Ibid. p
l'église en ANGLETERRE, EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE 2'j5
Quelques années plus tôt, avec moins d'éclat, un disciple, alors moins célèbre, de LaMennais, l'abbé Prosper Guéranger, avait rétabli, dans l'ancien prieuré de Solesmes, un ordre non moins illustre et destiné à rendre à l'EgliSe de France des services non moins signalés : l'Ordre de Saint-Benoît. Depuis sa première jeunesse, Prosper Guéranger avait rêvé de vie monastique. Cette vie, dit son biographe, « s'offrait à lui comme un centre de prière, un levier d'action pour l'Eglise, en même temps qu'un loisir studieux. Ce souci persé\érant explique l'intérêt qu'il avait porté à la Société fondée par l'abbé de La Mennais sous le nom de Congrégation de Saint-Pierre ^ » Après l'échec de cette œuvre, Guéranger s'orienta définitivement vers la vie bénédictine. Le i4 décembre i832, il se rendit locataire de l'ancien prieuré de Solesmes, au diocèse du Mans*, et s'y installa, le II juillet i833, avec trois compagnons, dont deux prêtres et un diacre ^. Dès lors, au milieu des épreuves de la pauvreté, des incertitudes du lendemain, des attaques malveillantes de ceux qui voulaient voir dans le nouveau groupement une reprise de l'école menaisienne, les quatre ardents pionniers, désirant reprendre les traditions glorieuses de Cluny et de Saint-Maur, se mirent à l'œuvre. Une traduction des œuvres de saint Alphonse de Liguori, bientôt interrompue, une réédition du Liber ponlificalis de l'Eglise du Mans, une Vie de saint Julien et les Annales ecclésiastiques de l'Eglise du Mans, furent leurs premières entreprises. Lacordaire et Montalembert soutenaient leur ami de leurs encouragements affectueux*. La continuation de la Gallia Christiana^ confiée à la jeune communauté, lui apparut comme un précieux gage de vitalité. L'approbation solennelle de ses règles, l'érection du prieuré de Solesmes en abbaye et la collation de la dignité abbatiale à Dom Guéranger, le il\ juillet 1837, lui assurèrent une existence canonique 5. Le 4 août i84i, en la fêle de saint Dominique, le restaurateur de la vie bénédictine eu Frauce, rassuré sur l'avenir, et tournant fraternellement ses regard3 vers le restaurateur de la vie dominicaine, lui écrivait : a Ce matin, j'ai chanté la messe afin de recueillir plus solennellement les vœux
Restauration
en France
de l'ordre à%
Saint- Benoît.
L'abbé Prosper
Guéranger
Le prieuré
de Solesmes.
Premier»
travaux
des nouveaui
bénédiclins.
Approbalioi
des Règlei
1. Dom Guéranger, par un moine bénédictin, a vol. ia-80, Paris, 1909, l. I, p. 78.