Avenir du 18 février i83i
3. Le chanoia'; Sibour, futur archevêque de Paris, écrivait de Nîmes à La Mennais, à la date du i3 novembre i83i : « J'ai besoin d'épancher mon coeur auprès de vous. Les plus pures intentions sont méconnues. Les calomnies s'accumulent. Un évèque écrit à un de ses prêtres : « Je sais que vous êtes de cette secte de presbUériens, qui ne veut plus de hiérarchie »... 11 n'y a qu'à voir les armes dont (vo» aiversairos) se servent : les intrigues, les insinuations, les outrages, la cr.lonmie. » (Lettre inédile, Archives du Séminaire de Saint-Sulpice). Cf. Boutard, op. cit., t. II, p. 244-348.
L*ÉGLISE EN ANGLETERRE, EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE 267
clergé, préparerait le grand œuvre de l'abolition des concordats en i'rance K »
Mais les actionnaires de VAvenir, réunis en assemblée à Paris, le 1 1 novembre, ne se firent pas illusion sur la gravité de la situation du journal. A l'unanimité, ils déclarèrent que, si « la position matélicllc de l'entreprise permettait de la continuer pendant plusieurs mois », la suspension du journal leur paraissait « impérieusement réclamée par l'intcrét, bien plus cher à leurs veux, des doctrines ^\ suspension défendues par \ Avenir » -. En conséquence, dans le numéro du (novembre i5 novembre i83i, les rédacteurs de la feuille annoncèrent que i83i). « pour avancer, autant qu'il dépendait d'eux, le moment si désiré (jui calmerait toutes les consciences, trois d'entre eux, l'abbé de La Mennais, l'abbé Lacordaire et le comte de Montalembert, partiraient immédiatement pour Rome. « Nous sommes condamnés à Rome, dit-on, s'écriaient les membres du comité de rédaction. Eh biea, c'est à Rome que nous irons entendre notre arrêt, prosternés devant h\ chaire de saint Pierre ^. »
I. A. KuussEL, Correspondance inédite de Lamennais et de l'abbé Guéranger (iSaoiS32), brochure de 28 pages in-12, Lyon, 1906, p. 20-21. Cette « correspondance i;iiHlite )) a été reproduite par A. Roussel dans son ouvrage Lamennais et ses correS' fondants inconnus, un vol. in-18, Paris, 1912, p. 189 281. L'abbé Prosper Guéranger avait été un des botes de la Gbênaie et collaborait à VAvenir. L'auteur de Dom (îuéranger, abbé de Solesmes, 2 vol. in 8, Paris, 1909, dit justement que l'abbé («uéranger en s'attachant à La Mennais, vit surtout en lui «le chef incontesté et vénéré de l'école ultramontaine » ^^t. I, p. 44l ; mais il est moins exact en affirmant qu' « il était fort éloigné d'épouser son système philosophique » doc. cit.). Aladate du i5 mars i83o, Prosper Guéranger écrivait à La Mennais: «.La guerre contre le ^c'ns commun yc'est à-dire contre le système philoso^yhiqne de V Essai sur l indifférence) i ! ses conséquences est toujours flagrante à Saint-Sulpice. M Carrière vient do PK.tlrc la dernière main à son in-folio de l'aiinée dernière... Du reste, c'est le plut î.jyal de vos adversaires. H vous a lu et relu ; il vous sait même par cœur. Seulement, il ne \ou8 entend |)as, et tout fait craindre qu'il ne vous entende jamais. » iRolssel, <;/). cit., p i4). L'abbé Rc^hrbachcr, autre collaborateur de VAvenir, attire vers L.T Mennais, comme l'abbé (juéranger, parle désir de défendre les doctrine» ultramonl.imes et de combattre le gallicanisme, avait au^si adhéré aux doctrines philosoj'ui-jues du maître. 11 a raconté dans la préface de la seconde édition de son llisloire-de VEglise, comment en 1828, il s'en détacha ^Rohrbacher, Hist unicer- ^.llc de l'Eglise caihuUque, 7c édition, Paris. Gaume, p. xiv). Des jésuites, entre .'.lires le P. Rrzozowski, assistant du Général, avaient aussi été attirés veis le» doctrines de La Mennais par son antigallicauisme et son antiralionalisme. Aucun J'cux ne le suivit dans sa défection. Voir BuKSicuon, op. cit., t. U, p. x3-46.
2 Avenir du i5 novembre i83i.