‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 127 sur 374 · Dldon, p. 2^Q · texte numérisé non relu

Dldon, p. 2^Q

L ÉGLISE EN ANOLETEnnE, EN ALLEMAGNE ET FN FRANCE

journalistes virent ou feignirent de voir dans ce bref une allusion à la personne de La Mennais et le sommèrent de se soumettre ou de s'ex[)liquer. Les gallicans, oubliant leurs vieilles méfiances à l'égard du Saint-Siège, ne {)arlaient plus que d'obéissance au pape. Ils dénaturaient le sens de l'encyclique, la représentant comme principalement inspirée par la défense des princes contre ceux qui les attaquaient ; et la presse libérale, à son tour, considérait malheureusement la Lettre pontificale sous cet aspect. La Mennais s'était retiré dans sa solitude de la Chênaie, se promettant d'y vivre désormais sans bruit, dans la société de quelques disciples fidèles, en dehors de toute polémique. Mais les échos des controverses qui s'agitaient dans la presse vinrent l'y trouver, et l'exaspérèrent. Le i5 novembre i832, il écrivit au baron de Vitrolles: w Notre ami Coriolis a eu très fort raison de vous dire que je n'étais pas le moins du monde ébranlé dans mes opinions, que je n'en abandonnais aucune, et qu'au contraire j'y tenais plus que jamais ». La froideur de quelques amis, qu'il espérait trouver plus chauds pour sa cause, la séparation d'avec Lacordaire, qui, après avoir essayé de l'amener à des sentiments de soumission complète, quitta brusquement la Chênaie, le II décembre 1882, furent pour lui des douleurs aiguës, qu'il aigrissait encore en les repassant dans son esprit ; de telle sorte que la solitude où il était venu chercher l'apaisement l'exalta. Il avait parfois, en parlant de Rome, des congrégations romaines, du pape, des paroles d'une extrême amertume K D'autres fois, il cherchait à se réfugierdans la prière. « La Providence, écrivait il le 27 février i833, ne m'a point chargé du gouvernement de l'Eglise. J'ai dit là-dessus ce que je croyais utile ; ma tâche est remplie, et ma conscience tranquille: il ne me reste plus qu'à prier 2. » Mais la prière, pour La Mennais, paraît n'avoir jamais été ou n'avoir été que bien rarement cette « rosée qui rafraîchit l'âme », dont il a parlé dans ses Paroles d'un Croyant, en disant plutôt ce qu'il cherchait dans l'oraison que ce qu'il y trouvait en réalité 3. Se sentant abandonné des

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^ I. BouTARD, op. cit., p. 35o, note i. « Je suis allé à Rome. J'ai vu là le plus inlâme cloaque qui ait souillé les regards humains. F/égoul gigaulcsqiie des Tarquins serait trop étroit pour donner passage à tant d'immondices. » (lettre du !•' nov. i832 à la comtesse de Seniïl).

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