‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 30 sur 284 · Lettre citée par Jean Diacre, I · texte numérisé non relu

Lettre citée par Jean Diacre, I

reprit le chemin de Rome en compagnie de l'exarque Sma-

ragde, il put se dire que sa mission avait à peu près échoué.

Vrai rétulat Mais il connaissait maintenant à fond les dessous de la poliimportant de . •, , 1 , 1 1 • i- !• 1 e»n séjour en tique byzantme ; il avait touché du doigt 1 impuissance radicale

des empereurs d'Orient à secourir l'Italie ; il avait compris que, si Dieu voulait sauver Rome et le monde, une seule puissance était capable d'accomplir cette grande œuvre, la Papauté.

Mais Dieu voulait-il sauver le monde ? la fin des temps n'était-elle pas prochaine ? Ce que vit le moine bénédictin en rentrant dans son monastère de Saint- André lui fit envisager Attente gêné cette seconde perspective. Des ouragans, des inondations et 'Vumoildef ° des tremblements de terre jetaient partout la consternation '. On se souvenait de la tradition populaire rapportée par Pline l'ancien : « Toutes les fois que le sol de Rome a tremblé, quelque grand cataclysme a été près de se produire * ». Les fils de saint Benoît se rappelaient surtout la prophétie de leur patriarche : « Rome ne sera pas détruite par les étrangers, mais elle sera tellement ravagée par les tempêtes, les orages et les tremblements de terre, qu'elle périra d'elle-même ' ». Or, l'effondrement de Rome, ne serait-ce pas la fin de tout ? « Lorsque Rome, la tête du monde, sera tombée, avait écrit Lactance, qui doute que ce ne soit la fin de l'humanité, celle même de la terre ? * » Tertullien avait bien des fois exprimé le même sentiment de religieuse terreur '. Et ce n'étaient encore que les moindres symptômes. Voici que le désordre entrait dans le monastère même, dans l'asile béni où Grégoire était revenu avec tant de joie, espérant y retrouver la paix sainte du Christ. Point de désordre gravement scandaleux. Mais vin attachement excessif aux biens de ce monde s'était introduit, pendant l'absence de Grégoire, dans le couvent de Saint-André. Ce que fut la douleur du saint Abbé, on peut le juger par la gravité des sanctions qu'il crut devoir imposer. Un moine nommé Justus avait déclaré, sous le coup du remords, au moment

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