I. GuiLLBMAHT, ParUis, II
a. Eugène Vblillot, Louis Veuillot, t. I, p. 409.
3 « Messieurs, s'crriait le jeune orateur, en regardant en face, de son œil clair et loyal, ses adversaires étonnés. Messieurs, il faut Lien vous le persuader..., on n'en finit pas avec les consciences comme avec les partis.. Savez-vous ce qu'il y a de plus inllexiblo au monde? C'est la conscience des chrétiens convaincus .. Certes, nous savons que nos droits comme chréliers sont antérieurs à toutes les constitutions
aga
Fondation
du Comité pour
la défense
de la liberté
religieuse
Le « parti catholique ».
Sens de ce mot •u 1845.
« La liberté
comme
•n Belgique ».
lorsque les catholiques, avec la haute approbation de Tévêque de Langres, décidèrent, aux premiers jours de i845, de fonder un comité d'action, sous le titre de « Comité pour la défense de la liberté religieuse », Montalembert en fut acclamé président. La vice-présidence fut confiée à un ancien membre du ministère Martignac, Vatimesnil, et à un membre catholique de l'Université, Charles Lenormant. Veuillot se fit le propagandiste du mouvement en allant fonder en province des comités destinés à soutenir l'Univers *, et il répondit à Guizot, qui reprochait à Montalembert la prétention non justifiée de représenter l'Eglise : « Oui, M. de Montalembert n'est que l'enfant de l'Eglise, mais il est l'enfant sur qui la mère s'appuie^ ». De leur côté, l'universitaire Lenormant et le libéral Ghampagny répondirent au garde des sceaux, qui avait mis en scène le « parti catholique » ; « Nous n'eussions pas proposé le mot ; mais si l'on nous le jette comme un reproche, nous l'acceptons 3 ». C'était bien, de fait, un parti catholique qui s'organisait, sous la direction d'un chef laïque et avec l'approbation au moins tacite de la grande majorité de l'épiscopat. Mais, qu'on le remarque bien, ni les évoques ni les orateurs parlementaires et les journalistes qui le recommandaient, ne le considérèrent comme une institution permanente et normale. Montalembert, Veuiilot, Parisis, ne le présentèrent alors que comme une tactique accidentelle, passagère, que la plupart d'entre eux abandonnèrent en i848, quand ils se trouvèrent en face d'un grand parti conservateur, capable de défendre par luimême, sans compromettre l'autorité de l'Eglise dans ses polémiques, la religion, la famille et la société. Il en était de même, au moins dans l'esprit de beaucoup, de la devise que tous adoptèrent à cette époque : « la liberté comme en Belgique * », c'est-à-dire la liberté
du monde ; mais nous sommes heureux de voir que ces droits sont consacr parés la constitution de notre patrie... La Charte, c'est le sol sur lequel nous nous appuyons... La liberté, c'est notre soleil, et il n'est donné à personne d'en éteindre la lumière... Quoi I parce que nous sommes de ceux qu'on confesse ^ croit-on que nous nous relevions des pieds de nos prêtres, tout disposés à tendre les mains aux menottes d'une légalité anticons^Hutionnelle ?... k\x milieu d'un peuple libre, nous ne voulons pas être des ilotes, ffoos sommes les successeurs des Martyrs, et nous n« tremblons pas devant les successeurs de Julien l'Apostat ; nous sommes les fils des Croisés, et nous ne reculerons pas devant les fils de Yoltairo ». (Discours du 16 avril i844> Montalembert, Œuvres^ t. I, p. 364-4oi).