Seigîiobos. Hist. pot. de VEur. contemp., p. 36q
L'hermésia-
nisme,
théologie
d'Etal.
I/hermésia-
nisme «5t condamné
par l'Encyclique
Diim
acerbissimas
'"iQ septembre
Droste-
Vischering
fait exécuter
dans le diocèse
de Cologne
l'encyclique
pontificale.
par ses disciples en i832, au lendemain de sa mort, répandirent sa doctrine dans tous les pays de langue allemande.
Celte doctrine, à son point de départ, prétendait n*être autre chose qu'une réaction contre la scolastique trop sèche de certains théologiens de seconde main ; mais à son point d'arrivée elle aboutissait à un intellectualisme équivoque, qui n'avait de catholique que la dénomination. Faisant appel au libre examen, comme les protestants, et n'invoquant d'autre moyen d'investigation que la pure raison, comme les rationalistes, Hermès prétendait reconstituer l'ensemble des dogmes définis par l'Eglise catholique. Un tel effort d'éclectisme obtint aussitôt la faveur de la cour de Prusse, qui « s'empressa de donner à l'hermésianisme une sorte de consécration laïque, en l'érigeant en théologie d'Etat » *. Mais Grégoire XVI, dans son encyclique Dam acerbissimas d\i 26 septembre 1 835, condamna la doctrine d'Hermès comme s'écartant de la tradition de l'Eglise et conduisant à des erreurs de tout genre. Le pape faisait sienne une sentence du Saint-Oiïice, dénonçant, dans les doctrines d'Hermès, de multiples erreurs sur la règle de foi, l'essence et les attributs de Dieu, le péché originel, la grâce et la vie future *.
Droste-Vischering, qui avait déjà, en qualité d'administrateur du diocèse de Munster, manifesté ses défiances à l'égard de la doctrine d'Hermès, se trouvait, en prenant possession du siège de Cologne, en présence d'un acte définitif de l'autorité pontificale. Il n'hésita pas à le faire exécuter. Il invita les professeurs de Bonn à se soumettre au verdict du Saint-Siège, et enjoignit aux étudiants de déserter les maîtres qui se montreraient léfractaires. L'acte était grave. C'était mettre en interdit des professeurs nommés par l'Etat, proscrire une doctrine patronnée par l'Etat. C'était greffer sur le conflit religieux un conflit politique. Le gouvernement menaça de prendre des mesures disciplinaires, allant jusqu'à exclure de 4'université les étudiants qui obéiraient à l'ordonnance archiépiscopale. Les chefs du parti d'Hermès proposèrent un débat contradictoire. L'archevêque ne s'émut point de la menace gouvernementale, et n'accepta pas la dispute proposée. Il n'appartenait plus à personne de discuter la cause
1. G'oTAU, op. cil , p. 12. Cf. îbid., p. i43 i45. Pour plus de développements sur la doctrine d'Hermès, voir Goyau, op. cit., p. a-12, i43 i^iô, 166-169; Kleltge», la Philosophie scolastique, t. 1, p. 432 et s. ; l'article Hermès dan» le K'.rchenlexikon, i. V, p. 1875-1899.