‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 10 sur 374 · I. DeSGHAMÏ'S, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

I. DeSGHAMÏ'S, op. cit., t. II, p

^. Gtr, op. cit., p. 355.

3. « On sait, dit une brochure écrite contre Eckert, que c'est aux loges maçonniques qu'est due la naissance de la plupart des associations qui ont relevé les

^cations abattues. » {Défense de l'ordre maçonnique contre les attaques de l'avocat E. Eckert, Leipzig, i852).

4. Mémoire sur les sociétés secrètes et les conspirations sous la Restauration, par Simon DuPLAY. Ce Mémoire, découvert aux Archives nationales F"^ 6666, a été publié par M. Léonce Grasilier dans la Revue internationale des sociétés secrètes du 5 mars 1918, p. 5x0-554. Voir, pour ce qui concerne la pénétration en France defc socictcs allemandes, les pages 523-525.

italien, lequel exerça, à son tour, une influence importante sur les sociétés secrètes françaises.

Comme le Tugendbund allemand, le carbonarisme italien avait pris naissance au temps de la domination française. S'il faut en croire Crétineau-Joly, qui eut sous les yeux des documents sur les sociétés secrètes réunis par le pape Léon XIÏ, « le carbonarisme sortit, en Calabre et en Sicile, d'une pensée profondément monarcbique, et, durant les premières années du iix* siècle, il offrit à la reine Caroline de Naples, sa fondatrice, des gages d'une incontestable fidélité. » * Mais le mystère même dont la société crut devoir s'envelopper, et l'ascendant qu'y exercèrent certains personnages anglais,, imbus des principes maçonniques et tout-puissants à la cour de Sicile ^, la firent peu à peu dévier vers les idées révolutionnaires. Un de ses principes fut que les formes actuelles de l'Eglise et des Etats étaient des formes vieillies, destinées à faire place à des organisations fondées sur la seule base de la « nature ». Comme les affiliés se réunissaient ordinairement dans les forêts des Abruzzes, fréquentées par les charbonniers (carbonari), ils empruntèrent aux charbonniers leur nom et leurs principaux emblèmes, de même que les francs-maçons avaient emprunté leur nom et leurs emblèmes à l'art de bâtir. Ils se répartissaient en divers groupes, appelés ventes, analogues aux loges maçonniques ; mais, tandis que les francs-maçons affectaient de repousser toute révélation surnaturelle, les carbonari, pour mieux • gagner- les populations religieuses de l'Italie, s'appuyaient, au moins en apparence, sur le christianisme ^. Le secret y était exigé, de la part des adeptes, sous des peines terribles. Un tribunal spécial jugeait les infractions à celte loi ; et il était rare qu'un délinquant pût échapper à la vindicte de la secte. Les liens qui rattachaient le carbonarisme à la maçonnerie ont été avoués par les francs-maçons, mais plusieurs de ceux-ci, humiliés par les scènes sanguinaires de leurs frères d'Italie, n'ont voulu voir en eux que des fils dégénérés de la grande secte, a Les carbonari, écrit le franc-maçon Blumenhagcn, portaient ostensiblement le poignard dégainé, pour s'en servir coufcre les ennemis de la lumière. Les plaies sanglantes de la Sicile

Le

carbonariimt ilaliea.

Son organisation

et ses doctrinei.

Ses liens avec la francmaçonnerie.

1. Crktineau-Jolt, V Eglise romaine en face de la Révolution, a vol. in-8*, Paris, ï859. t. H, p. 78.

a. Ibid.

3. Voir le Rktuel pour la réception du Grand Maîlre des carbonari dan.« Gt», op. cit., p. 38i-4i8.

HfSTOTRTÎ GFlVFRArE DE T- EGLISE

Consaivi

essaye en vain

de conjurer

le péril

en s'adressint

aux souverains

de l'Europe.

La « Char-

bonnerie »

française.

ne sont pas encore cicatrisées. Les cadavres des citoyens égorgés déposent contre eux. Leur nom seul doit rappeler au maçon instruit jusqu'à quel degré de dégénération ont pu descendre certaines sectes de notre association ^ » En 1818, le carbonarisme établit une de ses « ventes » à Macerata, dans les Etats mêmes de l'Eglise, et plusieurs autres en Lombardie. L'esprit perspicace de Consaivi avait aperçu le péril, et, dès le 4 janvier 1818, l'éminent homme d'Etat l'avait signalé aux cours de l'Europe. Mais ce fut en vain. H essaya alors de favoriser, pour combattre les menées de la secte, une « Association de l'ami lié cathodique », fondée par le comte de Maistre ; mais le roi Charles-Félix y vit un danger pour l'Etat; et le gouvernement autrichien montra moins de défiance à l'égard des ventes de carbonari qu'il n'en manifestait à l'égard d'une « Ligue de défense religieuse » que le cardinal Pacca et les jésuites avaient tenté de fonder en Lombardie 2.

C'est en 1821 que le carbonarisme vint s'établir en France, où les sectes allemandes avaient déjà pénétré ^. Le foyer de son expansion fut un club parisien, connu sous le nom de club des Amis de la vérité, fondé par quatre commis de l'administration de l'octroi : Bazard, Flottard, Bûchez et Joubert. * « Merveilleusement appropriés au caractère italien, dit Louis Blanc, mais peu propres à devenir en France un code de conspirateurs (à cause de quelques apparences chrétiennes, nécessaires en Italie), on dut songer à modifier les statuts... La pensée dominante de l'association n'eut rien de précis ; les considérants se réduisirent à décréter la souveraineté nationale sans la définir, suivant l'esprit du carbonarisme italien. Plus la formule était vague, mieux elle répondait à la diversité des

I. Blumenhagen, Confession politique^ dans la Revue maçonnique de 1828,

a. Cf. Cavalotti, Memorie sulle società ségrete delVIialia méridionale e specialmente sui carbonari (Estr. délia Bibliotheca storica del Risorgimento italiano), Rome, 1904, et un Rapport de police de 1822, publié par L. Grasilier dans la Revue internationale des sociétés secrètes dii 5 juin iQiS, p. 1770 1775. Voir aussi Gahtù, les Hérétiques d'Italie, t. V, p. 425-437 (traduction française).

3. « Les statuts de diverses afTiliations allemandes, saisis dans le temps par les autorités françaises, dit un Rapport de police de i823, semblent avoir servi de types aux règlements adoptés par les associations de France, avant que celles-ci connussent le nom de carbonari. Il importe peu de rechercher les modificationf que les sociétés italiennes ont pu apporter aux premiers plans empruntés aux sociétés allemandes ; mais il peut n'être pas sans intérêt d'établir qu'on les doit à l'Allemagne ». {Revue internationale des sociétés secrètes du 5 mars JQiS, p. 525),

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