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4. Sunt gta-ei episc^pi habenifs diritet et opnlehtat goelfsii'... Seeunitttm rofuf 't'-*n princiyum qu'dquid ab eis quœsUum futrit stne uberoation» «untenUi.nL, .'.!.»'•!. IX. 1^:^.
BeoV*(+ itr' ^* correspondance de saint Grégoire nous montre que son * attention se porta dès lors sur le fameux patriarclie Jean, dit le Jeûneur, avec qui il devait engager plus tard ime longue lutte pour l'honneur du Saint-Siège. Habillé pauvrement, couchant sur la dure, répandant à profusion les aumônes autour de lui, jeûnant sans cesse, l'ambitieux patriarche cherchait alors à capter la confiance du peuple : il gagna même un moment la confiance de Grégoire, qui, plus tard, revint de son erreur. « N"aurait-il pas mieux vaiu, écrivait alors celui-ci, manger de lu viande que de souiller ses lèvres par le mensonge ? A quoi sert de jeûner, si l'on est bouffi d'orgueil? de s'habiller pauvrement, si l'on se drape dans la vanité? d'avoir l'air d'un agneau, si l'on cache les dents d'un loup ? » Première Le jeune diplomate put aussi observer à Byzance, et mieux
Phint Grégoire qu'il ne l'aurait fait ailleurs, le fort et le faible des peuples le in'on"ie bar- barbares. Il y vit les chefs des peuples de race gothique, Vibare. sigoths, Ostrogoths, Vandales, demander avec avidité et accepter avec reconnaissance cette provision de titres et d'insignes que les empereurs leur jetaient à profusion, placer leurs enfants dans les écoles orientales, où ils s'initi.-'ient prématurément à une science brillante et subtile, qui devait les éblouir sans les former, et à des mœurs faciles et molles, qui devaient les énerver. Il les vit demander le baptême de l'arianisme, de ce demi-christianisme, qui devait être une des causes principales de leur Tuture décadence. Il put former de plus hautes espérances au sujet des barbares francs et anglo-saxons. Deux ambassades franques parurent à la cour de Constantinople. L'une, envoyée par Chilperic, de Neustrie, y séjourna de 578 à 581 ; l'autre y fut envoyée en 690 par les régents d'Austrasie. La conduite postérieure de Grégoire nous porte à croire qu'il fut renseigné dès cette époque sur l'état politique et religieux des Gaules, sur les deux cents monastères qui y avaient été fondés et sur les quarante-cinq conciles qui y avaient été tenus depuis la conversion de Clovis, sur les vertus de saint Césaire d'Arles et de saint Germain de Paris, sur les travaux littéraires de saint Grégoire de Tours et de saint Fortunat. 11 est plus probable encore qu'il se mit en rapport intime avec les ambassadeurs anglo-saxons de la Grande-Bretagne, car on le verrn, plus tard, annoncer avec des expr59
l'église dans son centre 65
sions particulières de joie la conversion de ce royaume à ses amis d'Orient. Mais Grégoire se lia surtout avec l'ambassadeur espa gnol, Léandre, évoque de Se ville, veimà Constantinople en 584 pour demander l'appui de l'empereur en faveur de son neveu, le roi Herménégilde. La Providence, avant de confier à l'humble fils de saint Benoît le gouvernement de l'Eglise universelle, le mettait ainsi en contact avec toutes les grandes forces politiques et sociales qu'il aurait un jour à diriger ou à combattre.
L'apocrisiaire pontifical dut aussi se mettre en relations avec Relation» de ir ir ... saiDt Grégojr*
les grands personnages de la société byzantine. Théotiste et avec la hant*
^ ,. j T •% r • 1 • L société de By-
Gurdia, sœurs de 1 empereur Maurice, plusieurs autres mem- xanc«.
bres de la famille impériale, le patrice Narsès, les médecins Théotime et Théodore comptèrent parmi ses amis. On vit ce moine pâle et maladif figurer dans le cortège impérial aux grandes fêtes officielles qui se célébraient à Sainte-Sophie. Il s'y rendait par devoir. Mais son cœur le portait vers une vie plus intime et plus calme. Dans une lettre écrite plus tard à son ami saint Léandre, il lui rappelle malicieusement le temps où, Sa Tie iutiin*; pour échapper aux distractions mondaines, ils sortaient furtivement d'une église pleine de bruit pour aller pieusement s'entretenir de Dieu avec quelques frères. Grégoire avait en effet emmené avec lui quelques religieux, et c'était en leur compagnie et en celle du pieux évêque de Séville qu'il passait les meilleurs moments de sa vie. De plus en plus fatigué par son
existence surmenée, « souffrant sans relâche de cruelles dou- II comment» ., ... , .., , le Livre de Job
leurs d entrailles, miné par une uevre lente et continue » *,
il prenait son livre préféré, le livre de Job, et, devant ses amis, il le commentait ligne par ligne, en laissant son C(Eur librement s'épancher dans une sainte intimité. De ces confé rences intimes naquit le livre des Morales sur Joh, la première œuvre de saint Grégoire. Elle est dédiée à Léandre, évêque do Séville. Qu'on ne cherche pas dans ce commentaire des lumières sur le sens littéral du texte. L'auteur n'en a point cure. Sa préoccupation va, en un sens, plus à fond. A cliaque phrase, presque à chaque mot, des vues mystiques surgissent de son âme, des élans d'amour, de joie, d'adoration s'échappent de son cœur
1. Crebru viscerum dulO'U,u^ crucior, Untis quidem sed tamen rontinuxs fehribus anhelo. Morales sur Joh. Epitro dédicatoire b, saint Léandre, évôqud de Séville, ch. t. Micsb, P. L., LXXV, col. 515.
llht gén. de TEyii e. fi
Quelques cita- Quelques citations nous feront mieux comprendre la mations : nière du pieux commentateur. « Que le Seigneur, s'écrie Job,
eur la prière exauce mon désir ^ ». « Remarquez ce mot, dit saint Grégoire : Intérieure, j^^^ désir. La vraie prière n'est pas dans la voix, mais dans le cœur. Ce ne sont pas nos paroles, ce sont nos désirs qui font, auprès des oreilles mystérieuses de Dieu, la force de nos cris. Si nous demandons de bouche la vie éternelle, sans la désirer du fond du cœur, notre cri est un silence. Si, sans parler, nous la désirons du fond du cœur, notre silence est un cri '. »
On ne s'étonne pas que ce moine ait été consulté, dès iors, par plusieurs monastères d'Orient comme un maître de la vie mystique.
Un autre passage nous montrera quels parfums de pureté et de charité devaient laisser les entretiens du moine diplomate en ce milieu raffiné du monde byzantin. Arrivé à ce verset de la Vulgate : Et scies quod pacem habeat tabernaculum tuum, et, visitans speciem tuam, non peccabis. « Tu sauras que ton tabernacle a la paix, et, visitant ton image, tu ne pécheras pas » % un sens mystique s'ouvre à l'âme de Grégoire, « Le
sur la pureté tabernacle, c'est le corps, dit-il, et le tabernacle dans la paix,
8i U ch&sieté. ç'gg|. Yq corps dans la pureté. » « Mais, ajoute-t-il, il n'y a pas de pureté du corps sans qu'il n'y ait en même temps tendresse de l'âme. Et voilà pourquoi notre texte ajoute : tu visiteras ton image, c'est-à-dire ton prochain. Notre prochain est notre image, car en le considérant nous voyons ce que nous sommes. Visitons-le. La visite corporelle se fait avec les pieds ; la visite spirituelle se fait avec le cœur. L'homme visite vraiment son prochain lorsque, d'un pas que la charité presse, il va vers son prochain comme vers un autre soi-même et prête son aide à son frère souffrant... ah! que nous servirait de contenir nos sens par la chasteté, si nous ne dilations pas notre âme par l'amour ? ♦ »