiub, De causa formosiana. DQmmlu, Au»ilius und Vulgarius, p 131.

2. Les principales sources enr cet événement sont : !• le récit de Luitprand, évoque de Ciemone, dans son Antapodosis (P. L., CXXXVI, 804 . 2° Les livres composés par le prêtre franc Auxilius et par le grammarien Vulgarius (DiiMMLBR. Auxilius und Vulgarius, p 95), tous .'es deux contemporains des événements. 3° Les actes d'un concile tenu à Rome en 904. sous Jean IX (Mabillon, Mus. italio., ii» partie, p. S6, et Manm, XViîI, 222 et suiv., ék d'autres documents qu'Héfélé se contente de uieutiouner, Mitt, des VonciUa, VI, 136, 137).

Fnrmose apparut, dit-on, à un moine dans un songe et l'informa de l'endroit où se trouvait son corps. Le cadavre de l'infortuné Pontife, qui avait été rejeté du Tibre par une crue, fut déposé triomphalement dans la basilique de Saint-Pierre. La foule romaine fut aussi enthousiaste en ce jour de réhabi- n<^hAhiliiatl«B

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