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l'église en ANGLETERRE, EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE 255
mêmes de la création », et qui, u fondée sur les lois constitutives de l'intelligence, ramènera lesdivcrs ordres de connaissances à l'unité ^ » ; en second lieu, une harmonie politique, qui, fondée sur l'amour, « effacera successivemo^nt, autant qu'il est possible sur la terre, ce qui divise les individus et les nations, qui, affranchies politiquement, vivront d'une vie puissante et commune ^ » ; et enfin une organisation sociale telle, que le pauvre, l'ouvrier, le travailleur, loin d'être les parias de la société, deviendront dans la réalité ce qu'ils sont dans la vraie conception du christianisme, les amis du prêtre, « les privilégiés du Christ, qui fut pauvre et souffrant lui-même, du Christ qui a dit: Heureux ceux qui pleurent^. »
Des a[)plications particulières de ce programme en soulignèrent Les
, . . , T-v 1 . , « six liborté»
vivement les parties utopiques et dangereuses. Dans deux articles cssentiellci» ». intitulés : Del avenir delà société^, le directeur àe Y Avenir réclamait sans retard, du gouvernement, six libertés principales : i° la liberté de conscience, pleine, universelle, sans distinction comme sans privilège ; 2° la liberté de l'enseignement, promise par la Charte ; 3° la liberté de la presse, car il faut avoir « foi dans la vérité, dans sa force éternelle » ; 4** la liberté d'association, qui est de droit naturel ; 5" la liberté de l'élection, qu'il faudra faire péactrer « jusque dans le sein des masses » ; 6° la liberté des provinces et des communes par la décentralisation.
Un pareil programme contenait de bonnes réformes. Mais il était dominé par un principe dont V Ami de la Religion avait déjà relevé l'erreur. « La vérité est toute-puissante, disait La Mennais. Ce qui Le pnnci^,e retarde le plus son triomphe, c'est l'appui que la force matérielle essaie de lui prêter 5. » L'inquiétude suscitée par ce programme augmenta quand on vit le directeur de Y Avenir tenter de réunir dans une vaste fédération, non seulement les catholiques de France, de Belgique, d'Irlande, de Pologne et d'Allemagne, mais encore les libéraux de tous les pays. Un « Acte d'Union » fut rédigé à cette ^\n, que les rédacteurs de V Avenir appelèrent, avec une manifeste présomption, la « Grande Charte du siècle^ ». Les gouvernements
I. V Avenir du 3o juin i83i ; Mélanges catholiques, t. I, p. 70. a /6ic/ , p. 81.