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btation solennelle, qu elle avait été téroce au jour de la dégradation. Dans la basilique pontificale, jadis richement ornée par le zèle intelligent du pape Formose, beaucoup assurèrent avoir vu, au moment où son corps rentrait en Iriomjjhe, les saintes images, placées là par ses soins, incliner la tête pour le saluer au passage.
Huit jours après la mort de Théodore II, le 12 mars 898, fut élu Jean IX, ancien moine bénédictin. C'était un prêtre ordonné par Formose. Il réhabilita, dans plusieurs conciles, la mémoire de ce Pape, et décida que, pour obvier aux troubles qui s'élevaient souvent à l'occasion des sacres des Souverains Pontifes, cette cérémonie ne se ferait qu'en la présence des légats impériaux.
Mais le jeune empereur Lambert, sur qui comptait Jean IX, mourut, peu de temps après, d'un accident de chasse, et les élections pontificales se trouvèrent livrées aux compétitions les plus vives et aux passions les plus humiliantes que l'histoire
Jean TX (898-900).
ait eues à enregistrer.
Benoit IV fut préposé au gouvernement de l'Église de 900 h 903, Léon "V, qui, un mois après son élection, fut supplanté par Christophe et emprisonné par lui, et Christophe, qui devait subir, six mois après, le même traitement de la part de Serge 111, ont laissé peu de traces dans l'histoire. Les deux premiers avaient de réelles qualités personnelles, mais leurs efforts furent impuissants.
A l'avènement de Serge III, le 9 juin 904, commence une période de soixante années environ, dont un moine du Mont- Soracte a tracé le résumé dans une phrase d'un latin barbare, qui fut peut-être ime formule populaire courante : Subjugatus est liomam potestalive in manu feminse '. Pendant près de soixante ans, les passions les plus honteuses d'une femme ont
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Strf* m (904-911).
\. BwoIt m SAirr-AitBiii, CArontcof . M. G H.. Scriptores,U],Hi. Cet élrnuR» latin pourrait pe trHfliiire iilt'^ralfmfnt do la inRnifîre snivimto : « 0» fut ■ons le jou;; h Rome, despotiquement, sous la main d'une lemmn. »
fait peser leur joug' împdricux sur la Ville Éternelle. « Dieu, dit le cardinal Bellarmin, voulait montrer sans doute que le pontificat romain ne doit pas sa conservation à une direction humaine ni à la prudence, et que la pierre sur laquelle il repose est tellement munie d'une sinjjulière protection de Dieu, que les puissances de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle ' ».
Au milieu du désordre des institutions politiques et de la défaillance des pouvoirs constitués, on voyait se produire à Rome le spectacle qui se remarquait à peu près partout ailleurs : des familles locales émergeaient, acquéraient de l'influence et La iDai8«B de s'emparaient du pouvoir. Seulement, tandis qu'au delà des T éop y « ^. ji^i^Q^^ jg^ vaillante famille de Robert le Fort sauvait la monarchie et refaisait la France, en Italie, les intrigues de la maison de Théophylacte eussent perdu à jamais la Papauté, si la Papauté eût pu être perdue.
Sous le pape Formose, une des places les plus importantes de la cour pontificale, celle de vestiaire, vestararius, avait été confiée à un certain Théophylacte, déjà maître et duc de U, milice. Le vestiaire était chargé de veiller sur le gouvernemen* Théopliylacte. de Ravenne et des provinces voisines. A ce seul titre, Théophylacte était un personnage considérable dans Rome. L'am- Thécxlora. bition de sa femme Théodora et de ses deux filles, Théodora la Maroiié. Jeune et Marozie,ne fut pas satisfaite. Théodora obtint d'abord pour elle-même la place de vestiairesse, vestararissa, qui lui permit de s'ingérer directement dans les affaires romaines. De mœurs légères, elle fait alors servir ses passions à ses projets ambitieux. Ce qu'elle demande à ses relations coupables avec les plus grands personnages, ce ne sont point tant des bijoux et des parures, que des villas et des châteaux forts. Théophylacte est bientôt devenu le plus riche personnage de la ville de Rome. L'habile Théodora en profite pour se faire une situation politique prépondérante. Entre le parti des ducs de Spolète, Lamaisoides qui décline, et le parti allemand, qui reprend des forces *, elle ''eo^ofteU* arrive, par une politique de bascule, à se faire l'arbitre de la Papaaié. situation. Les élections pontificales sont entre ses mains. La