Tac, Germ., 3, 7* PHt/yiiiviniux eiisibus
ViLp elapsœ sunt horœ:
\ 1 Ridens moriar.
Le texte Scandinave de ce chant guerrier s été publié par Woaaius dan* Littérature runique, p. 1«7.
l'église CïirZ LES PEUPLES BARBARES 135
immoler à leurs divinités des victimes humaines, les Germains ont cependant, dans leur vie privée, une certaine pureté de mœurs et une noblesse de sentiments que les Romains ne peuvent s'cmpècher d'admirer. « Les Goths sont fourbes, dit S;;'-vien, mais chastes ; les Francs sont menteurs, mais hospitaliers ; les Saxons sont cruels, mais ennemis des voluptés '. » Ce cuà Caractère procaractérise le (jcrmam, c est, partout et toujours, dans la paix maju. comme dans la guerre, une initiative audacieuse et parfois naïve. Tacite nous en a cité plusieurs traits.
« Deux chefs barbares, dit-il, étaient venus à Rome traiter avec l'empereur Néron. En attendant que l'empereur, occupé d'autres soins, put leur donner audience, on leur montra les curiosités de la ville. On les conduisit au théâtre de Pompée, où, comme ils étaient peu capables de suivre la pièce, on leur expliquait, pour les désennuyer, les privilèges des divers ordres, des chevaliers, des sénateurs, etc. Or, comme on leur montrait certains sièges d honneur, réservés, leur dit-on, aux ambassadeurs des nations les plus signalées par leur bruvoure et leur fidélité au peuple romain : « Eh bien, s'écrièrent-ils, il n'y a point dans le monde de peuple plus brave et plus fidèle que les Germains », et, franchissant aussitôt l'intervalle qui les séparait de ces places d'honneur, ils vinrent, au milieu de la pièce, s'y asseoir à côté des sénateurs. « Cet élan d'une franchise toute primitive, ajoute Tacite, fut pris en bonne part, et Néron leur accorda à tous deux le titre de citoven romain *. »
L'Eglise catholique, qui s'était si merveilleusement assimilé, pendant les premiers siècles, l'esprit philosophique du monde grec et le génie organisateur du peuple romain, n'allait-elle pas trouver, dans sa divine vitalité, le moyen de s'incorporer encore, en l'épurant, la robuste initiative de cette race nouvelle?
Cette vigueur native existait d'ailleurs inégalement dans les deux groupes de peuples qui formaient la race germanique. Le groupe du nord ou teutoaique, comprenait les Francs, les Deux groap*» Angles, les Alamans, les baxons, etc., et le groupe du midi, manique : le» ou gotlîi({ue, se composait des Ostrogoths, dos V'isigollis, des Goth». Buigondes, des Sucves, des Vandales et, selon plusieurs his-
1. Sai.-iki. /;- r;r<//. Dri. I. vu. «Jr. Jac'ii, G'.rm.lti, 17. CÉa»R. de Oeil, gai . V!
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toriens, des Lombards. Le premier groupe, après un séjour prolongé sur les côtes de la mer du Nord et de la Baltique, en clait revenu plus endurci à la fatigue. Le second groupe s'était amolli au contraire par sou contact avec la civilisation romaine €t byzantine.
Des peuples goths, que Tarianisme ne tarda pas à gagner, l'Eglise avait peu à espérer. Ivlais depuis longtemps les eilorts dvs missionnaires avaient porté l'Evangile dans les régions habilées par la race teutonique.
Première po- Dès le milieu du second siècle, saint Justin avait invoqué la ChiiatittuiHis.) foi chrétienne de « ces barbares qui vivent sur des chariots et dan» le-» î-ay-î (forment sous des tentes, ou même sous le simple toit des niiiuu. cieux ' ». A la fin du même siècle, saint Irénée avait parlé en termes formels, des églises de Germanie *. Tertullien, un peu plus tard, nomme les Germains parmi les peuples qui ont reçu la foi du Christ ^, et, au iv® siècle, les actes des Conciles d'Arles et de Sardique, en mentionnant la présence des évêques de Trêves, de Cologne, de Metz, de Toul et de Coire, nous révèlent l'existence de nombreuses communautés chrétiennes hiérarchiquement instituées en Germanie.
Vers la même époque, deux événements providentiels avaient contribué à propager la foi chrétienne dans ces régions: le séjour des armées romaines au-delà du Rhin et la persécution religieuse des empereurs. Des épisodes comme ceux de la légion thébaine montrent que, dès la fin du m*" siècle, les armées romaines cantonnées en Germanie comptaient de nombreux chrétiens et des chrétiens héroïques. Un demi-siècle pkis tard, des exilés, comme saint Athanase, qui se fait gloire des amitiés qu'il a contractées à Trêves, allaient porter dans les mêmes régions l'exemple de leurs émincntes vertus.
Quelle fut l'histoire de ces antiques chrétientés ? Quel([ues épitaphes ou inscriptions, quehjues légendes populaires et le grand nom de saint Maximin de Trêves. qui fut, dit-on. la lumière de son temps et la gloire de la Germanie au J\^ siîcle, mais dont toutes les œuvres sont perdues ; c'est tout ce qui lious reste de cette période,