BouTARD, Lameniais, t. II, p
L" (( Acte d'Union »
entre 'S libéraux dos divers pays d'Europe.
Dangers d'une pareille organisation.
Violence
de langage
à l'égard des
monarchistes.
h* Avenir
r.si abandonné
jiar un grand
nombre de ses lecteurs.
s'cmureat. Plusieurs virent dans le projet de La Mennaîs une sorte de Charbonnerie nouvelle, et le dénoncèrent à Rome. Une pareille agitalion, réunissant dans raffirmation des mêmes aspirations et vers un but très suspect de libéralisme révolutionnaire, des catholiques et des non-croyants, ne pouvait qu'être mal vu par le Saint-Siège ; et, comme l'a fort bien dit le dernier historien de La Mcnnais, les écrivains de l'Avenir, « en signant, avec trop peu de réflexion et de prudence, Y a Acte d'Union », avaient signé eux-mêmes, en quelque sorte, leur propre condamnation * ». Des protestations s'élevèrent de France et d'Italie ; beaucoup d'évêques manifestèrent leur désapprobation ; beaucoup d'abonnés refusèrent le journal ou ne lui renouvelèrent plus leur concours. Un article aussi maladroit que violent contre les carlistes d'Espagne, qu'on accusait de « sacrifier Dieu à leur roi », et de « dégrader leurs autels jusqu'à n'être plus qu'un trône^)), exaspéra les royalistes de louslespays. La Gazelle de France se joignit à ï Ami de la Religion pour attaquer V Avenir, multiplier contre ses rédacteurs les plus perfides insinuations 2. Les désabonnements augmentèrent. De trois mille, le nombre des abonnés tomba à quinze cents. La caisse du journal, mal administrée, se vidait. En mai i83i, on dut avoir recours à un pressant appel de fonds, adressé à des amis de France et de Belgique. Quelques disciples se séparaient du maître, a J'ai appris avec peine, écrivait à La Mennais, le II juin 1 83 1, l'abbé Prosper Guéranger, que Léon (Bore) vous a quitté. )) D'autres, au contraire, sentaient leur ardeur redoubler dans la lutte. Dans cette même lettre, l'abbé Guéranger ajoutait : «J'espère travailler toujours sous votre direction, et me rendre digne, de plus en plus, de la bienveillance que vous m'avez toujours témoignée ». Et le jeune et ardent chanoine du Mans lui annonçait l'envoi d'un livre qu'il venait de publier sur l'abolition des concordats, espérant que « ce livre, en fixant un peu les idées du