I. GoiAU, op. ci/., p. 1G
Arrestation et emprisonnement de r.igrdeDroste-
Vischering.
Protestation
solennelle de
Grégoire Wi
(lO décembre
Immense
retentissement
de la
protestation
pontificale.
Au soir du 20 novembre 1837, « la place Sainl-GérdoD, surlaquella s'élève le palais archiépiscopal de Cologne, fut, en un clin d'œil, occupée par la troupe, et l'Etat prussien, sous la protection des baïonnettes, fit son entrée dans l'archevêché. Le président Bodelschwingh, au nom de son roi, fit évacuer le palais. On chargea le vieillard dans une voiture ; un gendarme lui tenait compagnie ; un autre veillait sur le siège ; et les diocésains de Cologne, le lendemain matin, apprirent avec stupéfaction que, de par la volonté du roi, leur archevêque, accusé « de s'être arrogé un pouvoir arbitraire » et « d'avoir foulé aux pieds l'autorité royale», était mis au secret dans la forteresse de Minden, au fond de la Westphalie » ^ Le silence et l'inaction de l'épiscopat d'Allemagne à la suite de cet attentat, sembla justifier toutes les espérances du gouvernement prussien. « Au moment de l'arrestation de Clément-Auguste, déclarait plus tard, à l'assemblée de Wûrzbourg, en rougissant de cette étrangeté, le chanoine Lennig, un fait sans précédent se produisit dans l'histoire de l'Eglise, par suite du manque d'unité : Tépiscopat allemand ne fit rien - » .
Si un centre d'unité manquait en Allemagne, il existait à Rome. C'est de Rome qu'arriva, solennelle et péremptoire, la protestation. Le 10 décembre 1837, Grégoire XVI, en présence du Sacré-Collège, se plaignit « de l'injure très grave qu'il venait de recevoir ». Au nom « de l'immunité ecclésiastique violée, de la dignité épiscopale méprisée, de la juridiction sainte usurpée, des droits de l'Eglise catholique et du Saint-Siège foulés aux pieds », il exalta le pontife, (( éminent par ses vertus », que la Prusse venait de déposer d'une manière si indigne ^. Le 18 décembre, le cardinal Lambruschini communiqua le texte de l'allocution pontificale à tous les représentants du corps diplomatique par une lettre très solennelle.
L'impression produite par cette allocution fut immense. La Mennais, séparé de l'Eglise, avait, d'abord dans les Paroles dua croyant j puis, plus récemment, dans un opuscule retentissant, les Affaires de Rome, représenté Grégoire XVI comme audacieux contre tout ce qui lui semblait l'erreur, mais comme timide à l'endroit des puissants. L'attitude du pape, dans la circonstance actuelle, lui