‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 43 sur 284 · llBfBLi, III, 602, 603. M^3i, X, 486 et B · texte numérisé non relu

llBfBLi, III, 602, 603. M^3i, X, 486 et B

l'église dans son centre 89

leur défaut et leur donnait ceux qu'il tenait comme en réserve '. » Il intervenait alors avec un tact admirable. Il agissait de même quand le besoin des paroisses l'obligeait à pourvoir à quelque cure vacante dans un diocèse étranger. « J'ose croire, écrivait-il à l'évêque Imporlur.us, que votre fraternité acceptera volontiers ce que ncus f?'sons pour le bien de son diocèse '. »

C'est surtout comme évêque de Rome que Grégoire déploya L'évoque d« ime sollicitude pastorale de tous les instants. Il se sentait là comme un vrai père de famille, chargé de distribuer le pain du corps en même temps que celui de l'âme. Ce Romain de vieille race, qui croyait ne faire autre chose que de respecter les traditions de ses pères, c'était déjà le prélat féodal, dont l'œuvre sociale et politique, mêlée à sa mission spirituelle, faisait partie intégrante de ses fonctions épiscopales. Saint Grégoire eut si vivement le sentiment de ce devoir social, qu'ayant appris un jour qu'un pauvre était mort de faim dans la ville de Rome, il se priva, par pénitence, de célébrer le saint sacrifice plusieurs jours *. Mais il se préoccupait avant tout du bien spirituel des âmes. Il veillait sur la conduite des clercs ; il était même si exigeant de science ecclésiastique, que l'évêque Licinien de Carthagène lui écrivit : « Si vous exigez des prêtres une pareille science, on n'en trouvera jamais* ». Ce qu'il aimait aussi, c'était de se trouver au milieu de son peuple de Rome, et de lui ouvrir son âme dans un discours familier. Il rétablit et réorganisa l'usage des Stations, que les troubles de cette époque avaient forcé d'interrompre et qui réimissait dans une église de Rome une partie du clergé et les fidèles sous la présidence du Pape. C'est là, au milieu de son peuple, que la parole de Grégoire trouvait ses accents les plus pénétrants. II souffrait quand la faiblesse de sa voix fatiguée l'obligeait à faire lire ses homélies ; « la parole vivante, disait-il, saisit plus vivement le cœur qu'vme lecture, qui exige un intermédiaire ' ». A cette œuvre des Stations, qui eut une si grande

1. Taosisan, Ancienne et nouvelle discipline, 2" partie, L I*', eh. lu, éd. André, t. III, p 471.

2 Ep. II, 10.

Page 1