Dom Guéranger, t. II, p
ÎI76
trois œuvres
de Do m Guérânger.
La
restauration
de la liturgie
lomaine.
Dom
Guérânger
dénonce
« l'hérésie anli-
lilurgique ».
de mes frères pour vous, très cher ami, et pour toute votre famille » *. Il allait désormais se consacrer sans réserve aux trois missions qu'il s'était proposées en restaurant en France l'Ordre de Saint-Benoît : le déveloi)pement des sciences religieuges, l'exaltation du pouvoir pontifical et la restauration de la liturgie. Les deux premières œuvres se réaliseront par le concours d'autres efforts ; mais la restauration liturgique, telle qu'elle s'est effectuée au xix* siècle, est tout particulièrement due à l'initiative de Dom Guérânger et demeure la caractéristique de ses travaux. L'histoire lui doit une mention toute spéciale. Les idées essentielles que devait développer et soutenir au cours de sa vie l'auteur des Institutions liturgiques et de la Monarchie pontificale, se trouvent dans les quatre articles qu'il publia en l83o dans le Mémorial catholique ^. Pendant que, dans ce journal, l'abbé de La Mennais combattait le gallicanisme sur le terrain des doctrines théoriques, son jeune collaborateur entreprit de le débusquer des positions qu'il tenait indûment sur le terrain de la pratique. L'hérésie gallicane, comme il disait, lui parut implantée en France sous forme de rites qui s'écartaient systématiquement de la tradition romaine. « Trente ans après la fameuse Constitution Quod a nobis de saint Pie V, sur les cent trente diocèses dont se composait alors la France, il ti*en était pas six qui n'eussent adopté l'ensemble de la liturgie romaine ; et voici qu'en i83o douze diocèses à peine étaient demeurés fidèles à cette belle uniformité. L'Eglise de France avait donc abandonné sur ce point l'Eglise romaine, et déchiré en lambeaux, selon l'expression du saint pape, la communion de prières et de louanges qui doivent être adressées au Dieu unique d'une seule et même voix » '. L'hérésie gallicane était devenue l'hérésie antihturgique.
« Je sais, disait l auteur, que je vais heurter bien des préjugés ; mais on est toujours fort quand on a raison> et je mets au défi tout homme de bon sens^ tout théologien, de contester mes principes, comme tout logiciett de se refuser à mes conséquences *. » Après un tableau du développern^ent delà vie liturgique, « sortant des catacombes avec l'Eglise, s'épanouissant avec elle dans les temples bâtis par Constantin, se créant une langue digne d'elle, trouvant une exprès-