‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 58 sur 284 · MAXsi.tome XI, col · texte numérisé non relu

MAXsi.tome XI, col

') HISTOIRE GÉNÉilALE DE l'ÉGLISE

vù]i-ji!use3 d'inspiration, par ses discours, par sa collabora 'tion aux légendes hagiographiques de Jean Moschus, mais surtout par son éminente sainteté '. Il se ré\;éla tout à coup théologien profond et polémiste puissant.

En présence de ce redoutable adversaire, Sergius eut comme un mouvement de recul. Il jugea prudent de changer, au moins provisoirement, de tactique. On ne parlerait plus dé- Sergîus cher- sormais ni d'xme ni de deux énergies. Il fallait seulement, à sa cause le contre une opposition qu'il pressentait redoutable, de la part Poùufe!'^ d'hommes tels que Sophronius, gagner à sa cause l'aulorité suprême, celle du Pape. Sergius écrivit au Souverain Ponlife une lettre très habile, pleine d'insinuations perfides et d'alGrmations tranchantes : cette expression de deux énergies ou volontés scandalisait grandement les fidèles, disait-il, eu leur suggérant l'idée d'une lutte intérieure dans le Christ ; la formule adoptée par les monothélites avait au contraire pacifié tout l'empire. D'ailleurs, rien n'était plus conforme à la tradition : pas un Père, ajoutait-il, n'avait enseigné la doctrine des deux volontés ; celle de la volonté unique était courante, la Lettre Aquîvo- lettre de Menas en était la preuve '. Honorius se laissa cir- Honorius. convenir. Cet homme « humble et doux », ainsi que l'appelle son contemporain Jonas, pécha sans doute par un excès de condescendance ; mais vraisemblablement, comme le pense Héfélé ', il faillit surtout par ignorance ; il ne vit pas la portée théologique de la question ; il ne se rendit pas compte des intrigues politiques de Sergius. Il répondit : « Nous avons appris que le moine Sophronius a introduit de nouvelles disputes de mots... nous reconnaissons que le divin Maître Jésus- Christ est l'auteur d'opérations divines et d'opérations humaines... mais... à cause de l'ineffable union de la nature divine avec la nature humaine... nous confessons une seule volonté... D'ailleurs, s'il est à propos de concevoir une ou bien deux énergies, c'est une question oiseuse que nous laissons aux grammairiens qui vendent aux enfants, pour les attirer à lexirs écoles, des formules de leur invention * ».

1. Voir les œuvres de saint Sophronius dans M:g^k, P. G., t. LXXXVII.

2. Celle lettre se trouve en enlicr dans AUnsi, t. XI. col 530 et snlr. Eéfélé en a donné des extraits dans son i/ùt. des Conc, t. III, p. 23 et soir.

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