‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 26 sur 284 · R. P. Delehayb, Le.i légendes hagiographiques, p · texte numérisé non relu

R. P. Delehayb, Le.i légendes hagiographiques, p

3. Le narrateur, comme mis en verve par lo premier jen de mots, les multiplie, et il faut avouer qu'ils sont de moins en moins naturels. « De quel pays venez-vous T demande Grégoire — De Déira. — On vous délivrera de 1 ire de Dieu, de ira Dei Et votre roi, comment se nomme-t ilT — Œlla, — Alléluia T Les louanges de Dieu seront chantées dans son royaume. » Quand Grégoire, en fuite, est rejoint par la foule qui veut le ramener à Rome, il rencontre une sauterelle, en latin h^usta. « Locuata ! s'écrie t-il, in loco sla ! Arrêtons nom en ce lieu. C'est la voix de Dieu ». Et 11 ne poursuit plus sa marclie.

4. Nous apprenons par une lettre que saint Grégoire, en 595, fit acheter en Gaule de jeunes Anglea pour les élever dans son monastère. Ep. VI, 7. M G. II. Reg., YI, 10, p. 389. P. L., LXXVII, 799.

5. Telle est la conclusion du dernier historien de saint Grégoire, F Roiiti

Saint Grégoire lui-même, dans ses Dialof/ues, sans nous donner aucun détail précis sur cette période de sa vie, nous décrit Sa vie cou- merveilleusement son état d'âme à cette époque. « Mon âme templaiive. ^^ rappelle, dit-il, la vie dont elle jouissait au monastère, lorsqu'elle dominait les choses périssables, lorsqu'elle méprisait tout ce qui passe pour ne penser qu'au ciel. Elle était bien prisonnière du corps ; mais la contemplation l'affranchissait des liens de la chair, et la mort, que redoutent les hommes, elle l'aimait comme le commencement de la vie. » Plus loin, il dit envier la vie sainte de ses frères restés au couvent, qui ji'ont pas perdu, dans les embarras de ce monde, « la jeunesse de leur âme » *.

S«a auBtérit^s, Les infirmités et les souffrances ne lui furent cependant pas ^aucoB." épargnées. « Son zèle pour l'abstinence, dit Paul Diacre, son assiduité à la prière et l'austérité de ses jeûnes lui occasionnèrent de telles douleurs d'estomac qu'il avait peine à se tenir debout. Il était souvent pris de ces crises que les médecins, en leur langage grec, appellent des syncopes : parfois la souffrance était telle qu'on croyait qu'il allait rendre le dernier soupir '. » Sa bonne mèi'e, Sylvia, retirée en un monastère voisin, lui envoyait, dans une assiette d'argent, seul reste de sa richesse d'autrefois, des légumes cuits à l'eau '.

Mais ce monde, que le pieux moine cherchait à fuir et à oublier dans la vie contemplative, se souvenait de la sage administration de son Prœfectus urhis. Ce fut pour répondre aux désirs unanimes de la population que le pape Benoît l" arracha à moitié le diacre Grégoire à sa chère solitude. Il lui con- Gréiïoire esi fia la gestion des affaires ecclésiastiques dans une des sept ré- 'noD^^taturl* gio^s de la ville. Peu de temps après. Pelage II voulut uliHser aviprèB (la jgg talent,'^ de Grégoire sur un champ plus vaste. Il l'appela à

1 Empereur de "^ ... ij

Constoîiii- remplir les fonctions d'apocrisiaire ou de nonce à la cour de nople.

DoDDBn, Grrrjnry the Great, hi.i plare in IThlory and 7'AoM(7/»t, Londres, 1905, t. I. p. 1%; c'est îiussi celle île L)om Cacuol, L" AngUlerre chrétienne avant les Noi-man'is, l'avis, 1909. p 53.

1. Dialofjucs, Prr-fiirc. On a souvent, (ait ri-marqner que saint Grégoire le Grand, dans so-j ccrils cl ses hoint'lii's, fonniil [un de doL-umenls à l'iiistoriea. Cela est vrai, si Ion entend parli-r de tlflails précis, de dates et de faits bien conlrôlés. Mais pou d'i^'rivaiu-; sont, |iar la spontanéité et la sincérité, plus révélateurs du fond de leur propre vie et do la vie intime do leurs coDlemporaina. Saint Grégoire [larlo et écrit toujours « avec toute son àme ».

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