‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 144 sur 374 · I . RB5Aif , Souvenirs d'enfance et de jeunesse · texte numérisé non relu

I . RB5Aif , Souvenirs d'enfance et de jeunesse

a. Parole inédite de M. l'abbé Debeauvais, mort curé de Saint-Thomas d'Aquîa, ancien condisciple de Félix Dupanloup au Grand Séminaire de Saint- Sulpice, son ancien collaborateur au Petit Séminaire de Saint-Nicolas du Ghardonnet et loo ami intime jusqu'à sa mort.

l'église Élf ÀWGLETERnE, EN ÀLLEMAGîlE ET EN FRANCE 3oi

1789... Vous avez fait la Révolution de 89 sans nous et contre nous, mais pour nous, Dieu le voulant ainsi malgré vous. » L'auteur de

'■ la Pacification religieuse n'était pas d'ailleurs, sur ce point, démenti par le rédacteur en chef de VUnivers. « Nous l'avons dit et nous le

i répétons, s'écriait Louis Veuillot, une ère nouvelle commence, fruit des longues révolutions qui nous ont agités. La démocratie s'élève, et l'Eglise est là comme une mère auprès du berceau... Citoyen au même titre et avec les mêmes attributions que l'impie, que le chrétien soit en toute rencontre l'apôtre et le défenseur de sa croyance, comme celui-ci est l'avocat et le serviteur de son incrédulité. Cet usage si noble et si nouveau du droit politique suffit en quelque sorte à conjurer tous les périls *. » Aux élections de i846, les catholiques se placèrent sur le terrain de u la liberté pour tous », Pratiquement, le « comité électoral pour la défense de la liberté religieuse », déclara que, « la liberté religieuse étant pour les catholiques d'un intérêt supérieur à tout autre, on ne devait exclure aucun candidat qui s'engagerait à défendre cette liberté consacrée par la Charte de i83o ^ ». Le mot d'ordre fut suivi, et les élections envoyèrent siéger au parlement cent quarante-six candidats recommandés par le comité présidé par Montalembert. Ce n'était pas encore une majorité. D'ailleurs, parmi les promesses des candidats, plusieurs paraissaient d une sincérité ou d'une solidité douteuses. Mais c'était un succès considérable, dû à l'union, et à l'opportunité d'une tactique qui, sans rien préjuger des principes, avait rendu la cause catholique plus populaire. Malheureusement les formules employées pour recommander cette tactique avaient un sens trop équivoque, et devaient susciter bientôt des polémiques très vives entre ceux qui les avaient unanimement proclamées.

Dupan'oup

et Veuillot se placent sur

le terrain du droit

commun ou

de la « liberté

pour tous M.

Succès des

catholiques

aux élections

de i846.

Le pape Grégoire XVI avait suivi d'un œil paternel toutes ces luttes.

Il s'était réjoui de voiries évêques de France reprendre le chemin de Rome, soit pour y rendre compte de leur administration spiri-

I. Louis Veuillot signait: rédacteur en chef adjoint. Le rédacteur en chef, à partir du 3 août i8/i5, était Charles de Goux. Voir Univers du 3 août i845. a. Univers du 7 déctmbre i845.

he pape Grégoire XVI et la France.

Les voyages

des évêques

français

à Rome.

tuelle, suivant la promesse faite à leur sacre, soit pour y prendre

les directions du Saint-Siège dans les situations difficiles, soit même

par le seul motif de montrer leur union à la chaire de saint Pierre ;

et il avait su gré au gouvernement français de n'avoir mis aucune

entrave à ces manifestations de fidélité. En recevant plusieurs de ces

prélats, il leur avait dit combien il se sentait heureux de se trouver

entouré des évêques, « ses appuis et ses remparts ».

^^ Le mouvement vers l'unité liturgique était apparu à Grégoire XVI

mouvement , . , , . , , . t r /-n •

▼ers la liturgie comme un gage de cette unité hiérarchique que Jésus- Christ a

romaine. établie dans son Eglise. Il avait loué l'évêque de Langres, Mgr Parisis, d'« avoir ramené tout son clergé à la pratique universelle de l'Eglise ». Comprenant cependant qu'une exagération dans ce sens, ou du moins qu'une trop grande précipitation dans l'exécution des réformes projetées pourrait avoir ses dangers, il avait déclaré à l'archevêque de Reims que, « pour éviter de graves dissensions, il croyait devoir, pour le présent, s'abstenir de traiter la chose avec étendue, et même de donner des réponses détaillées aux questions proposées ^ ».

Grégoire XVI s'était réjoui du merveilleux développement des œuvres charitables dans notre pays sous son pontificat : « charité nouvelle, a-t-on dit, charité privée au lieu de la charité officielle et publique ; charité organisée, au lieu de la charité éparse et spontanée ; charité fraternelle, faite au peuple par le peuple, faite au pauvre par le riche devenu peuple aujourd'hui » 2. La Société de Saint- Vincent-de-Paul, avec toutes les œuvres qui dépendaient d'elle, et l'Œuvre de la Propagation de la foi, avaient été les principales manifestations de cette charité. Mais le cœur du pontife avait été particulièrement touché en constatant que les œuvres charitables s'étaient développées en France en dépendance de l'esprit de prière et de sacrifice. Pour assister les pauvres, pour soigner les malades, pour élever les enfants, pour secourir les vieillards, des associations, des confréries, des congrégations religieuses s'étaient fondées ^. Parmi ces œuvres, il en était une qui semblait spécialement mar- Pt'ites Sœurs quce d'un sceau divin : la congrégation des Petites-Sœurs des (i84i). Pauvres. « L'extraordinaire et surnaturelle singularité de cette œuvre

œuvres

Les

charitables en France.

La

congrégation des

I. Lettre du 6 août i842, Bernasconi, Acta Gregorii papae XVIf t. III, p. 224. a, Baumard, Unsièclede l'église de France, un vol. in-8*, Paris, 190a, 3« édition, p. 271.

3. Voir rénumération de ces œuvres dans Baunard, op. cit.^ ch. xiii, p. 370-297.

l'ÉGTJSE en A?îGLETERRE, ETf ALLEMAG!HE ET EN FRANCE 3o3

avait été celle d'une charité se faisant non seulement servante, mais mendiante pour les pauvres; cette sublimité liardie de confiance en Dieu, s'interdisant de rien posséder : aucune fondation ni dotation ; tout au hasard d'une charité précaire, sans autre garantie qu'une parole d'Evangile » *. Et la Providence avait béni cette sublime hardiesse. En 184 1, dans une petite ville de Bretagne, Saint-Servan, une ancienne servante, Jeanne Jugan, secondée par trois pauvres ouvrières et dirigée par un humble vicaire, l'abbé Lepailleur, avait voué sa vie au service des vieillards pauvres et infirmes et fondé l'institut, qui devait, en 1900, compter de 3. 000 à ^.000 religieuses, ré- LcsœuMcs ,•., 111. de piAij.

parties en 9,00 a 200 ma)6ons eparses sur le globe.

Grégoire XVI se réjouissait aussi devoir fleurir sur le sol delà France les œuvres de piété, et en particulier les œuvres de dévotion envers la Vierge Marie. Il vit naître à Paris et se répandre de là sur l'univers entier cette association de prières, placée sous les auspices et le vocable du u très saint et immaculé Cœur de Marie » dont les progrès rapides et les innombrables bienfaits ne furent pas moins merveilleux que ceux de l'institut des Petites-Sœurs des Pauvres. Le 27 septembre i83o, une pieuse Fille delà Charité, Catherine La- La«méda;ne bouré, avait été favorisée d'une apparition de la Sainte Vierge, envi- miraaileu«:e » ronnée de rayons, les pieds sur une moitié du globe, et entourée d'une invocation en lettres d'or : « 0 Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » ; et une voix mystérieuse lui avait demandé de faire frapper une médaille sur ce modèle. Après de longues enquêtes, l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen, avait accepté que l'on frappât la médaille selon le modèle indiqué. Cette médaille, par la prière qu'elle provoquait, parla dévotion à la Vierge Marie, qu'elle éveillait dans les âmes, avait opéré des prodiges de conversion. Un prêtre zélé de Paris, l'abbé Dufriche-Desgenettes, curé de Notre-Dame-des- Victoires *, ayant donné la précieuse médaille L'archiconcomme symbole à une association de prières fondée pour la conver- ^, ^réne de

, , , . ^ *■ ?»iotre Darne-

sion des pécheurs, avait vu, en peu de temps, sa paroisse renouvelée des-Victoirci au point de vue religieux. Le 2 4 avril i838, le souverain pontife ti838). érigea la pieuse association^en archiconfrérie, et lui permit de s'affilier des associations semblables dans toute l'Eglise. A partir de ce jour, l'archiconfrérie prit des développements prodigieux et devint une

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