Dial., II
Hi«t. iii'D. de rf^'isa. 0
iuon>t« barbare.
les Francs et les Bretons ; dans la Grande-Bretagne, les Bretons et les Anglo-Saxons ; vers la mer du Nord, les Frisons et les Saxons ; entre la Vistule et l'Elbe, les Slaves ', Erret.r du D'où venaient ces peuples ? L'antiquité gréco-romaine l'avait romtu) ^uT \l toujours ignoré. Les Grecs s'étaient longtemps imaginé que le monde finissait au Danube. Au delà, c'était l'Hyperborée, la région polaire, peuplée de ténèbres et de fantômes ; et le plus savant d'entre eux, Hérodote, n'était guère fixé sur le cours de ce Danube, dont il plaçait la source dans les Pyrénées. Les ]\omains, au moins ceux de l'époque de Tacite, soupçonnèrent bien qu'autour d'eux se mouvait tout un monde inconnu. Dans Tine première zone de cette terra ignota^ ils ne connaissaient que trop les Germains, ces guerriers à la taille de géant, aux yeux bleus, qu'ils avaient vu se battre demi-nus dans les batailles et braver la mort. Avec ceux-là, depuis l'époque de Marins, il avait fallu compter. Mais cette race ne devait former, croyait-on, qu'une sorte de cordon autour du monde romain. Par delà était ce pays de l'ambre jaune dont parle Tacite, le pays des Chauques ; puis, plus au nord, la région mystérieuse où les hommes avaient des pieds de cheval et des oreilles si lonP"ues qu'elles retombaient en couvrant le corps entier '.
Telles étaient les illusions. En réalité, il y avait, autour du monde romain, trois zones de barbares, occupées par trois races différentes : les Germains, les Slaves et les Mongols.
La première zone, la Germanie, comprenait la région qui s'étend entre le Danube, le Rhin, la mer du Nord et la Vistule. C'était la p^itrie de ces soldats vigoureux qui avaient fait reculer les légions. Une migration de ces hommes était allée peupler la Scandinavie. Ils en débordèrent plus tard, améliorés, tranr,rormés, semble-t-il, par cette vie de pêcheurs côtiers, qui modilia leurs institutions familiales et politiques, en même temps qu'elle endurcit leur constitution physique '. Les Romains ne furent jamais en contact avec la branche scçindinave de la race Germaine. C'est là qu'ils placèrent les hommes aux pieds de cheval et aux oreilles énormes.
1. Ch. MoBU.ER, nistobe du Mcytn-Age, p. 74 et Buiv. Schbaolk, Atlas historique, carie n° 15, notice de M. Taul Guiraini.
2. G. KoRTii, Les origines de la ciiiilit^aitun mcderne, t. I, p. 61.
3. H. de TocRviLLK, Histoire de la formation particulariste. Origine det principales nations modernes, ud vol in-8», Paris, Didot, 1905.
Trois zones 6i barbares.
Preraièfpzonc:
les Gertuaiiis.
l'église chez les peuples barbares 131
La deuxième zone, à l'est et au nord de la Germanie, était Denxièmt le pays des Slaves. C'était des peuplades instables, toujours Slaves, mouvantes, toujours en guerre ou en incursions. Elles occupaient la région qui s'étend de la Vistule au Don.
La troisième zone, toujours plus à l'est, comprenait les Mon- .J'^^^l^^"^ gols, les Huns, les Avars, les Magyars, les Turcs, etc. Plus gol». sauvages encore, plus nomades, plus cruels, on les avait vus plus d'une fois, sur leurs chevaux rapides, apparaître aux frontières méridionales de l'Europe. Ils s'enfonceront, comme un coin vivant, au milieu des races germaines et slaves, en Hongrie, et, jusqu'à nos jours, y demeureront une cause de trouble et d'instabilité. I^jur pays d'origine était à l'est de l'Oural et s'étendait jusqu'aux monts Altaï, dans l'Asie centrale.
Les Germains et les Slaves appartenaient à la race que les ethnograplies modernes appellent indo-européenne ou aryenne ; les Mongols, et les autres peuples au teint jaunâtre qui les avoisinaicnt, à ime race spéciale généralement dénommée race ouralo-altaïcpie.
L Eglise atteindra successivement chacun de ces peuples. Vue d'en«em' Remontant, en quelque sorte, le cours des grandes migrations, version^dM*' elle convertira, à la fin du \-* siècle, les Francs ; cent ans plus ^aitares. tard les Anglo-Saxons : puis au cours du viii^ siècle les Alamans ,les Bavarois, les Thuringiens et les Saxons ; enfin pendant la première moitié du ix" siècle les peuples de la Scandinavie. Toutes les principales nations de race germaine seront dès lors conquises à l'Evangile. Pendant la seconde moitié du ix^ siècle, le christianisme sera prêché aux Slaves de Moravie et passera de là aux Slaves de Pologne, ensuite, vers la fin du X* siècle, aux Slaves de Russie. Restera la raceouralo-altaïque. Le groupe de Hongrie recevra la foi chrétienne pendant les x" et XI' siècles ; mais les groupes d'Asie ne seront sérieusement ébranlés qu'au xm® siècle par les missions des Dominicains et des Franciscains, et surtout au xvi*^ siècle par les prédications de saint François Xavier et de ses disciples *.
Nous n'avons à nous occuper présentement que de la con-
i. !Ton8 n'avons pris à parler ici de la rane celtiqne. Son iaflaence n'a pas été muirij ^rvia le. (Iads la iormaliua du l'Europe et de la Chréliealé, que celle des races gennaniqae el slave. Mais les Celtca étaient mêlés aux mond romain depuU luugleiapa, ils avaient été atteints depuis longtemps par la pié .
4m Oeriuaii!».
version des peuples de race germanique, en particxilier de ceux qui ont formé depuis la France, l'Angleterre, l'Allemagne et les états de la Scandinavie.
Mœurs des Cette race, qui venait d'Asie, mais qui avait séjourné sut le Oerniaias. littoral de la Baltique et de la mer du Nord, où le Grec Pjlhéas de Marseille l'avait rencontrée *, révèle dans l'ensemble de ses institutions une homogénéité originale et puissante '. Il importe, pour l'intelligence des institutions ecclésiastiques du Moyen Age, d'en dire un mot. Telle coutume, qu'on veut attribuer à la tradition chrétienne, n'est souvent que le reste d'im vieil usage germanique.
La reMdon A ne la considérer que dans son objet, la religion des Germains apparaît comme une grande poésie, qui a déifié les forces de la nature. Le Germain n'a ni temple ni idcle, mais il adore ie Soleil, la Lune, le Feu, la Foudre, les grands Arbres des forêts, et, par-dessus tout, une Puissance infinie, qui plane au-dessus de toutes les autres, qui est peut-être le Qel, et qu'il appelle Wodan ou Odin '.
La religion du Germain n'est pourtant pas un pur rêve de poète ni une pure abstraction de philosophe, comme pouvait rêtî-^e, à cette époque, après la critique d'Evhémère, la religion du Romain. C'est une foi et un culte qui pénètrent sa vie privée comme sa vie publique. Le fidèle d'Odin n'entreprend rien d'important sans avoir consulté ses dieux *. Les assemblées publiques de Germanie se tiennent dans des lieux sacrés. Le prêtre d'Odin a des pouvoirs très étendus, non pas seide-
dication de l'Evangile. Le monde antique et l'Eglise les connaissaient déjà. Ce n'était pas un peuple nouveau.
C'est pour la même raison que nous n'avons pas fait entrer dans notr« tableau les peuples de race sémitique.
1. Lblewel, Pythéas de Marseille et la géographie de son temps. Bruxelles,
i^se.
2. Les Germains appartenaient à la grande famille indo-européenne. Ce !u»rn de frères, {(îermani) leur fut donaé, suivant Tacite, lorsque leurs premières tribus francliirent le Illiin, au second siècle avant notre ère, par les habitants de la Gaule Belgique (Tacitb, Oerm. II).