‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 65 sur 284 · CocHiiSflK, Lib. font , I, 320, aot · texte numérisé non relu

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l'église dans son CENTI'.E 123

était fait d'avance... Au mi* siècle, Rome ne reconnaît vraiment d'autre souverain que le Pape '. »

En présence de l'audacieuse entreprise de Justinien, Ser- ^^•'"^*°*^*. ^* ffius eut conscience de sa force, comme de son droit. Il refusa nettement d'apposer sa signature aux actes du pseudo-concile, que l'empereur lui fit présenter. L'irritation de l'autocrate impérial fut à son comble. Ordre fut donné aussitôt au protospathaire Zacharie, alors exarque, de se saisir de la personne de Sergius et de le conduire au Bosphore. Allait-on voir se renouveler les scènes du martyre de saint Martin, ou bien le Pape, intimidé. allait-il fléchir? Ni l'une ni l'autre de ces hypothèses, escomptées sans doute par Justinien, ne se réalisa. A peine le peuple a-t-il appris qu'une troupe s'avance pour s'emparer de l'évêque de Rome, qu'un soulèvement en masse se produit. La milice impériale de Ravenne, renforcée des garni- La milice imsons de la Pentapole et des régions circonvoisines, accourt se p|!f,pi*e\e\oa-

joindre au mouvement populaire et arrive à Rome pour de- lèvent en fa- '' . ^ veur du Pape,

fendre le Pape *. La petite troupe de Zacharie, prise de panique, se disperse. Le protospathaire n'a d'autre ressource que de se précipiter vers les appartements pontificaux. On le trouve, tremblant de peur, blotti sous le lit même du Pape, suppliant avec sanglots le Pontife de lui conserver la vie ^. La magnanimité du Pontife le sauva de la fureur de la multitude et lui permit de s'enfuir à Constantinople, où il put raconter à son très puissant empereur qu'il avait rencontré en Italie une protection plus efficace que la sienne, celle du pontife romain.

Qjmme si les pires humiliations devaient s'abattre coup sur coup sur l'orgueil impérial, peu de temps après, Justinien fut renversé de son trône par le patrice Léonce, qui l'exila en Chersonèse après lui avoir fait couper le nez. Rentré en possession du pouvoir, Justinien abandonna spontanément ceux des canons du concile Quinisexte qui avaient déplu à Rome, et

1. Ch. DiiHL, Etude sur l'administration byzantin* dans l'exarchat d» Ravenne, de 568 à 751, Paris, 188», p. 334, 335.

l. Lib. Pont., I, 373.

3. Zacharia* spalharius, p/rlerritus et trepidans... in eubieulo ponti/ltiê tremebundui refugiit, de/irecans lacrymabiliter ut sui pontifex mt««r«r«{Mr« n*t pérmitttret quemquam tjut animoe infettari. Lib. Pont.t I, 373.

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eng-agea, à ce sujet, pour conserver quelque chose de son œuvre législative, des négociations avec les papes Jean Vil et Constantin I«^ Mais ce fut le tour des Pontifes de lui montrer la supériorité de leur puissance. Les empereurs durent attendre la fin du VIII® siècle pour voir l'approbation romaine donner force de loi « à ceux des canons du concile Quini^exte qui n'étaient pas en opposition avec la foi orthodoxe, les bonnes mœurs et les décrets de Rome • ».

Cependant les successeurs de Sergius continuaient à exercer et à développer leur mission protectrice sur Rome et sur l'Italie. Jean IV (701-705) arrêtait une invasion lombarde ^ ; Jean VII (70S-707) recevait en donation d'Aripert, roi des Lombards, le patrimoine des Alpes cottiennes ' ; Sisin- Nius (708) s'occupait de réparer les murailles de Rome * ; CoxNSTANTiN !">' (708-715) se chargeait de la police urbaine •; Grégoire 11 (715-731) reprenait les travaux commencés par Sisinnius pour la défense de la ville *. C'est sous ce dernier Pape que de nouveaux empiétements de l'autorité impériale et de nouvelles violences permirent à la Papauté de manifester plus hautement que jamais son autorité temporelle sur l'Italie.

riVn'! ûébTde " ^'^^* ^^ l'année 726, dit un chroniqueur byzantin de cette la querelle époque, Théophane le Confesseur, que l'empereur Léon, l'impie, commença à faire \m discours sur le renversement des saintes et vénérables images '. » Léon III l'Isaurien, arrivé au pouvoir en 716, au milieu d'une période de véritable anarchie, venait de se révéler comme un homme d'Etat de premier ordre. Il peut être regardé comme le réorganisateur de l'em-

1. Expressions du Pape Jean VIII, lorsque, à la fin du ix« siècle, il confirma l'approbation restreinte donnée au Concile en 786, par Uudrien l*^. MA.^sl, XII, 982, 1079.

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