‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 142 sur 374 · I. Saintk-Bkuvi, Chroniques parisiennes, p · texte numérisé non relu

I. Saintk-Bkuvi, Chroniques parisiennes, p

a. l"HURfiA.L-DAM;i.N, Op. Cil., i. V, {). boÇ),

Le

gouvernement

décide

de porter

la question

des jésuites

devant

le Saint-Siège.

La mission

de Pellegrino

Rossi

Son habile diplomatie.

laques dirigées contre les jésuites. Il craignit qu'on ne Tentraînâl dans une de ces luttes religieuses qui, prenant l'allure d'une persécution des consciences, ne réussissent jamais aux pouvoirs qui les entreprennent. Guizot, du moins, vit cet écueil, et chercha à l'éviter en (( portant la question devant le pouvoir spirituel », * c'est-à-dire devant le Saint-Siège. Il choisit pour négociateur un homme qui, dans la discussion de la loi sur l'enseignement à la Chambre des Pairs, avait pris adroitement position entre Montalembert et Cousin, Pellegrino Rossi, ce jurisconsulte que nous avons vu, en i832, rédiger, en Suisse, une revision delà Constitution favorable au parti radical ^.

Un tel choix ne pouvait plaire à Rome. Le parti politique de Rossi et son mariage avec une protestante étaient de nature à le rendre suspect au Saint-Siège. Mais le négociateur possédait à fond les qualités qui ont fait la renommée des diplomates de sa race : un jugement net et lucide, une rare souplesse dans les démarches, et, sous les formes d'une urbanité de manières parfois exubérantes, une persévérance impassible dans la poursuite de ses desseins. Dans le courant du mois de mars i845, il vint à Rome. Il y subit, pendant deux mois, l'épreuve d'une froideur d'abord générale dans la cour pontificale, puis notablement atténuée, grâce aux relations amicales qu'il sut se conquérir parmi les prélats. Les vifs débats qui s'élevèrent, au début du mois de mai, dans la Chambre des députés sur les congrégations religieuses, l'ordre du jour, voté en masse par les représentants de la nation pour inviter le gouvernement à faire exécuter contre elles les lois de l'Etat, lui furent une occasion de faire entrevoir à Rome les grands périls de l'Eglise en France : la dissolution probable de toutes les congrégations, le peuple déjà trop excité contre les jésuites, renouvelant contre eux, avec une violence plus grande, ces émeutes qui avaient tant attristé la France catholique au lendemain de la révolution de Juillet, le roi Louis-Philippe personnellement bienveillant pour l'Eglise, mais constitutionnellement impuissant à réprimer un soulèvement de celte importance. Habilement, il insinua que, pour la paix de l'Eglise,, il importait d'enlever tout prétexte d'agi-

1. GuuoT, Lettre au P. Daniel^ dans les Eludes religieuses de septembre 1867. — Le gouvernement de la Restauration, lors des ordonnances de 1828, avait aussi tenté de faire intervenir !e Saint-Père. Et ces « appels à Rome », de la part de gouvernements pour qui l'appel à Rome était une offense à TËtat, ne sont pas des faits uniques dans l'histoire. Rossi s'était, depuis i83a, fait naturaliser Français, e| était pair de France quand Guizot le choisit pour plénipotentiaire.

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