‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 27 sur 284 · Jeau DiAcas, I, 9 ; II, 22. P. L., LJvXV · texte numérisé non relu

Jeau DiAcas, I, 9 ; II, 22. P. L., LJvXV

l'église dans son centre 61

Constantinople, auprès de l'empereur Tibère Constantin. Une telle situation était, à cette époque, une des plus hautes et des plus importantes de l'Eglise.

Le contraste dut paraître frappant au nouveau nonce entre . „ l'humble cellule qu'il venait d'abandonner et le splcndide pa- ' yzjtDiiDe aa lais impérial qui lui fut assigné pour résidence *. Byzance brillait alors de tout l'éclat que l'empereur Justinien et l'impératrice Théodora lui avaient donné. L'art byzantin, à son r.po^ée, encouragé par les profusions des souverains, avait multiplié, dans des monuments gigantesques, l'or, l'argent, les marbres précieux, les émaux et les pierreries. La merveille de ces merveilles était l'église de Sainte-Sophie, rebâtie par Justinien, avec sa vaste coupole de 31 mètres de diam.ètre. On raconte que le jour de la dédicace, le 27 décembre 337, Justinien, ivre de joie, sétait écrié : « Salomon, je t'ai vaincu ! » Les cérémonies qui se déroulaient dans ces palais, dans ces temples, étaient en harmonie avec ces monuments antiques. Que de chefs barbares, venus à Constantinople pour traiter des af- ,/.

faires poHtiqucs de leur pays, s'étaient trouvés fascinés par ces magnificences ! Quand le « divin Empereur » apparaissait, aux jours des réceptions solennelles, trônant dans le grnntl triclinium de la salle du trône, revêtu de la chlamyde do pourpre brochée d'or, le front éclairé du feu dos pierreries de la couronne impériale, et que les courtisans, les princes barbares et les ambassadeurs étrangers, suivant un rite dont un cérémonial précis avait fixé les détails, courbaient trois fois leurs fronts aux pieds du Basileus oriental, ce devait être le plus féerique des spectacles*.

1. Le Doncr élait logé daos le palais de l'empereur. Moral, proef , c. 1 et I. P. L., LXW. 511.

2. Sur \f% iiiagnificcnccs de Conglantinople au ti« siècle, voir CIi. Dikdl. Justinien et la ci' ilisntion byzantine au vi« xiccle, un vol. jçr. )n-8", l'uris, 1901. Voir 11! déifiil de ce* cérémonies dans le livre d?8 Ci'rononie.i, Micni. P. L . l CXir. col. 7y et suiv. et col. 1047. Cf. Mon. (ierni. hi>-t., Scrij,t., t. Jll, p. 338. M KiBTH, I es Originex de hi civili^ntion moderne, t. I, ch. »i, Bysaitce, en :i f.il' le taMcuu ; uiuis cest dant» deux mosaïques de l'époque

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Miïères pro- Mais ce décor resplendissant cachait des misères que l'apo-

lïmpire^f crisiaire de Pelage ne tarda pas à découvrir. Les magnificences

de l'empereur Justinien avaient ruiné le trésor public. Lorsque LeB embarras ^ t • tt i

fiaânci«r8. son successeur, 1 empereur Justin II, parut pour la première

fois au circue, il fut accueilli par le cri de la foule qui lui disait : Aie pitié de nous ! Justin remboursa les emprunts forcés que Justinien avait imposés, mais, en compensation, il refusa de payer aux barbares les tributs accoutumés. Ceux-ci se retournèrent

La» incursioDs alors contre l'empire. Les Avars, peuplade indomptée, delà

a«B bMbaiea. jjiême race que les Huns, avaient campé en Pannonie et multipliaient leurs incursions sur les terres impériales. Les Lombards ravageaient l'Italie; les Perses envahissaient la Syrie '. Quand, en 574, Tibère Constantin, ancien chef des gardes de Justin, raoïita sur le trône, à la mort de ce dernier, il comprit que ce serait une chimère que de vouloir maintenir dans son intégrité l'œuvre de Justinien. Il se refusa à toute intervention en Italie contre les Lombards, et se contenta de mener une vigoureuse campagne contre les Perses.

Une troisième plaie, conséquence des deux premières, déso-

reliRieux de lait l'Orient, c'était le système hiérarchique de l'église orienj.^™^*"g"gl taie, qui, peu à peu, avait mis tout l'épiscopat sous la domina-

■oent du clergé ^^qj^ j^ patriarche de Constantinople et le patriarche de Constantinople aux pieds de l'empereur. Les guerres des Perses et les troubles intérieurs des provinces de l'est de l'empire, où l'on s'entre-déchirait dans les querelles dogmatiques du monophysisme, avaient ruiné le prestige du patriarche d'Alexandrie. La situation du patriarche d' Antioche était peut-être pire. Pour parvenir à ce siège, il fallait désormais, — les exemples d'Etienne III et de Calandion en faisaient foi, — « passer, comme on l'a dit, sous les fourches caudines de l'approbation que donnait l'évêque de Byzance »*. Et celui-ci était l'homme de l'empereur. 11 Tétait devenu aussitôt qu'il y avait eu, suivant les expressions de MgrDuchesne, «ime cour chrétienne et

qui PO trouvent Si IVgUse San Vitale de Ravenne qu'on en trouve la saisissantd évocation.

1. .1 LinoL'HT, Le Ciirixtianiiitie dans l'fDijjive perse, p. 177 et suiv.Ch.Diinv, Justi'iU-i, p. <;i5.

2. DocHEssB, Eglises séparées, p. 72. R P. V*ii.iik dnis le Dict. de Théolof/ie. an luol Couffin ti'Tinjl-,

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un évoque de la cour. A celui-ci était naturellement dévolu le rôle de conseiller, de confident religieux des princes et des princesses. Sonintluence prit peu à peu le dessus sur toutes celles du monde ecclésiastique » '. Dès lors le patriarche de Conslantinople entraîna à sa suite tous les évoques delOrient. « Pour donner à ce groupe épiscopal son nom véritable, dit encore Mgr Uuchesne, il faudrait l'appeler Tépiscopat de l'empereur... Une sorte de concile permanent, tantôt plus, tantôt moins nombreux, est constamment assemblé à portée du palais impérial. Si le souverain croit utile de le mettre en rapports directs avec les évoques occidentaux, comme il le fit pour le grand concile de Sardique, il l'expédie en bloc au lieu de la réunion, dans un long convoi de voilures postales, sous la protection d'un officier général. L'empereur se déplace-t-il luimême ? son épiscopat s'ébranle avec lui ; on le voit s'assembler fort loin de l'Orient, à Sirmium, à Milan, à Arles. Il est difficile d'imaginer un corps épiscopal mieux organisé, plus transportable, plus aisé à conduire * ».

Une pareille situation avait ébloui l'empereuret le patriarche, La nouvelle Rome orientale avait déjà réclamé, au concile de 381, pour son évêque, les mêmes honneurs que pour celui de l'ancienne Home *. De la prétention à l'égalité, on s'éleva Lo» prét«nà la prétention à la supériorité. On répétait le célèbre argu- ti'ifirobe"et*d« ment : « Ce n'est pas en Occident, c'est en Orient que le Sau- i*eiUr«reur, veur est né ». A quoi saint Grégoire de Nazianze avait déjà spirituellement répondu : « C'est aussi en Orient qu'on l'a tué ».

Le judicieux observateur qu'était Grégoire pouvait se rendre compte par lui-même de ces paroles, écrites quelques années auparavant par les évoques d'Italie aux légats francs, à la veille du V* concile œcuménique, en 552 : « Les évêques grecs ont de grandes et riches églises... mais ils s'accommodent à la volonté des princes et consentent à exécuter sans débat ce que les grands leur commandent » *.

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