‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 105 sur 374 · I. Thureau-Dangi-n, op, cit.f p · texte numérisé non relu

I. Thureau-Dangi-n, op, cit.f p

a. Ibid., p. 71-73.

l'église en ANGLETERRE, EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE 227

de les répandre de la main à la main. Leur notoriété aida à leur diffusion. Quelques-uns furent tellement demandés, qu'il fallut en publier une seconde édition ^ Ils furent discutés. Les evangellcals dénoncèrent leurs tendances papistes ; les libéraux, leur rigueur dogmatique ; les prudents conservateurs de l'anglicanisme, leucs témérités. Newman restait toujours l'âme du mouvement. Il comparait le stimulant des tracts à une application de sels volatils à une personne pâmée: « c'est piquant, disait-il, mais fortifiant » *. Il ne prenait guère au sérieux, par ailleurs, le reproche de papisme qu'on lui adressait. « Quant à devenir personnellement romanlst^ écrivaitil, cela me semble de plus en plus impossible ^. » li croyait, en effet, à celte époque, avoir trouvé le moyen de s'écarter de l'Eglise d'Angleterre sans s'unir à celle de Rome. C'est ce qu'il appelait la Via média.

En i835, le mouvement tractarien prit un nouveau caractère par rintervention de Pusey. Les publications devinrent de petits traités complets, un peu pesants, mais solides, L'effet en a été comparé à « la venue d'une batterie de grosse artillerie sur un champ de bataille oii il n'y avait eu jusqu'alors que des escarmouches de mousqueterie * ». La mort de Froude, en celte même année, fut, pour le mouvement, une perte sensible, maie ne le ralentit pas. Du reste, les tracts n'étaient plus le seul moyen de propagande. Newman, chargé de la paroisse de Sainte-Marie à Oxford, y relevait le culte paroissial de l'espèce de léthargie oii il était tombé, et y prêchait des sermons dont le succès allait grandissant. Le recueil de ces sermons, dont le premier volume parut en i834 ^, fut regardé, même par les protestants, comme un des plus précieux monuments de la littérature anglaise au xix' siècle <^, et contribua, au moins autant que les tracts, à gagner des adhérents au mouvement.

Au surplus, ce mouvement, plus ou moins conscient, d'un grand nombre de protestants cultivés vers les doctrines romaines, coïncidait avec un mouvement des catholiques anglais vers la culture scientifique et littéraire.

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