Tac, Germ
l'église chez les peuples BAUBARES 133
ment de liturgie et de discipline religieuse, mais d'adm'nistration civile, de police judiciaire et de juridiction crimi-
IÎ6''g . Leurs inutitu»
Une dilTérence plus profonde se rencontre entre le Romnin *'""" '"*•''''" et le Germain, si l'on considère leurs institutions politiques et ciaiea. sociales. Ainsi que l'a dit Chateaubriand, après Bossuct, « l'indépendance était tout le fond de ces barbares, comme la patrie était tout le fond d'un Romain * ». Toute a\itcrité politique, hors celle de l'Etat, est prohibée par le droit de Rome ; le Germain n'a, pour ainsi dire, pas de pouvoir public. Les hommes libres de Germanie se groupent en de petites communautés solidaires et, en quelque sorte, concentriques. C'est la famille, c'est le voisinage, c'est l'intérêt commim ou le libre choix qui les forment. Ces confédérations sont de vraies puissances. Elles font profiter leurs membres des biens en déshérence : une sorte de haut domaine de la collectivité empêche chaque individu d'aliéner son bien sans le consentement de ses confédérés '. En revanche, si l'un d'eux est lésé, tous devront se lever pour le défendre *.
Ces libres confédérations n'absorbent pas, on le voit, les droits individuels. La communauté n'est pas une personne civile : elle ne possède pas. en tant que telle ; clic n'est instituée que pour garantir les dioi!:; de l'individii. Une discussion s'élève-t-elle entre (ieini.-iiiis? Le procès se résoudra de la manière .suivante. Ch.'ic:in des pî.'sideurs jurera qu'il a agi en honnête homme, et il amènera le plus grand nond.re possible de ses amis, qui jureront que son action est bien celle d un homme d'honneur. L'assemblée jugera, en pesant le nombre et la valeur de ces témoignages. Si la question ne peut se résoudre par ce moyen pacifique, il y aura combat singulier '. De l)onne heure cependant, on admit la composition pécuniaire ou wergheld '. Les procès criminels se résoudront
I. Neyue animadrerUre, neque vincire, ne verberare qui'Um nis! iotif'os prrniLtxtnii. TACrTB, Gftn , 7. 2 CHAiRArDiuAin. KluiUn historiques, élude VI, l""» parlio, Œurres, édlfc
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de
:i Tic , a Cf.',., 20.
* Tac . dii' )H., 21.
«'. 0 Ki.hTM, Lkx 0 igfves fie la ci''''y''in mo'ierne, t I, p 85. 6. Oa werijcU, ou widtigell. Lt.'liwnn, ' e^ni., ii
à peu près de la même manière. La règle primitive : sang pour sang, a bientôt fait place à la composition '.
Pas plus qu'elle n'absorbe l'individu, la confédération ne porte atteinte à l'unité de la nation. Les questions nationales sont décidées dans des assemblées plénièrcs *. C'est dans ces assemblées que se décident la paix et la guerre, que sont punis les crimes considérés comme publics. Quelques-uns de ces peuples ont des rois, toujours électifs, mais généralement choisis dans la même famille. D'autres n'élisent un roi qu'au moment des guerres.
InetHiitloiiB L'armée est à l'image de la nation. Des jeunes gens se choisissent un chef, s'organisent en bandes guerrières ', et se mettent au service de qui demande leur secours. Souvent ces bandes guerrières quittent leur pays pour faire du butin sur les terres étrangères. Quelques-unes de ces bandes se sont mises au service des empereurs *. Mais, en cas de danger national, tous les hommes libres en état de porter les armes sont convoqués. Ils se mettent en marche, souvent accompagnés de leurs familles ", sous les auspices du dieu de la nation. Leur courage est terrible ; ils bravent la mort en souriant. « Le cri qu'ils poussent au moment du combat, dit Tacite, en appliquant sur leurs l>ouches le bord de leurs boucliers, fait trembler ®. « Ils s'excitent en répétant les odes guerrières de leurs bardes : « Nous avons combattu avec l'épée, chantentils. Les heures de la vie s'écoulent. Nous sourirons quand il
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a mourir ' »
EuL-lins à l'ivrognerie, passionnés pour le jeu, cruels jusqu'à
1. Une part de cet argent revenait & la famille de l'individu lésé, une part à la société.
2. «Les chefs siègent tout armés, dit Tocile .. Si l'Rvis énorcr ddplNlt, on le rejette par na murmure; s'il est accepté, on enlrerhoque les framées. »
Oerm., 11,
3. La bande gucrriôrc est ce que Tacite appelle cornitalux, Germ. 13-15. Cf. CiBAR, De bello r/alL, VI, IT., 23,