I. Voir plus haut, p. i5a
a Voir plus haut, p. i'^[\.
3 G. GoTAU, op. cit., t. II. p. i3o-i3i. On trouve un exposé des idées religieuses de Bunsen dans son livre Dieu dans rhisloire, trad. H. ÀIartin, un vol. in- 13, Paris, 18G7.
A- NippoLD, Bunsen, t. I, p. i65.
232 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLI^^E
nom du pape, qu'on entendait s'en tenir, sans concessions nî modifications aucunes, aux déclarations de Pie VIÏI.
Les pourparlers avaient duré deux ans. La chancellerie prussienne ne se découragea pas. Ne réussissant pas à gagner le pape, elle entreprit de tromper les fidèles. L'épiscopat allemand, dont elle avait déjà éprouvé les complaisances, lui fournit quelques prélats accom-
Intngues du modanls, qui, en des termes ambigus, lui firent espérer que, le temps gouvernement • j i. • • • • t^. xt^tt
de Berlin aidant, l assistance « passive » aux mariages mixtes, que Pie VllI pour gagner avait permise aux prêtres catholiques, se transformerait peu à peu en
l'épiscopat . • 1 A 1 f .
à sa cause, assistance « active », lors même que les époux ne se seraient pas conformés aux conditions posées par le droit canonique. Un moment, le plan sembla réussir. Sans bruit, le gouvernement de Prusse allait peupler de fonctionnaires protestants les régions catholiques, et, par des mariages habilement combinés, travailler à leur « protestantisation » lente et sûre. L'essentiel était d'obtenir l'obéissance docile des fidèles et le silence de Rome.
Le bruit courait en effet, parmi le peuple et le clergé, d'un Bref
de Pie VIII qui s'opposait aux prétentions de la Prusse. Bunsen
La convention essaya de mettre fin à ces bruits, en élaborant, à Goblentz, le 19 juin
e Lobenz iSS.'i, avec un archevêque docile, Spiegel, et son vicaire général, Miinchen, une convention qui prétendait prendre pour base le document pontifical, mais en l'adaptant, par une falsification habile des textes, à l'édit royal de 1825. Bref, la susdite convention concluait en « ordonnant aux curés d'abandonner entièrement, en cas de mariage mixte, la demande préalable d'une promesse relative à l'éducation des enfants ». Habilement circonvenus, et fiers peutêtre de prendre sur eux-mêmes la responsabilité d'une initiative qu'on leur représentait comme la garantie d'une paix religieuse honorable pour leur roi, l'archevêque de Cologne, Spiegel, et ses trois suffragants de Trêves, de Munster et de Paderborn, consentirent à appliquer la convention de i834, en annonçant en même temps au pape qu'ils exécutaient le Bref. Au fond, c'était tromper à la fois le peuple et le pape.
Intervention Mais, au moment où Bunsen croyait ses positions couvertes par L "b**^ hini CCS artificieuses combinaisons, Lambruschini, ayant eu vent de ses menées, lui demanda des explications. Le diplomate prussien paya d'audace. Il poussa de hauts cris quand on lui parla de la convention de juin i83/|, disant d'abord qu'une pareille convention était a moralement impossible», puis donnant «la certitude positive
L EGLISE EN ANGLETERRE, EN ALLEMAGNE ET E\ FRANCE
qu'elle n'avait jamais existé ». Il n'était pas possible de mentir plus effrontément. Les prélats allemands, également mis en cause, n'eurent pas cette audace ; mais, engagés dans une voie fausse, et n'osant Fléchissement en sortir d'abord par un franc désaveu, ils essayèrent de se justifier , ^' ^^'^^".^^
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par une équivoque. Ils avaient bien, répondirent-ils, conclu une de Cologne. sorte de pacte, mais seulement pour interpréter, au point de vue pratique, certains cas douteux.
Pour rhonneurde l'Kglise catholique d'Allemagne, un pareil fléchissement de l'épiscopat ne fut ni général ni perpétuel.
A la fin de i836, l'évêque de Trêves, sur son lit de mort, entendit la voix de sa conscience. Honteux des misérables réticences derrière lesquelles il avait abrité sa faiblesse, il écrivit au pape pour confesser sa faute, rétracter ses compromissions et demander pardon. Bunsen, aussitôt mis en cause, ne se tint pas encore pour battu, rédigea des notes adroitement embrouillées, essaya de faire croire à un malentendu, en appela de la déclaration de l'évêque défunt à celle des prélats vivants. Mais ceux-ci avaient peine à se main'enir dans la politique d'échappatoires et de faux-fuyants qu'ils avaient adoptée, et la rétractation de l'évêque de Trêves allait bientôt trouver « sur les lèvres d'un vivant, un impétueux écho, dont le retentissement fut immense, dont la portée fut incalculable » ^.
Rétractalif n de l'évèq "; de Trêves.
L'archevêque de Cologne, Spiegel, étant mort le 2 août i835, le désir du gouvernement fut de lui trouver un successeur à la fois sympathique au clergé et favorable à la convention de i834. H crut trouver ces deux conditions réunies dans la personne du vénérable coadjuteurde l'évêque de Munster, Clément-Auguste de Droste-Vischering, qui, sur un signe de Berlin, fut élu par le Chapitre de Cologne, préconisé par le Saint Père le 2 février i836, et intronisé le 29 mai de la même année. La première condition requise par l'autorité civile se rencontrait certes dans le vénéré prélat, dont la vie pieuse et le zèle apostolique faisaient l'édification de tous ; mais il était moins sûr qu'il répondît au second desideratum de la cour de Berlin. Sous la domination napoléonienne, il n'avait pas craint de prendre eu
Election
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de Mgr de
Droste- VUchering.