JJom Guérânger, par un moino bénédictin, t. 1, p
4 Mémorial caLh. dii 28 février i83o, p. ^9 5o.
L EGLISE EN ANOTETERRE, ES ALLEM.iGtE ET Eîf FRAXCE 277
8Î011 aux confessions do sa foi, aux soupirs de son espérance et aux ardeurs de son amour, aux besoins de ses enfants et aux çémissements de ses pécheurs », il niellait en parallèle, avec sa majestueuse beauté, la disgracieuse diversité de ces liturgies nouvelles, dont quel»» ques-unes s'enorgueillissaient d'un siècle de possession, dont les autres ne pouvaient justifier que de cinquante, de trente, de dix ans, d'un an à peine. Il en était une surtout à laquelle l'ardent polémiste
n'épargnait pas ses sarcasmes : c'était la liturgie parisienne. « Nou3 II altaqu©
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n Ignorons pas, disait-il, 1 esprit qui lui donna naissance ; nous con- ^ ^^^^
naissons aussi celui qui a présidé à ses dernières amélioralions », ce 1» liturgie
Charles Coffin, hautement revendiqué par le jansénisme, repoussé ^
par l'Eglise, hérétique en un mot. Et, pour donner à de nouvelles
paroles un nouveau chant, on avait fait appela cet abbé Le Bœuf, qui,
« après avoir passé dix ans à placer des notes sur des lignes et des
lignes sous des notes, fît présent au clergé de la capitale d'une
composition monstrueuse » *,
Le fond et la forme de ces articles ne pouvaient que plaire h l'abbé La vivacité
de La Mennais, qui, le ï5 avril i8,3o, écrivait à l'auteur^ « Toiites polémique
les personnes que j'ai vues ont boa ucx)up goûté vos deux articles, est encouragô*
Vous feriez, je crois, un bien réel en continuant ». Mais quelques es- l^ Mennais.
prits modérés se montraient choqués des exagérations qu'ils croyaient
y trouver. « Pourquoi, s écriait Michel Picot dans l'Ami de la Reli- ElUeatblâmée
gion du 2 juin^ représenter les liturgies diocésaines comme des ten- dftaReîiqhn.
latives de schisme, comme des fruits de l'espritde secte? Il y a là de
la prévention et de l'exagération... L'auteur fait un éloge magnifique
de la liturgie romaine. S'il s'était borné à dire que celte lilurgâe est
la plus vénérablepar l'autorité dont elle émane et par son ancienneté,
nous serions entièrement de son avjs. Mais il suppose que celte
liturgie n'a jamais varié, que toutes les Eglises la suivaient il y a
plusieurs siècles... Ces suppositions sont démenties par l'histoire.
Dès la naissance de l'Eglise, il y a eu diversité dans les rites et dans
les prières II y avait des usages différents à Rome et à Jérusalem...
Les Eglises des Gaules avaient leurs rites particuliers, et, en Italie
même, l' Eglise de Milan avait sa liturgie distincte... Saint Grégoire
le Grand exhortait saint Augustin de Cantorbéry à prendre dans les
Eglises des Gaules ce qu'il jugerait convenir aux Anglais... 2. » Dans
i. Mf^morial calh.. du %S février i83o, p. 57. a. Ami de la Religion, i LXIV, p. 97-Q&.
HISTOIRE GÉPfÉRALE DE l'ÉGLÏSE
<ypportunité
d'une
restauration
de la liturgie
romaine
Le premier
volume
des Institutions
liturgiques
Le premier
volume
de l'Année
liturgique
le fond, malgré ses excès de langage, Tabbé Guéranger avait raison: les liturgies diocésaines, et en particulier la liturgie parisienne, avaient subi quelque influence du gallicanisme et du jansénisme, et les hymnes des Santeul et des Coffîn, le chant de Le Beuf, malgré la science et l'habileté technique dont ils témoignaient, ne pouvaient être mis en comparaison avec les hymnes simples et touchantes que Rome et l'antiquité chrétienne nous avaient léguées ; et tout cathoiique de ce nom devait applaudir sans réserve aux paroles de l'abbé Guéranger, lorsqu'il disait, en un langage pénétré d'émotion : « J ai vquelquefois entendu dire qu'il était avantageux de trouver dans son office les plus beaux arguments de la religion... Mais qu'arrive-t-il ? On étudie, et l'on ne prie pas... Etrange abus I Gomme si toute étude dans la prière n'était pas criminelle, sinon cette étude du cœur qui «e fait sans bruit de paroles et qui forma les Augustin, les Bernard et les Thomas d'Aquin * I »
L'apparition, en i84o, du premier volume des Institutions liturgiques, dont l'auteur pouvait dire, dans sa préface, qu'il était le fruit de douze années d'études *, ranima le zèle des amis de dom Guéranger et les polémiques de ses contradicteurs. Cette publication ouvrait une série de cinq volumes « destinés à initier les jeunes clercs aux mystères du culte divin et de la prière ». Les impressions furent partagées. (( En lisant votre livre, écrivait M'"* Sw^etchine, j'ai respiré un air de vérité pur et sans mélange ^. » Mais le P. Lacordaire était rebuté par l'idée de l' « hérésie antiliturgique », qui, selon lui, n'avait jamais existé *. L'Année liturgique, dont le premier volume, Y Avent liturgique, parut à la fin de i84i> vint compléter les précédents travaux de dom Guéranger. Cette nouvelle publication avait pour but de rendre accessibles à tous les fidèles les enseignements que nous donne l'Eglise lorsque, au cours des douze mois de l'année chrétienne, elle rappelle et reproduit, en quelque sorte, les divers mystères de notre Rédemption par Jésus-Christ. Chacune des périodes liturgiques de Tannée chrétienne devait être expliquée : i®par l'historique de ses origines, 2" par l'interprétation mystique de ses rites, et 3° par l'indication des pratiques extérieures et des dispositions inté-